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Idée reçue

IDÉE REÇUE : Idée qui, par malheur, se lie d'amitié. Parce que si une idée devient reçue, c'est à force de fréquentations, à force d'utilisations. Comme si à force d'usure ses bords s'effilochaient et qu'ensuite les fils dénudés flottaient derrière elle en agrippant sans scrupule tout ce qui passe dans son sillage. Puis, son bagage s'alourdit et les fils se défilent, traînant de plus en plus loin, s'éloignent d'elle et accrochent de plus en plus n'importe quoi. L'apparence de l'idée change alors. De neuve et fraîche, elle devient lourde. Lorsqu'on la présente, c'est son embonpoint qui tient lieu de première impression. Une façade encombrante, reçue de façon pour le moins cynique. Un jour, un auteur décide de lui redonner un air de jeunesse. Armé de ciseaux, il tente de la libéré de ses fils encombrés qui l'ont rendue marionnette. Mais la lutte est farouche contre l'imaginaire collectif qui se fait un devoir de se porter ...

L'auteur qui aime trop ses personnages

Certains auteurs disent que leurs personnages sont comme leurs enfants. La comparaison est belle, mais il faut prendre garde qu'elle ne nous fasse pas tomber dans un piège : celui de trop aimer nos personnages, de vouloir les protéger à tout prix et de leur éviter absolument toute déconvenue. Quelques indices qu'un personnage est trop aimé de son auteur : — le personnage n'a pas de défauts apparents, — le personnage n'a jamais de comportements déplacés, si un autre personnage agit mal envers lui, sa réaction est toujours conforme à ce que recommandent les livres d'éducation, — le personnage a un coup de cœur? à coup sûr il est partagé et l'autre fait les premiers pas pour éviter un moment gênant au personnage, — l'être aimé est l'idéal du personnage, il a toujours la réaction appropriée et aucun défaut apparent, — À peine quelques mots suffisent pour que les insultes soient pardonnées ou que les conflits soient réglés, — lorsque le personnage fait fac...

Le personnage qui agit contre les règles

De son point de vue, aucun personnage n'agit pour faire le mal, mais pour matérialiser sa vision de ce qui est bien ou pour établir (rétablir) ce qu'il considère comme la justice. Si un personnage s'en prend à un autre, c'est, selon lui, soit parce que l'autre le mérite : — en raison de ses actions passées (par vengeance, par représailles, etc.), — en raison de ses opinions, — en raison des actes de ses ancêtres ou de ses compatriotes, — etc. Soit que l'autre ne mérite pas quelque chose : — en raison de ses actions passées (mensonge, fraude, manipulation, etc.), — en raison de son rôle dans la société (classe sociale, groupe culturel, etc.), — en raison d'un comparatif arbitraire (éducation, apparence physique, discipline, croyances, etc.), — en raison d'un raisonnement logique (par exemple : je le mérite, nous ne pouvons pas l'avoir tous les deux, donc il ne le mérite pas), — en raison d'une inégalité réelle ou supposée, — etc. Soit parce qu...

Exercice littéraire (5)

Voici deux conseils souvent donnés aux auteurs : 1- Parlez de ce qu’on connaît. 2- Montrez plutôt que dire. La connaissance de notre corps, de ses possibilités, de notre psychologie et de notre façon d’appréhender le monde est une des bases principales de ce qu’on peut considérer comme ce qu’on connaît. Et quand il est question de sensations sensorielles ou de sentiments que connaît-on plus que ce qu’il y a à montrer plutôt qu’à dire ? Que ce soit pour créer une atmosphère reflétant une température particulière (pluie, soleil, orage, vent, etc.), pour mettre en lumière un état émotif, pour étoffer une situation (de foule, de pression sociale ou personnelle, etc.), pour ralentir l’action par une description détaillée, etc. nous avons tous un bagage d’expériences liées aux différents sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût, équilibre, humour, GBS, etc.) dans lequel nous pouvons piger. Mais, bien évidemment, nous sommes rarement en train de vive la situation que nous décrivons, et, pour c...

Écrire, c'est difficile?

