mercredi 19 octobre 2016

Idée reçue

IDÉE REÇUE : Idée qui, par malheur, se lie d'amitié.

Parce que si une idée devient reçue, c'est à force de fréquentations, à force d'utilisations. Comme si à force d'usure ses bords s'effilochaient et qu'ensuite les fils dénudés flottaient derrière elle en agrippant sans scrupule tout ce qui passe dans son sillage. Puis, son bagage s'alourdit et les fils se défilent, traînant de plus en plus loin, s'éloignent d'elle et accrochent de plus en plus n'importe quoi.

L'apparence de l'idée change alors. De neuve et fraîche, elle devient lourde. Lorsqu'on la présente, c'est son embonpoint qui tient lieu de première impression. Une façade encombrante, reçue de façon pour le moins cynique.

Un jour, un auteur décide de lui redonner un air de jeunesse. Armé de ciseaux, il tente de la libéré de ses fils encombrés qui l'ont rendue marionnette. Mais la lutte est farouche contre l'imaginaire collectif qui se fait un devoir de se porter au secours de l'idée en la recousant de fils blancs.

IDÉE REÇUE : Idée à laquelle l'usure sert de lustre et qui arrive difficilement à faire peau neuve malgré toutes les nouvelles formulations qu'elle innove.



Caroline

jeudi 6 octobre 2016

L'auteur qui aime trop ses personnages

Certains auteurs disent que leurs personnages sont comme leurs enfants. La comparaison est belle, mais il faut prendre garde qu'elle ne nous fasse pas tomber dans un piège : celui de trop aimer nos personnages, de vouloir les protéger à tout prix et de leur éviter absolument toute déconvenue.

Quelques indices qu'un personnage est trop aimé de son auteur :
— le personnage n'a pas de défauts apparents,
— le personnage n'a jamais de comportements déplacés, si un autre personnage agit mal envers lui, sa réaction est toujours conforme à ce que recommandent les livres d'éducation,
— le personnage a un coup de cœur? à coup sûr il est partagé et l'autre fait les premiers pas pour éviter un moment gênant au personnage,
— l'être aimé est l'idéal du personnage, il a toujours la réaction appropriée et aucun défaut apparent,
— À peine quelques mots suffisent pour que les insultes soient pardonnées ou que les conflits soient réglés,
— lorsque le personnage fait face à une difficulté soit il la résout immédiatement, soit quelqu'un vole à son secours, mais dans tous les cas, elle est résolue rapidement sans qu'il n'ait besoin de plusieurs tentatives ou de faire un apprentissage préalable,
— les leçons de vie sont dites et acceptées du personnage immédiatement sans que son expérience personnelle ne soit mise en cause,
— dans une situation conflictuelle, le personnage est toujours la victime, mais jamais l'agresseur,
— l'intrigue finit par combler tous les désirs et les souhaits (ou même plus) du personnage,
— s'il y a concours ou compétions, le personnage est toujours parmi les meilleurs, sinon c'est souligné comme étant un drame,
— etc.


Un seul de ces éléments n'est pas problématique, mais une accumulation donne au lecteur un effet d'irréalité et même d'invraisemblabilité.


Bien sûr les histoires vendent un rêve, mais à trop vouloir idéaliser on s'éloigne de la réalité émotionnelle du lecteur. Et lorsqu'on s'éloigne du lecteur, on risque de le voir décrocher ou même abandonner sa lecture.



Caroline

lundi 1 août 2016

Le personnage qui agit contre les règles

De son point de vue, aucun personnage n'agit pour faire le mal, mais pour matérialiser sa vision de ce qui est bien ou pour établir (rétablir) ce qu'il considère comme la justice.


Si un personnage s'en prend à un autre, c'est, selon lui, soit parce que l'autre le mérite :
— en raison de ses actions passées (par vengeance, par représailles, etc.),
— en raison de ses opinions,
— en raison des actes de ses ancêtres ou de ses compatriotes,
— etc.


Soit que l'autre ne mérite pas quelque chose :
— en raison de ses actions passées (mensonge, fraude, manipulation, etc.),
— en raison de son rôle dans la société (classe sociale, groupe culturel, etc.),
— en raison d'un comparatif arbitraire (éducation, apparence physique, discipline, croyances, etc.),
— en raison d'un raisonnement logique (par exemple : je le mérite, nous ne pouvons pas l'avoir tous les deux, donc il ne le mérite pas),
— en raison d'une inégalité réelle ou supposée,
— etc.


Soit parce qu'il revient à l'autre d'empêcher l'action de se produire si elle ne lui convient pas :
(j'ai la liberté de faire ce que je veux, pense le personnage, il n'a qu'à utiliser sa liberté de m'en empêcher s'il ne veut pas que ça se produise.)
— parce qu'il aurait fait de même si les rôles avaient été inversés,
— parce que les lois de la nature priment sur celles de la civilisation,
— parce qu'il ne partage pas les croyances ou les raisonnements derrière les règles et en conclut donc qu'il n'a pas à s'y soumettre,
— parce qu'il ne voit pas comment son action peut être nuisible à l'autre,
— parce qu'il a lui-même souffert, et comme il s'en est sorti par lui-même, il ne voit pas pourquoi il faciliterait la vie à l'autre,
— etc.


Le personnage qui agit contre les règles peut le faire de façon très réfléchie et considérer son comportement comme raisonnable ou agir sous le coup de l'émotion de manière impulsive quitte à le regretter par la suite.


Caroline

lundi 20 juin 2016

Type psychologique de personnage (12)

L'inconscient
Personnage qui agit sans avoir d'idée claire des conséquences de ses actes. Pas nécessaire parce qu'il n'y pense pas comme un irresponsable, mais parce qu'il est convaincu que rien ne peut mal se passer.

