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Qu’est-ce qui différencie l’histoire, l’intrigue et le récit?

               Il est facile de confondre ces trois concepts qui se ressemblent. D’autant plus que dans le langage courant, il arrive fréquemment qu’ils soi en t utilisés l’un pour l’autre ou présentés comme des synonymes.           Cependant, pour mieux décortiquer un texte afin de le travailler, il est utile de bien les distinguer. Cela est indispensable pour concevoir ou pour modifier la structure du texte, pour faire le tri entre segments essentiels et segments superflus et pour vous guider autant dans l’écriture que dans la réécriture. Histoire : Ce qui est raconté.           Elle peut être réelle ou fictive. Mais dans un cas comme dans l’autre, elle ne se résume pas qu’au récit. Une action peut faire partie de l’histoire sans faire partie du récit. L’inverse peut aussi être vrai, certains récits ajoutent des actions à des histoires réelles, par exemple dans le cas d...

Estimer la longueur finale d’un texte

Déterminer la longueur approximative que le texte aura dans sa forme finale peut être un atout dans la planification du travail d’écriture, mais aussi un moyen efficace d’analyser la progression du premier jet. Cela peut aussi nous aider à choisir le style du projet, complexifier ou simplifier une intrigue si cela s’avère nécessaire pour atteindre un objectif (en nombre de mots). En tenant compte de notre plan et de quelques autres questions, il est possible d’estimer cette longueur avant de commencer à écrire proprement dit et d’ainsi diminuer le travail de reconstruction de l’intrigue après coup. Les éléments à prendre en compte : Identification de la situation initiale                                        →              Écart entre Identification                             ...

Le temps de latence

Écrire un texte est très différent d’en faire la découverte par la lecture. Voilà pourquoi votre texte mérite d’être laissé de côté quelque temps avant sa réécriture. Quelle est la durée idéale pour cet abandon temporaire? Aucune, ce n’est pas une question de temps, c’est une question de mémoire et de disposition d’esprit. Lors de la (re)lecture d’un livre, une des principales distinctions entre le lecteur et l’auteur est que l’auteur est conscient d’un univers beaucoup plus grand que le texte seul. Beaucoup d’éléments de description, de psychologie, d’histoire, etc. ont été développés par l’auteur sans être insérés dans la version écrite. Ceux-ci restent dans sa mémoire et faussent l’impression que le texte dégage. Il a aussi une idée très précise de son intrigue, qui est souvent très claire pour lui, ce qui lui empêche de détecter confusions, oublis ou même répétitions. Le temps de latence est un outil pour se débarrasser de ces informations et augmenter la qualité de la réécriture....

Ligne directrice

Suivre l’intrigue principale ou la ligne directrice d’un roman en cours d’écriture demande beaucoup de concentration. Pour cela, il faut éviter les distractions, par exemple : — trop développer les intrigues secondaires ou même tertiaires, — élaborer les descriptions de personnages avec une multitude d’informations sans liens avec les intrigues principales et secondaires, — multiplier les digressions et les parenthèses, — écrire sans savoir quelle place (importance, but, objectif) un segment aura dans le récit, — etc. Il existe différentes façons pour ne pas se casser la tête avec la ligne directrice : 1- Ne pas en avoir au départ et la découvrir après la relecture du premier jet, puis faire la réécriture en conséquence. 2- Écrire tout le texte dans un temps relativement court afin de garder en tête toutes les informations utiles. 3- Utiliser l’écriture pour développer et conserver la ligne directrice : — avec des descriptions de personnages, de lieux, — avec des listes d’actions, de p...

Exercice littéraire (4)

Cet exercice nous oblige à réfléchir pendant la construction de notre texte. Il nous oblige à être toujours vigilants. Il provoque chez nous une forme de concentration active que l’habitude et la routine ont tendance à faire diminuer. Il s’agit donc d’un exercice d’échauffement qui, effectué avant une réécriture ou une correction, nous aide à « voir » les détails, à lire sans nous laisser dominer par l’impression de déjà vu, à rester concentrés sur notre tâche. La censure : 1- Choisir un sujet. 2- Établir un champ lexical : noms, adjectifs, verbes, adverbes, etc. ayant trait au sujet. 3- Raturer, au hasard, entre la moitié des mots. 4- Écrire un texte sur le sujet en n’utilisant aucun des mots biffés. 5- Écrire un deuxième texte en n’employant que les mots barrés. Pour varier le niveau de difficulté : – augmenter ou diminuer la proportion de mots raturés, – utiliser une proportion déterminée de mots non censurés. – augmenter la longueur ou la complexité du texte. Caroline

Dessiner pour faciliter et enrichir les descriptions

Même s’il est préférable d’utiliser des références aux cinq sens dans les descriptions, il ne faut pas se cacher qu’il s’agit souvent de rendre accessible des informations visuelles. Rendre l’objet à décrire (lieu, personnage, action, etc.) plus concret par un dessin, un plan, un schéma ou autre peut nous faciliter la tâche de différentes façons :             1- en nous obligeant à élaborer l’objet à décrire,             2- en nous mettant sous les yeux les lacunes de nos descriptions,             3- en nous rappelant rapidement nos descriptions précédentes,             4- en nous aidant à occuper pleinement les lieux (notamment pour les actions),             5- en nous faisant mieux visualiser l’espace disponib...