Et alors? quel mérite y a-t-il à réussir ce qui est facile? quel intérêt y a-t-il à pratiquer une activité qui ne donne pas quelques défis à notre intellect ou à notre corps? Acquérir une habileté, peu importe qu'elle soit physique, psychologique, intellectuelle ou, comme c'est le cas le plus souvent, un mélange des trois, demande de l'entraînement, de la motivation, de la répétition (même s'il s'agit d'un mot abhorré de plusieurs auteurs), de l'ouverture. Pour devenir un maître, il faut plus. Il faut la passion, l'engagement, la volonté d'atteindre un idéal. Il faut travailler continuellement à s'approcher de cet idéal (qui ne sera probablement jamais atteint). Il faut savoir garder sa motivation et son intérêt même quand nous sommes les seuls (ou presque) à voir que cet idéal n'est pas atteint, même quand notre recherche de cet idéal n'est pas compris ou partagé autour de nous, même quand les autres persistent à ne considérer que le rés...

La preuve romanesque

« Il est en effet plus difficile de mettre des répliques constamment drôles dans la bouche d’un personnage que de prétendre (paresseusement et sans donner de preuve) qu’il l’est. »*  -  Marc Fisher En tant que lectrice (acharnée) et auteure (à temps perdu… — un peu d’autodérision ici), mon expérience m’enseigne que dans les romans, un peu comme au cinéma, il ne suffit pas de dire les choses, il faut surtout les mettre en action, car c’est ainsi que l’émotion naît (en tout cas, c’est comme ça pour moi!), et cela est normalement garant de l’intérêt du lecteur à poursuivre sa lecture. Voyons deux exemples pour expliquer ce qu’est la preuve romanesque : Texte 1 « Depuis la deuxième secondaire, Roxanne est éprise du beau Hugo, qui de son côté ne semble pas la remarquer. Roxanne est consciente que sa réputation de première de classe ne l’aide en rien à attirer l’attention des garçons. La jeune fille soigne pourtant son apparence et, sous les conseils de sa meilleure amie Claudi...

Intrigue ou personnage?

Il m’arrive parfois de terminer la lecture d’un roman et de constater qu’il ne s’y est rien passé, que l’histoire n’a que très peu évolué entre la première et la dernière page. Je réalise alors que ce qui a gardé mon intérêt jusqu’à la fin, malgré la pauvreté de l’intrigue, est la profondeur du personnage, ses questionnements, ses crises d’angoisse, ses petites joies, ses illusions, ses défaites, ses idées, son humour, etc. Bref, un personnage attachant et émouvant, un personnage à la psychologie bien développée, avec son lot de problèmes et de manies typiquement humains (un personnage vivant, quoi!) peut attiser ma curiosité au point de me faire oublier la stagnation de l’histoire. Ce fût le cas à la lecture de certains romans de Martin Page ( Peut-être une histoire d’amour , éditions de l’Olivier, par exemple) ou de Charlotte before Christ (éditions du Boréal) du québécois Alexandre Soublière. À l’inverse, il m’arrive de lire des romans où les péripéties sont si nombreuses que je ne ...

Les stéréotypes (2)

Nous entendons souvent parler des stéréotypes comme d’une faiblesse de style. C’en est une. Toutefois, nous ne pouvons pas les élimer simplement en évitant certains thèmes, caractéristiques ou types de personnages. Cela est dû autant à leur essence qu’aux besoins de notre récit. D’abord, il faut savoir qu’ils sont une construction normale du cerveau. Ce sont des raccourcis de la pensée. Ils nous permettent de tirer des conclusions rapidement, surtout, quand le nombre d’informations auxquelles nous avons accès est limité. Par exemple, une première impression est un stéréotype entremêlé d’un jugement de valeur. Il est donc impossible d’en supprimer un par suppression, il faut le faire par addition. Plus les informations sont disponibles, plus les caractéristiques propres à chacun ou à une situation particulière sont connues, moins les raccourcis de la pensée sont essentiels. Nous avons alors d’autres options. Ainsi, pour éviter qu’un personnage soit stéréotypé, il faut l’étoffer, lui don...

C’est l’histoire de ma vie…

Depuis toujours, l’auteur s’inspire de ce qu’il a lui-même vécu, que ce soit pour alimenter la description d’une courte scène au cœur de multiples péripéties ou pour en faire le noyau de son récit. La raison en est simple : il semble plus aisé de décrire ce que l’on connaît, ce que l’on a soi-même ressenti, vu, entendu, goûté, humé, touché…   Il peut être tentant d’écrire une histoire basée sur ce que l’on a personnellement vécu. Les exemples d’auteurs qui l’ont fait, classiques ou contemporains, ne manquent pas. Ce genre de récit peut prendre différentes formes : autobiographie, récit de voyage, recueil de chroniques ou de mots d’humeur, billets de blogue, autofiction, correspondances, journal, etc. Mais quand notre vécu est au cœur de l’histoire que l’on souhaite raconter, quelques questions devraient avoir trouvé leur(s) réponse(s) avant d’en débuter l’écriture : Quel est mon objectif réel? Pourquoi ai-je envie de raconter ma propre histoire? Suis-je prêt à assume...