Après tout, pour le personnage inconscient, son projet — au sens large du mot — est si grand ou si important que les « petits » inconvénients, même s'ils sont catastrophiques pour les autres, ne sont pour lui que des détails. Il peut croire que si les autres se plaignent, c'est soit parce qu'ils ne comprennent pas la grandeur de son projet, soit parce qu'ils ont pris une mauvaise décision, soit qu'ils n'ont pas la force, comme lui, d'éviter les désagréments ou de se sortir de leur situation en s'élevant socialement. Quoi qu'il en soit, pour lui, ce n'est jamais de sa faute.

S'il est inconscient de l'impact réel des conséquences, il est très conscient que des « jaloux », des « peureux » ou des « idiots » pourraient essayer de lui mettre des bâtons dans les roues. C'est pourquoi les détails les plus discutables de son projet sont souvent gardés secrets, cachés ou dissimulés derrière des façades et des subterfuges. Il pourrait par exemple avoir une double-comptabilité, un double-cahier de laboratoire, une double-usine à faire visiter, une double-équipe de scientifiques, etc.

Le personnage inconscient peut :
— ne pas se soucier de l'opinion de ses partenaires ou de ses subalternes lorsqu'elle va à l'encontre du but recherché ou lorsque leurs idées risquent de ralentir la progression des résultats,
— ne pas se priver d'agir avec agressivité lorsqu'on tente de s'attaquer à son projet ou à lui-même,
— se croire d'une importance supérieure aux autres,
— limiter les mesures de sécurité qui, selon lui, le retarderaient ou ne sont pas nécessaires,
— cacher que son projet est responsable de certains faits découverts par d'autres personnages,
— jouer la carte du paraître pour que les personnages ne faisant pas partie de son entourage proche le croient au-dessus de tout soupçon,
— croire que son projet est plus important que la vie ou que l'environnement ou que le principe de précaution et que, comme au final son projet est sûr de réussir, il finira par racheter tous les « petits » désagréments qu'il cause présentement,
— considérer toutes les tentatives ou les occasions de limiter les conséquences (inspections, attaques dans les médias, recommandations de ses employés ou de consultants, procès, accident, mort, contamination, etc.) comme des attaques personnelles envers lui et son projet,
— etc.


Le personnage inconscient peut se rendre compte de son erreur (c'est-à-dire que les conséquences de son projet ont un impact réel et important) ou non. Toutefois, si cette prise de conscience à lieu, c'est lorsqu'il est trop tard, lorsque la catastrophe est incontrôlable et que s'il reste une chance de la contrer, c'est avec une solution inventée dans l'urgence, une solution qui n'a bien sûr jamais été testée et qui souvent ne peut être mise en œuvre sans garantie de retour pour le ou les personnages qui la mettront en pratique.


Caroline

lundi 6 juin 2016

Personnaliser l'information

À chaque fois, que la description réussit à faire oublier au lecteur les clichés liés à l'action ou à l'émotion racontée pour ne lui laisser qu'une impression de contexte particulier, elle donne une touche plus profonde et plus vraie au récit.

Ainsi, si l'on prend l'exemple des expressions liés à la description d'une émotion :

Une expression convenue ou usuelle (avoir le cœur serré, sentir une chape de plomb sur ses épaules,avoir une boule dans l'estomac, avoir des fourmis dans les jambes, avoir des idées noires, avoir l'impression que son cœur essaie de sortir de sa poitrine, etc.) semble venir de l'auteur qui nous raconte quelque chose. Parce qu'il l'a souvent entendue ou lue dans un contexte semblable, le lecteur pense : oui, c'est ce que les auteurs disent dans ce cas-là. Il est donc à risque de subir un mini-décrochage, surtout si ces expressions sont nombreuses dans le texte.

Par contre une expression nouvelle ou inventé (par exemple un astronome qui vit un deuil pourrait dire qu'il a l'impression que son cœur s'est transformé en supernova sur le point d'imploser) semble venir du personnage lui-même qui devient le seul à pouvoir nommer son ressenti de la sorte. L'auteur s'efface donc de l'esprit du lecteur qui s'engage plus intimement dans l'histoire.

Quand on personnalise une expression, une émotion ou une action : on la rend personnelle pour le personnage et par ricochet plus vraie pour le lecteur. Mais pour qu'une personnalisation soit efficace, il faut qu'elle semble le plus naturelle possible dans le récit, il faut qu'elle colle à la personnalité du personnage et au style de la narration.


Caroline

mardi 24 mai 2016

Créer une ambiance

Les ambiances recréées par la description peuvent être très variées. Par exemple :

— angoissante,
— romantique,
— pression sociale,
— autorité,
— tranquillité (zen),
— surcharge (travail, de tâches, etc.),
— manque (de temps, de ressources, etc.)
— collaboration,
— mesquinerie, conflit,
— etc.


En fait, pour déterminer l'atmosphère nécessaire à une séquence du récit, il faut se poser la question suivante : Quel émotion devrait ressentir le lecteur face à cette situation pour qu'elle s'accorde à celle du personnage?


Comment créer une atmosphère : 

— accorder de l'importance aux détails,
— choisir les éléments descriptifs ou le vocabulaire en fonction de leur connotation,
— interpréter les éléments descriptifs,
— impliquer plus que le sens de la vue,
— piger dans le champs lexical du thème de l'atmosphère choisie,
— décrire les émotions et les sensations vécues,
— s'en tenir au point de vue d'un seul personnage (ou groupe de personnages s'ils vivent le même sentiment),
— ancrer la description dans le réel en nommant des éléments qui réveille chez le lecteur les mêmes sentiment que chez le personnage,
— expliciter les rôles des personnages les uns par rapport aux autres, ou par rapport au lieu,
— jouer avec le temps du récit (l'accélérer ou le ralentir selon les besoins),
— etc.