Le schéma actanciel

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Le schéma actanciel, en comparaison au schéma narratif , permet de distinguer les rôles et les relations entre les actants d’un récit en les classifiant selon six catégories réparties sur trois axes. Voici une représentation visuelle du schéma actanciel : L’axe du désir/vouloir Un sujet poursuit la quête d’un objet. Généralement, le sujet est un personnage qui a ou à qui on donne un objectif à atteindre (l’objet). Cet objectif peut prendre la forme d’un objet à acquérir (le médaillon de la déesse Océoria), d’une action à poser (délivrer la demoiselle en détresse), d’une valeur à défendre (la justice), d’une qualité à prouver (sa bravoure, son courage, sa ruse), etc. L’axe de la communication/transmission Le destinateur est ce qui pousse le sujet à atteindre son objectif (la déesse Océoria, l’intrépidité, l’amour), alors que le destinataire est ce qui bénéficiera de l’atteinte de cet objectif (la demoiselle délivrée, le sujet lui-même). L’axe du pouvoir Tout ce qui aide le suj...

Faire le tri

Une recherche bien menée peut nous amener des informations en quantité si importante qu’elles rempliraient facilement plus d’espace que notre texte en entier. Il est alors clair que nous ne pourrons pas toutes les utiliser. Mais, peu importe le volume de renseignements trouvés, il faudra faire le tri. Une information, aussi courte soit-elle, pourra être pertinente pour un domaine donné sans l’être nécessairement pour notre intrigue. Il faut considérer son intérêt, non pas pour sa valeur informative, mais pour celle stylistique et utilitaire. Apporte-t-elle une touche de vérité au texte (description, parole, action, etc.) ? Donne-t-elle une touche de réalisme à l’intrigue (informations nécessaires à la compréhension) ? Aussi, la façon dont un élément est inséré dans un texte aura un impact sur son degré de précision. Par exemple, si l’information est donnée par un spécialiste ou un professeur, elle pourra être très précise et détaillée, surtout s’ils le font dans le cadre d’un cours ou ...

Le plan parallèle

Le sujet, l’angle, l’approche Ce plan sert à nourrir notre réflexion afin de mieux définir ce qu’on a envie de raconter. Il n’est bien sûr pas essentiel pour écrire, mais il aide à rentabiliser son temps et son écriture. Le sujet (aussi appelé thème), c’est large, très large même (par exemple, le commerce, la guerre, la science, l’amour, le hockey). Il est possible de regrouper sous un même sujet des récits très divers et très nombreux. Des textes différents tant au niveau de la forme, du style, du genre littéraire, de l’intrigue, des personnages que de tout ce qui fait une histoire peuvent être issus d’un même sujet. Définir son sujet, c’est une bonne piste de départ à notre réflexion sur notre texte en chantier. Mais, pour écrire, il faut plus. L’angle, c’est l’endroit par où nous regarderions le sujet s’il était en trois dimensions. Puisqu’il est impossible de tout écrire ce qu’il y a à dire sur un sujet dans une même histoire, il faut choisir. Déjà, c’est pl...

Faire des recherches

Les recherches font généralement partie intégrante de tout processus de création, l’écriture y compris. Quelques fois, elles prennent une importance (et un temps) incroyable. Certains écrivains voudront faire toutes leurs recherches avant d’écrire le premier mot de l’histoire. Vous conviendrez par contre qu’on puisse parfois être surpris par la tournure que prend le récit, ce qui vous obligera alors à ajuster le tir.  Voici une liste de raisons pour lesquelles on voudrait faire des recherches dans un projet d’écriture : Mieux décrire les lieux où se déroule l’action; En apprendre davantage sur la faune et la flore que devraient rencontrer nos personnages en de tels lieux; Maîtriser l’histoire d’un pays, d’une époque, d’une communauté lorsqu’ils entrent en jeu dans notre récit; Décrire à son meilleur une technique qu’utilise un personnage; Connaître les différents aspects d’une passion, d’un hobby que l’on attribue à un personnage; Trouver une solution pour une impasse où s...