Choisir un lecteur allié

La plupart des auteurs ont un ou quelques lecteurs alliés à qui ils soumettent leur manuscrit avant l’envoi à un lectorat plus officiel (un éditeur). Tout comme eux, vous voudrez peut-être « tester » vos écrits, que ce soit une fois le manuscrit complété ou en cours d’écriture, pour avoir un aperçu de leur potentiel. Voici quelques conseils pour choisir de bons lecteurs alliés, même parmi votre entourage immédiat : Quelqu’un qui a l’habitude de lire, qui aime lire, qui a des goûts diversifiés en matière de lecture; Quelqu’un qui a de l’objectivité (votre maman croit certainement que vous écrirez le prochain best-seller et adorera chacun de vos mots, ce qui flattera votre orgueil, mais ne vous avancera pas à grand-chose); Quelqu’un qui ne vous doit aucun service ou qui n’en demandera pas en retour (ceci vous assurera une plus grande objectivité dans les commentaires de lecture); Quelqu’un qui a le profil du lectorat visé (si vous écrivez un roman jeunesse, vous aurez avantage à...

Écrire à deux / Écrire à quatre mains / Collaborer

L’écriture est souvent perçue comme une activité solitaire. L’écrivain a une idée de récit, une histoire qu’il porte en lui et élabore, invente, peaufine dans sa tête. Puis vient le jour où il s’assoit devant son clavier ou sa feuille blanche et rédige. Longtemps après, le point final est enfin posé, l’histoire est complète. Tout s’est fait dans la solitude. Dans la réalité, vous et moi le savons, un écrivain partage ses idées avec les amis, soumet quelques passages à la lecture critique d’un allié, demande conseil à un autre écrivain, à un professeur peut-être, à son éditeur si leur relation le permet. Quelques fois, l’écrivain fera le teste d’une blague formulée par un de ses personnages dans une conversation avec des collègues de travail, ou s’inspirera d’un fait vécu, d’une anecdote racontée par autrui, d’un événement auquel il a assisté, d’un fait divers lu dans le journal, etc. Et, il y a ceux qui écrivent à deux. Il existe plusieurs exemples d’écriture en collaboration. D’ailleu...

Les deux revers de la médaille

Lorsque vient le temps de choisir un sujet, il y a plusieurs façons d’aborder les choses. Un même sujet, selon le thème principal qui le sous-tend, peut provoquer une variété de réflexions. Il peut être utilisé pour dire une chose ou son contraire. C’est le thème qui précisera l’angle sous lequel le sujet prendra forme. Aborderons-nous le thème du point de vue du problème ou de celui de sa solution ? Le nommerons-nous selon son nom à la mode dans les médias ou selon un angle différent ? Le choisirons-nous pour illustrer le point de vue d’un personnage ou de celui de son ennemi ? Laisserons-nous les deux points de vue s’opposer ou non ? Traiterons-nous le thème à partir des clichés et des stéréotypes usuels, à partir d’une approche plus personnelle ou nous inspirerons-nous d’un monde utopique dont nous rêvons ? Par exemple, le pouvoir, le respect, la peur, le besoin d’acceptation, l’estime de soi, l’intimidation, la communication, etc. sont tous des thèmes qui permettent de traiter d’un...

Quel type d’écrivain êtes-vous?

Peu importe l’amour des mots qui nous habite, nous ne ressentons pas tous le besoin de l’exprimer de la même façon. Certains se contenteront d’apprécier de lire, alors que d’autres ressentiront le besoin d’écrire chaque jour ou de les partager. Il n’y a pas de bons ou de mauvais types d’écrivains, car ils sont tous complémentaires et expriment même une forme de symbiose puisque la diversité des usages permet leur survie. Ceci dit, s’interroger sur le type qui nous convient le mieux ou celui qui correspond à notre mode de vie actuel peut nous aider à trouver la paix, à moins que cela nous entraîne à opérer des changements dans nos habitudes afin de devenir le type d’écrivain auquel nous aspirons. Voici quelques types généraux d’écrivain pour amorcer votre réflexion : Écrivain de salon : Ce dernier est celui qui aime les mots… des autres. Il aime lire les bons coups des autres, critiquer les moins bons et… même discuter sur ce que les autres auraient ou n’auraient pas dû écrire. Écrivai...