Une ambiance peut provenir d'un lieu en particulier, par exemple une maison hanté; ou d'une relation interpersonnelle, par exemple dans une entrevue d'embauche l'ambiance dépendra principalement de la personnalité des personnages et du point de vue (chercheur d'emploi ou passeur d'entrevue) bien que le lieu puisse être agencé de façon à renforcer une ambiance particulière.


Caroline

lundi 9 mai 2016

Utiliser le point de vue pour créer un élément de surprise

Dans un récit, il est fréquent que les personnages qui participent à une même intrigue aient des motivations ou même qu'ils aient l'impression de participer à des quêtes différentes. Par exemple, un héros partit à la recherche d'un remède ultra rare pour guérir sa grand-mère malade pourra être accompagné d'un voleur espérant s'éloigner le plus possible du lieu de son larcin, d'une amie voulant profiter du temps passé avec le héros pour devenir plus qu'une amie, d'un petit frère croyant que la quête lui permettra de prouver son courage. En cours de route, ce même héros pourra rencontrer un mendiant qui le renseignera en échange d'un morceau de pain, un adolescent parti rejoindre un maître qui lui apprendra un métier lui enseignera les us et coutume d'un lieu en particulier, etc.

Ainsi, même s'ils participent tous à la même quête, il n'est pas rare que chaque personnage espère en tirer un bénéfice différent. Ils n'ont pas la même définition de la distribution des intrigues principale et secondaires. Leurs attentes diffèrent, leurs préoccupations aussi.

Et, c'est là que le point de vue prend tout son sens pour créer un élément de surprise. En développant la narration (ou une partie de celle-ci) à partir du point de vue d'un personnage particulier, il est possible, de par les préoccupations de celui-ci, de détourner l'attention du lecteur sur ce qui arrivera vraiment. Ainsi, si la narration se focalise sur l'inquiétude d'une mère qui craint que son jeune enfant (qui a peu d'ami) ne reçoivent pas de valentins alors qu'il en a préparés pour tous les élèves de sa classe. Le lecteur s'attendra à ce qu'on lui dise en définitive si l'enfant est heureux d'avoir reçu des valentins ou triste (vexé, fâché) de ne pas en avoir reçu. Mais, si la quête du point de vue de l'enfant (auquel le lecteur n'a pas accès) est seulement de bien accomplir son offrande. Si lorsque l'enfant revient après avoir distribué ses valentins, il est très heureux et fier, le lecteur s'attend à connaître le nombre de valentin reçu par l'enfant et non pas à l'annonce « je n'ai oublié personne, personne! ».

Comme le point de vue part des préoccupations d'un personnage en particulier, il calque les attentes du lecteur sur celles de ce personnage. Les autres personnages, par contre, restent avec leur propre point de vue, même si le lecteur n'y a pas accès. L'intrigue, elle, évolue selon ce que chacun des personnages y apporte. Et c'est là que peuvent se cacher des éléments tout à fait logique et vraisemblable, même si (du point de vue de la narration) personne ne les a vu venir.


Caroline

lundi 25 avril 2016

Étoffer un personnage (7)

Évolution du personnage :
Transformation graduelle et continuelle ou prise de conscience soudaine qui provoque un changement dans le caractère ou les conceptions d'un personnage.


L'évolution d'un personnage découle de la friction entre sa personnalité et l'intrigue. La personnalité initiale s'érode lentement pour devenir celle de la conclusion du récit. Aussi, dans un sens, elle fait partie de la description du personnage, surtout s'il s'agit d'un personnage principal.

Comment cette friction s'illustre-t-elle dans le récit?
— par la rencontre entre le personnage et des opinions, faits ou évènements qui vont à l'encontre de ses opinions, de ses valeurs et de ses conceptions de la vie,
— par la mise à l'épreuve du personnage (défis, responsabilités, pertes, ennuis, etc.),
— par l'affrontement,
— par les réactions des autres personnages à son endroit,
— par le temps qui atténue certaines blessures ou qui change les préoccupations dominantes,
— par un changement drastique dans la situation du personnage,
— par les conséquences de ses actions (s'il s'aperçoit que son mode d'action ne l'amène pas au résultat désiré, il peut décidé d'en essayer ((ou d'en adopter)) un autre ou encore des dommages collatéraux peuvent l'amener à réviser ce qui lui semble être un comportement acceptable),
— par les émotions qu'il traverse,
— par ce que le personnage veut changer ou réaliser,
— etc.


En fait toutes les situations et les interactions qui permettent au personnage d'en apprendre plus sur lui-même ou sur la vie sont susceptibles de le faire évoluer.


Caroline

lundi 18 avril 2016

Réalisme / vraisemblance

Réalisme :
Qui relève de la réalité.

Vraisemblable :
Qui relève de la logique interne du récit et qui, par conséquent, est considéré comme vrai par le lecteur.

Pour la logique interne, la vraisemblance est plus importante que le réalisme. Ceci dit ce n'est pas tous les éléments qui peuvent s'éloigner aussi facilement du réalisme. Ainsi, si le lecteur accepte facilement le non-respect des règles scientifiques (ex. magie) ou politiques, il a plus de difficulté à accepter un changement dans les règles de la psychologie. Par exemple, l'émotion, pour rester logique, doit être le plus près possible de la réalité. Ainsi, un personnage qui exprimerait sa colère par une activité qui demande de la maîtrise de soi (ex. jongler) paraît peu plausible au lecteur pour qui l'expérience de la colère se combine à une perte de contrôle.

Même le récit se déroulant dans un contexte réaliste peut céder le pas à la vraisemblance en montrant des éléments qui ne sont pas nécessairement impossibles, mais quand même improbables: par exemple

— par le raccourci logique :
*Lorsqu'une scène est décrite avec moins d'informations que nécessaire pour remplir une durée d'action logique (par exemple, une mère qui appelle son enfant pour l'obliger à manger et lui sert un gros déjeuner et qui, au bout d'une conversation de quelques répliques le pousse dehors pour ne pas qu'il manque l'autobus).
*Lorsqu'un personnage va quelque part seulement pour y faire une rencontre fortuite. (Par exemple, il passe au bureau, dès qu'il arrive, il rencontre un autre personnage qui lui apprend quelque chose. Le personnage annonce alors qu'il a un rendez-vous à l'extérieur et qu'ils en reparleront plus tard).
*Lorsqu'un personnage cumule plusieurs rôles qui sont normalement tenus par des personnes différentes.
*Lorsque certaines formalités sont ignorées ou allégées (par exemple, les règles d'embarquement dans les avions.).
*Etc.

— par la négation de ce qui pourrait se passer pendant les ellipses :

*Dans certaines intrigues, les personnages se rencontrent certainement pendant les ellipses (membre d'une même famille, collègue, etc.), pourtant il ne s'y passe jamais rien d'important ou, en tout cas, rarement. Il arrive même qu'une conversation commence en un lieu et se poursuive dans un autre lieu comme si les personnages s'étaient déplacés en silence de l'un à l'autre.

— par la coïncidence systématique :

*La fréquence des coïncidences est généralement beaucoup plus élevée dans un récit que dans la réalité. Que ce soit les personnages qui se trouvent exactement au bon endroit au bon moment ou qui se manquent de justesse ou les intrigues secondaires qui amènent sur le tapis exactement les bons sujets pour permettre aux personnages d'avoir le déclic nécessaire à la poursuite de l'intrigue, les coïncidences permettent au récit de tenir dans un court laps de temps et d'évoluer dans un sens précis.

— par la probabilité faible, mais assurée :
*Le héros est pris sur une île déserte, mais pour réussir sa quête, il a besoin de se retrouver ailleurs dans un délai assez bref? Fort probablement, ses chances de réussir à quitter l'île et à se retrouver ailleurs au bon moment sont inversement proportionnelles à ce quelles seraient dans la réalité.

— par la correspondance entre les priorités de chacun :

*Ainsi, lorsqu'un personnage revient sur une conversation précédente ou aborde un sujet de façon impromptue l'autre sait systématiquement de quoi il parle sans qu'il ait besoin de le préciser.

— par le bagage de connaissances collectif :
*Les connaissances de l'ensemble des personnages sont suffisantes pour se sortir de n'importe quelle situation, surtout lorsqu'ils n'ont pas accès à un complément d'information.
*Un personnage a entendu ou vu une information, mais sans y prêter trop d'attention. Ce n'est pas grave, il s'en souvient quand même au moment où il en a besoin.


Caroline

Voir aussi:
La logique interne
La logique étroite
La logique linéaire
la logique large

lundi 11 avril 2016

Schéma actanciel : quête et objet

Dans le schéma actanciel, la quête correspond à une intrigue. Que celle-ci soit principale, secondaire ou tertiaire dans le récit, elle peut se trouver au centre du schéma actanciel où elle est toujours présentée selon le point de vue du sujet. La quête peut aussi être une étape d'intrigue complexe si on veut faire des schémas actanciels plus précis afin de mieux cerner les relations entre les personnages.

Pour s'aider à compléter le schéma actanciel, il peut être utile de lister les différentes péripéties que les personnages auront à franchir pour réaliser leur quête.

L'objet, quant à lui, est le résultat espéré par le personnage choisi comme sujet. C'est l'objectif du sujet. Celui-ci peut être l'acquisition d'un objet (arme, antidote, etc.), une action à réaliser (atteindre le centre du labyrinthe, donner une lettre en main propre à quelqu'un, etc.), une valeur à rétablir (trouver le coupable, par exemple, rétablir la justice) ou une qualité à acquérir.

Selon le point de vue analysé, l'objet peut être une chose ou son contraire. Il peut être l'obtention (ou non) de quelque chose de concret (le meurtrier, une arme permettant de vaincre l'ennemi, etc.) ou d'abstrait (obtention d'une promotion, victoire morale, prise de décision, etc.).

Tous les personnages qui participent à une même quête n'ont pas nécessairement le même objet. Par exemple, des personnages participant à une course ou une compétition pourraient tous vouloir gagner (même quête et même objet) et alors un seul d'entre eux finirait par atteindre l'objet; ou encore leur objet respectif pourrait être différent : la victoire, finir dans les cinq premiers, battre un record personnel, finir la course, etc. Dans ce cas, les personnages atteindront ou non leur objet de façon indépendante (sauf si plusieurs personnages ont comme objet des buts qui ne peuvent être atteints que par un nombre limité de personnages).


Caroline

lundi 4 avril 2016

Étoffer un personnage (6)

La réputation d'un personnage est différente de sa description, car elle ne relève pas du même point de vue. Elle est le fait du point de vue d'au moins un autre personnage que de celui dont il est question. Comme dans la vie, un personnage n'aura pas nécessairement le même comportement avec tous ceux qu'il côtoie, il est donc susceptible d'avoir autant de réputations qu'il y a de personnages qui le rencontrent.

On peut choisir de présenter un personnage que de son point de vue (sa description) que du point de vue d'un autre personnage (sa réputation) ou tour à tour de ces deux points de vue. Le choix de présenter un personnage en utilisant sa description ou sa réputation doit être guidé par le sentiment que l'auteur veut que le personnage provoque chez le lecteur. Dépendamment du sentiment voulu, ce sera la description ou la réputation qui sera la plus adaptée.

La réputation permet de créer chez le lecteur une opinion très tranchée à propos d'un personnage. Ça permet de l'obliger à prendre parti pour le personnage de notre choix. Toutefois, pour que l'effet soit complet, il faut utiliser un narrateur qui n'emploie jamais le point de vue du personnage décrit par sa seule réputation.

La description permet d'aborder le personnage avec ses ambiguïtés, ses dilemmes et ses paradoxes. Elle permet au lecteur de se faire sa propre idée du personnage.

Présenter tour à tour la description et la réputation peut permettre :
— au personnage de prendre conscience de l'impact de ses actions,
— de surprendre le lecteur en changeant ce qu'il croyait savoir d'un personnage,
— de présenter deux points de vue opposés d'une même situation,
— d'expliquer pourquoi deux personnages ne peuvent pas s'entendre,
— de créer une querelle épique (si les points de vue se révèlent l'un à l'autre dans une discussion) ou, à l'inverse, de permettre un rapprochement entre deux antagonistes,
— etc.


Caroline

mardi 29 mars 2016

Schéma actanciel : destinataires, adjuvants et opposants

Dans le schéma actanciel, les destinataires sont les personnages à qui bénéficie l'objet de la quête. Déterminer qui sont les destinataires, c'est déterminer quels personnages ont intérêt à ce que la quête réussisse. Ce qui ne signifie pas que les destinataires ont intérêt à ce que la quête soit menée par le sujet : dans certains cas, la personnalité de celui qui complétera la quête sera capitale pour la qualité de vie dans la suite des choses.

Les adjuvants sont ceux qui aident le sujet à atteindre l'objet de la quête. Ils ne sont pas nécessairement des destinataires (par exemple, un mercenaire aidera à vaincre l'ennemi sans profiter de la paix qui s'ensuivra, un personnage rencontré au hasard des péripéties échangera un service contre sa collaboration sans même connaître l'existence de la quête, un ami aidera simplement pour son ami, la tempête qui ralentit la progression de l'ennemi sera terminée depuis longtemps à la fin de la quête, etc.). Un adjuvant peut donc avoir un intérêt personnel à collaborer à la quête différent de celui des destinataires, puisque de son point de vue, il s'agit en fait d'une quête différente.

Les opposants sont ceux qui nuisent au sujet pour atteindre l'objet de sa quête. Mais, ça n'implique pas qu'ils soient tous opposés à l'objet de la quête. Certains pourraient même ne pas le connaître, vouloir obtenir l'objet à la place du sujet, s'opposer au héros simplement par plaisir, par vengeance ou parce qu'ils n'aiment pas le sujet.

Les relations entre les personnages peuvent évoluer au cours du récit. Certains personnages peuvent ainsi changer de catégorie en cours de route. Ils peuvent donc être tour à tour adjuvants et opposants. Aussi, les destinataires, adjuvants et opposants peuvent dépasser les acteurs du récit et être des concepts, des objets, des valeurs, des évènements, des coïncidences, des lois de la physique… qui ont un impact dans le déroulement du récit.

Partager les personnages entre destinataires, adjuvants et opposants est un bon exercice pour :
— situer les personnages les uns par rapport aux autres dans leurs interrelations,
— établir les motivations de chacun,
— trouver des alliances (temporaires ou permanentes),
— développer les intrigues secondaires,
— rendre cohérentes les réactions de chacun des personnages lors des avancées, des stagnations ou des reculs de la quête,
— etc.


Caroline

lundi 21 mars 2016

Schéma actanciel : sujet

Dans le schéma actanciel, le sujet est le personnage (ou les personnages) qui entreprend la quête. Il représente le point de vue selon lequel la quête est analysée. Ainsi, pour une même intrigue, le sujet peut être celui qui veut réussir à obtenir quelque chose ou son opposant le plus farouche qui veut l'empêcher de l'obtenir. En fait, la quête est nommée selon le point de vue du personnage choisi comme sujet. Celui-ci est le point central du schéma actanciel. Il induit le point de vue qui sera analysé. 

Lorsqu'on construit un schéma actanciel, on rempli d'abord la case « sujet ». Ensuite, les autres informations sont déduite de par le point de vue du personnage choisi comme sujet.

Pour un récit où le narrateur adopte le point de vue de plusieurs personnages, il peut être utile de faire un schéma actanciel différent pour chacun des personnages dans le rôle du sujet pour chaque intrigue dans lesquelles ils sont impliqués.

Caroline

lundi 14 mars 2016

Étoffer un personnage (5)

Les lecteurs sont avant-tout des êtres humains qui ont appris, dès leur plus jeune âge, à interpréter le monde qui les entoure. Pour ce faire, ils ont développé des outils de communication, mais surtout, ils ont appris à déduire des informations à partir de signes non-verbaux. Plus le lecteur a l'impression de « rencontrer » le personnage comme il ferait une rencontre dans la vraie vie, plus il se sentira concerné par les enjeux du personnage et plus il sera sensible à l'identification et à l'attachement.

Pour présenter le personnage comme si le lecteur le rencontrait en personne, il faut catégoriser les informations : celles qui doivent être dites et celles qui doivent être suggérées. Par exemple, on devine difficilement que deux personnages sont frère et sœur à cause de leur comportement, cette information sera donc dite (écrite) pour les lecteurs au moment où nous voudrons qu'ils l'apprennent. Pour les émotions en revanche, c'est souvent l'inverse, elles transparaissent plus souvent dans le comportement des gens qu'elles ne sont nommées spécifiquement. Elles peuvent être mal interprétées, confondues, présentées un nombre infini de nuances, interprétées différemment par différents protagonistes, etc.

Ainsi, nommer l'émotion met le lecteur dans une situation qui n'est pas familière pour un témoin, mais qui est plutôt celle d'un absent à qui on raconte ce qui s'est passé. Il se sent beaucoup moins impliqué.


Cette situation mettait Bob en colère parce qu'elle lui rappelait une situation similaire dans son passé.



Pour sa part, suggérer l'émotion met le lecteur dans la même situation que les autres personnages. Le lecteur doit déduire lui-même l'émotion : il peut mal l'interpréter ou la confondre, mais sa réflexion, son interrogation ou sa conviction entourant l'émotion suggérée place le lecteur dans une situation qui le rapproche beaucoup de son vécu réel. Cette présentation en suggestion de l'émotion lui semblera donc plus naturelle et le personnage lui apparaîtra ainsi plus profond.


Bob marchait de long en large sur le tapis usé. Les bras fouettant l'air avec brusquerie, il semblait engueuler quelques malheureux être invisibles ou imaginaires. Pour ses subordonnés, qui l'observaient à travers la baie vitrée de son bureau, le message était éloquent, même si peu d'entre eux auraient pu l'expliquer. Ils se jetaient des regards inquiets dans un silence absolu qui ne fut pas briser avant plusieurs minutes.

— Bonne chance au prochain qu'il appellera dans son bureau, lança Alice avant de profiter d'un rendez-vous avec un client pour s'éclipser.



Évidemment, une information suggérée peut éventuellement avoir besoin d'être précisée ou expliquée pour justifier une conséquence, pour éviter ou dénouer un malentendu, pour complexifier ou simplifier les relations entre les personnages.


Caroline

mercredi 9 mars 2016

Les trois qualités d'une bonne description

Les descriptions sont avant tout un terrain d'entente entre l'auteur et le lecteur. Ce sont elles qui permettent au récit de passer de l'un à l'autre. C'est pourquoi une bonne description doit tenir compte à la fois du lecteur, de l'auteur et du récit.


Clarté :
Façon de dire ou de raconter les informations qui facilite la compréhension du lecteur.


Précision :
Équivalence entre la vision de l'auteur et la narration.


Personnalisation :
Donner aux informations, aux personnages, aux lieux, aux actions, etc. un caractère unique pour bien faire sentir qu'il s'agit du récit d'un contexte particulier et non pas d'un cas général.


Les meilleurs outils pour enrichir et améliorer une description sont :
— La maîtrise du vocabulaire, de la grammaire et de la syntaxe,
— L'évitement, si possible, des expressions communes ou des clichés de description,
— Une bonne orientation spatiale (une visualisation claire des lieux et des actions),
— Une bonne connaissance du contexte, des personnages et de l'intrigue,
— Une empathie pour les personnages (surtout ceux dont on suit le point de vue),
— Une sensibilité pour les nuances, les connotations,
— Une pensée pour le lecteur (c'est-à-dire, se mettre dans la peau du lecteur lors de la relecture)
— La réécriture,
— La pratique,
— Un lecteur allié.

Caroline

mercredi 2 mars 2016

Schéma actanciel : destinateur

Dans le schéma actanciel, le destinateur initie la quête. Il peut déclencher l'évènement perturbateur, mandater le héros ou pousser le personnage principal à prendre les choses en main. S'il s'agit d'un personnage, il veut pour une raison ou une autre que la quête se fasse. Il peut s'agir d'un personnage créé spécifiquement pour remplir ce rôle, du sujet lui-même, d'un de ses acolytes ou encore d'un groupe de personnages plus ou moins distinct. Il est possible de considérer une valeur comme destinateur si celle-ci prend une importance capitale dans la psychologie du sujet (par exemple, le sens de l'honneur, l'ambition, la vengeance, etc.). Un évènement pourrait être considéré comme destinateur s'il place le sujet dans une situation où il n'a pas le choix de réagir (rupture, mise en danger, etc.). Encore plus abstrait, le sujet peut être mandaté par une attente qu'il croit qu'on (la société, ses parents) a envers lui, par une prophétie, par son destin.

L'importance du destinateur réside dans ce qu'il précise la motivation du sujet. Au cours du récit, cette motivation, par sa spécificité, justifie les décisions et les réactions du sujet; les cordes sensibles sur lesquelles pourront jouer, à leur insu ou en toute connaissance, ses adjuvants pour lui redonner confiance, pour qu'il choisisse un plan plutôt qu'un autre, pour le conseiller, et ses opposants, pour le démotiver, pour le piéger, pour le détourner de sa quête.


Caroline

lundi 22 février 2016

Type de séquences d'action (10)

Le délire :
Il se produit lorsqu'un personnage a une conviction en opposition avec la réalité. Souvent, celle-ci provoque une grande agitation qui met en cause diverses émotions ou passions et qui fait agir le personnage de façon déraisonnable.

Le délire peut être causé par :
— un choc émotif (le personnage s'attendait à une réalité différente et n'arrive pas à accepter celle qui se présente à lui),
— une lente modification de la perception de la réalité (par exemple, un personnage qui voudrait en imiter un autre et qui finirait par croire qu'il est devenu l'autre personnage),
— une accumulation de déceptions,
— une situation désespérée,
— une maladie mentale (par exemple, l’Alzheimer) ou physique (par exemple, une fièvre),
— une prise de drogue, de médicament ou d'une autre substance hallucinogène,
— un refus de renoncer à une idée,
— un changement brusque et radical de la situation d'un personnage ou de ses habitudes,
— une trahison,
— l'arrivée d'un nouveau personnage,
— etc.


Les impacts du délire sur l'intrigue sont généralement négatifs (ralentissement de la résolution de l'intrigue, perte de temps ou obstacles pour les autres personnages, confusion, division d'alliés, etc.), toutefois, dans certains contextes, l'impact peut être positif (diversion au moment opportun, extrapolation du délire qui permet de ruser, etc.).

Le délire provoque chez les autres personnages diverses émotions : peur, confusion, sentiment de supériorité, empathie, chagrin, colère, etc.


Caroline

lundi 15 février 2016

Étoffer un personnage (4)

L'identité d'une personne comporte un nombre pratiquement infini d'informations. En suivant la logique selon laquelle un personnage représente, dans un récit, une personne, un personnage peut aussi avoir un nombre infini de caractéristiques et d'informations personnelles. Évidemment il serait impensable de toute les mettre dans sa description. Il faut choisir.

Il y a deux critères principaux qui peuvent nous guider dans notre choix : les besoins de l'intrigue et l'attachement du lecteur au personnage.

Les besoins de l'intrigue recensent les éléments de description qui ont une influence directe sur le déroulement des intrigues, ceux qui sont essentiels à la bonne compréhension du récit ou à l'évolution des personnages. Ils peuvent être suggérés, mentionnés ou expliqués selon la nature de la caractéristique.

Cependant, s'en tenir seulement à l'intrigue laisse souvent le personnage un peu plat et l'intrigue plutôt fade; d'où l'importance de d'enrober le tout d'éléments décoratifs pour donner de la vie au personnage, pour mettre de la couleur dans l'intrigue, pour embellir la lecture. Par exemple, si Paulette a besoin de lunette pour lire ça ne change probablement rien au déroulement de l'intrigue, mais ça la rend plus concrète pour le lecteur qui l'imagine, ça permet de donner une couleur plus personnelle à la narration si Paulette doit les chercher, les enlever alors qu'elle a les mains pleines ou si elle doit lire alors qu'elle ne veut pas les mettre en public. Les éléments de description liés à l'attachement au personnage servent à nourrir la narration d'anecdotes qui donnent du sel au récit et à rendre le personnage et l'intrigue plus ancrés dans la réalité.

Évidemment, la ligne entre les deux catégories d'éléments de description peut être difficile à délimiter. Par exemple, si Bob joue aux dards pour s'aider à réfléchir, ça n'influence pas nécessairement l'histoire, sauf si son partenaire (ou la technique pour lancer les dards ou une rencontre fortuite sur le chemin de l'endroit où il joue aux dards, etc.) lui donne une idée pour résoudre sa quête. L'information relative au jeu de dards qui accompagne sa réflexion (attachement) peut ainsi permettre de mettre en scène une étape essentielle de l'intrigue.


Caroline

lundi 8 février 2016

Schéma narratif : dénouement et situation finale

Le dénouement est l'avant-dernière-partie du schéma narratif. Il met fin aux péripéties en présentant le résultat de la quête, c'est-à-dire son échec ou sa réussite. Il montre la réussite de l'attachement du lecteur pour le(s) personnage(s) principal(aux) dans tout ce qui précède lorsque l'émotion du lecteur est alignée sur celle du(des) personnage(s) principal(aux). Cet élément peut être très court, même tenir dans une seule phrase ou s'étirer en explications.

La situation finale est la dernière partie du schéma narratif. C'est un retour à un état d'équilibre. Comme lors de la situation initiale, cet état n'est pas nécessairement statique. Elle peut comporter une ouverture vers d'autres intrigues. Elle ajoute peu à l'intrigue principale. Son rôle est plutôt du côté de la relation lecteur-personnages. Elle rassure le lecteur sur ce qui arrivera à ses « nouveaux amis » et facilite la séparation en présentant une transition entre un moment fortement émotif et l'arrêt de la relation.

L'équilibre atteint dans la situation finale est idéalement différent de celui de la situation initiale.Même s'il peut y ressembler lorsque l'intrigue principale s'est terminée par un retour à la normale (état de paix, retour d'un personnage chez lui, etc.), mais l'évolution des personnages et le résultat des autres intrigues amènent un élément de différenciation.


Caroline Simard

lundi 1 février 2016

Schéma narratif : péripéties

Les péripéties (ou le nœud) remplissent la partie centrale du schéma narratif. Ce sont l'ensemble des actions entreprises par les personnages pendant la quête. Elles peuvent servir à faire avancer la quête, à la faire stagner ou même à jouer sur les relations entre les personnages qui sont embarqués dans cette quête. 

Les péripéties se concluent généralement par un état de tension ou de déséquilibre maximal (climax)


Si la situation initiale est le contexte du récit, les péripéties en sont le rythme. Celui-ci est créé par :
— l'agencement entre les intrigues principale, secondaires et tertiaires,
— l'originalité dans la manière d'amener les actions qui souvent ne sont pas originale en elles-mêmes (toutes les intrigues pigent dans le même bassin de séquences d'action ((départ, trahison, rencontre, épreuve, etc.)) mais chaque séquence d'action choisie gagne à être rendue unique par les caractéristiques des personnages, du contextes et de l'intrigue racontée),
— la régularité ou l'irrégularité entre l'arrivée des différentes péripéties,
— la personnalités des personnages, notamment dans les dialogues et les interactions,
— la division en chapitres ou en sous-chapitre,
— l’organisation du temps du récit (prolepse, analepse, temps réel, résumé, ralenti, ellipse),
— la présence d'éléments de surprise qui sont des faits, événements, conséquences, etc. que le lecteur (et souvent les personnages) ne peut pas prévoir,
— l'alternance des émotions,
— etc.


Caroline

lundi 25 janvier 2016

Type psychologique de personnage (11)

Le plaignant
Un personnage plaignant trouve toujours quelque chose à redire et il communique principalement à l'aide de plaintes. Ces dernières sont des affirmations utilisées dans un mode offensif contre des expériences perçues comme étant injustes. Par opposition, les constations sont des affirmations neutres utilisées à titre indicatif (et non punitif) pour informer un interlocuteur.


Cinq raisons pour lesquelles on se plaint selon la psychologue Robin Kowalski :

Recevoir de l'attention :
— Dans ce cas, les plaintes sont un outils pour entrer en relation, pour entamer une conversation. Une fois la relation établie, le plaignant a la sensation de faire partie d'un groupe et d'être en sécurité. Les sujets principaux de ce genre de plaintes sont le climat, le travail, le partenaire de vie, les enfants, l'économie et les équipes sportives locales.

Occulter sa responsabilité :
— Ces plaintes sont un argumentaire entièrement dédié à prouver qu'il n'existe pas de solution ou que s'il en existe une, elle n'est pas de leur ressort. La faute est toujours celle de quelqu'un d'autre (parent, ami, collègue, enfant, société, gouvernement, etc.) ou de quelque chose hors de leur contrôle (temps, chance, éducation, destin, etc.). Les pistes de solutions proposées, toujours accueillies par des mais, tu ne comprends pas, des oui, mais ou des si seulement.

Générer de l'envie :
— Ou pour se vanter. Le type principal de ce genre de plaintes est le commérage. Le plaignant se plaint de l'autre pour qu'on en conclut qu'il n'est pas comme l'autre (Les gens ne savent pas conduire sous-entend par opposition à moi. Mon patron est un imbécile sous-entend si j'étais à sa place tout irait mieux. Etc.).

Nourrir son pouvoir :
— Dans ce cas, les plaintes sont des tentatives d'amadouer les autres pour les influencer à penser d'une certaine manière, d'une certaine manière qui sert les intérêts du plaignant en recrutant du soutien contre un rival.

Excuser sa piètre performance.
— Contrairement aux plaintes formulées pour occulter sa responsabilité, celles qui servent à excuser une piètre performance ne servent pas à justifier son inaction, mais à se justifier pour une action passée.


Caroline

lundi 18 janvier 2016

Schéma narratif : événement perturbateur

L'évènement perturbateur ou élément déclencheur est la deuxième partie du schéma narratif. C'est un changement fondamental qui mène à l'intrigue principale, c'est lui qui provoque la quête ou la mission du héros. Tout comme la situation initiale, il peut être raconté de façon rétrospective lorsque le récit débute à l'étape des péripéties. Il peut s'agir d'un événement simple ou d'une accumulation d'évènements. Par exemple, un personnage qui vit un deuil, une rupture amoureuse, une trahison amicale et une perte d'emploi dans un court laps de temps réagira différemment que s'il ne subissait qu'une de ces pertes. L'évènement perturbateur comprend donc l'ensemble de ces pertes.


Pour que le lecteur croit à la quête, l'évènement perturbateur doit avoir une résonance émotive pour les personnages. Si ce n'est pas pour le personnage principal (ou le héros), cela doit l'être pour au moins un groupe ou un personnage. Il faut qu'il y ait au moins quelqu'un quelque part qui ait un intérêt (une motivation) à ce que la quête soit entreprise. Cet intérêt prend généralement sa source dans une émotion ou une valeur. L'évènement perturbateur gagne donc à être choisi et présenté avec soin.


Caroline Simard

lundi 11 janvier 2016

Type psychologique de personnages (10)

Le nihilisme existentiel :
La vie n'a pas de sens ou de but en elle-même, c'est à chacun de choisir le sens qu'il veut lui donner. Il n'y a pas d'autorité morale absolue, ce qui permet à chaque individu de définir et d'affirmer sa propre moralité à travers ses actions. Pour que la vie ait un sens, il faut agir en fonction du sens qu'on veut lui donner. Cette philosophie nie toutes les autorités morales ou les hiérarchies de valeurs. À l'inverse, elle prône le relativisme moral.


Le personnage qui a une philosophie de nihilisme existentiel peut :
— avoir un tempérament indépendant,
— être un défenseur acharné de la liberté de choix,
— ne pas se sentir d'obligation à respecter une règle dont il ne comprend pas le sens,
— avoir un sens du bien et du mal différent de celui généralement admis par la justice ou par la société,
— être en désaccord avec une autorité morale (religion, gouvernementale, culturelle, etc.),
— avoir un entourage hétéroclite,
— être à la recherche du sens de sa (et non de la) vie ou l'avoir trouvé et le mettre au centre de ses actions,
— avoir des objectifs personnels différents de ceux stéréotypés par les médias, la publicité ou autres,
— mettre un point d'honneur à agir selon ses valeurs peu importe l'opposition ou les conséquences,
— être très critique à l'égard des personnages ou des institutions qui veulent imposer leurs valeurs aux autres,
— insupporter l'autorité, surtout si le personnage qui la représente est très directif,
— se sentir peu impliqué dans des projets sociaux ou communautaires s'ils ne correspondent pas à ses valeurs ou, à l'inverse, très impliqué s'ils correspondent à ses valeurs ou à celles d'une personne très proche dans son entourage ou d'une personne qu'il considère comme ayant choisi librement le sens de sa vie,
— mal supporter les interdictions ou les obligations,
— etc.


Contrairement à d'autres types psychologiques, ce personnage ne rejette pas les gens qui ont un système de valeurs différent, ce qui l'intéresse c'est le pourquoi du choix d'une valeur et non pas son contenu. Le choix personnel, basé sur l'expérience vécue ou observée, et la réflexion, lui semblent l'approche la plus libre et donc, la plus digne de respect. Comme il ne veut ni qu'on lui impose ses valeurs ni imposer les siennes aux autres, il peut arriver qu'il défende un point de vue qui n'est pas le sien en geste de solidarité pour un personnage qui est important pour lui et pour qui ce point de vue est capital.


Caroline

lundi 4 janvier 2016

Schéma narratif : situation initiale

La situation initiale est la première partie du schéma narratif. C'est un état d'équilibre, mais pas nécessairement un état statique. Car l'équilibre proposé est celui du récit et non pas celui de la vie des personnages. C'est-à-dire que les personnages peuvent y vivre des émotions fortes, des conflits, des rapprochement, etc. Les intrigues secondaires peuvent être déjà amorcée, mais pas l'intrigue principale qui est celle qui brise l'état d'équilibre proposé par le récit.

Cette situation précise le contexte dans lequel se déroulera l'action : le lieu, le temps, les personnages impliqués, leurs rôles et interactions, etc. Cette étape est la première opportunité — et parfois la seule — pour l'auteur de créer un lien d'attachement entre le lecteur et les personnages. Elle n'est jamais complètement sautée, même si elle le semble parfois. Dans les récits qui proposent l'évènement perturbateur ou la première péripétie comme entrée en matière, la situation initiale se retrouve entremêlée à l'un ou à l'autre selon le cas. Le contexte étant essentiel à la bonne compréhension du récit, il doit donc en faire partie.


Caroline