Écrire à deux / Écrire à quatre mains / Collaborer

L’écriture est souvent perçue comme une activité solitaire. L’écrivain a une idée de récit, une histoire qu’il porte en lui et élabore, invente, peaufine dans sa tête. Puis vient le jour où il s’assoit devant son clavier ou sa feuille blanche et rédige. Longtemps après, le point final est enfin posé, l’histoire est complète. Tout s’est fait dans la solitude. Dans la réalité, vous et moi le savons, un écrivain partage ses idées avec les amis, soumet quelques passages à la lecture critique d’un allié, demande conseil à un autre écrivain, à un professeur peut-être, à son éditeur si leur relation le permet. Quelques fois, l’écrivain fera le teste d’une blague formulée par un de ses personnages dans une conversation avec des collègues de travail, ou s’inspirera d’un fait vécu, d’une anecdote racontée par autrui, d’un événement auquel il a assisté, d’un fait divers lu dans le journal, etc. Et, il y a ceux qui écrivent à deux. Il existe plusieurs exemples d’écriture en collaboration. D’ailleu...

Le schéma narratif

Le schéma narratif permet de retracer le déroulement d’un récit, de lister les étapes clés de l’histoire. Il comporte cinq éléments : Situation initiale ou incipit : on met le(s) héros en contexte. La situation est stable. Élément déclencheur /évènement perturbateur  : l’équilibre est rompu, un élément vient modifier l’état actuel des choses. Le(s) héros sont lancés sur une quête. Déroulement ou péripéties  : l’ensemble des actions posées par le(s) héros pour rétablir l’équilibre ou résoudre la quête. Élément de résolution ou dénouement  : on met fin aux péripéties, le(s) héros cessent leur quête (que ce soit parce qu’ils ont atteint leur but ou parce qu’ils ne pourront jamais l’atteindre). Situation finale  : retour à la stabilité ou à l’équilibre, bien que la situation soit différente de celle du début. Quelle utilité? On peut vouloir mettre sur papier le schéma narratif d’un récit avant d’entamer sa rédaction et ainsi s’en servir comme plan de travail. ...

Le syndrome de la page blanche (astuce #4)

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La panne d’inspiration : la galère des écrivains! Pas de panique, il existe des moyens pour redémarrer le moteur Imagination. Continuons aujourd’hui notre série d’astuces pour vaincre le syndrome de la page blanche. Retrouver son cœur d’enfant « Maman, ton lit est un bateau et tout autour, c’est de l’eau! Attention de ne pas tomber! — Hein? Euh… ok! Tiens, prends mon oreiller, ça sera ton gilet de sauvetage. — Oh non! Des crocodiles! Ils vont manger mes orteils… — Vite, demande à ton toutou (un lapin rose tout mignon) de les faire fuir avec son super pouvoir! » Je suis personnellement continuellement étonnée par l’imagination débordante dont font preuve les enfants, pas vous? À croire qu’il n’y a aucune limite à la créativité durant les années d’enfance… Si vous avez des enfants dans votre entourage immédiat alors qu’une panne d’inspiration vous assaille, gâtez-vous : soyez complice de leurs jeux. Vous serez surpris de tout ce qui peut sortir de la tête de ces « petites bêtes-...

Le syndrome de la page blanche (astuce #3)

Vous l’avez deviné avec ce titre : je poursuis avec mes petits trucs pour dépanner l’écrivain lorsque l’inspiration a pris la fuite. C’est parti pour l’astuce #3 : Goûter le brouhaha de la vie             À l’opposé de certains écrivains qui ont besoin de calme et de solitude pour voir surgir l’inspiration ( voir l’astuce#2 à ce sujet ), d’autres sont plutôt attirés par l’activité, le bruit et la frénésie. Ils rencontrent les amis, vont au concert, sortent danser, participent aux conversations, fréquentent les bars ou les marchés publics, etc. Pour eux, l’inspiration est à chaque coin de rue, dans chaque rencontre, dans les moindres choses du quotidien. D’ailleurs, ils trimballent très souvent un petit calepin et un crayon où ils notent les idées dès qu’elles surviennent. À défaut, la serviette de table où le napperon taché de sauce du restaurant peut aussi faire l’affaire...        ...

Bien démarrer un récit

Que vous rédigiez une courte nouvelle ou une série de plusieurs romans, vous connaissez l’importance que les premières phrases de votre récit ont sur l’intérêt du lecteur. Vous souhaitez ainsi que ce début soit accrocheur, mais aussi, qu’il soit à l’image du reste du récit, qu’il donne le ton. Un bon début permettra au lecteur de se situer : il mettra en place le ou les personnages principaux, le lieu, l’époque et la situation de départ. L’erreur qui est souvent commise est d’entamer le récit par une longue description de ces éléments, ce qui entache le style et peut être ennuyeux pour le lecteur. La solution passe par une description active , c’est-à-dire en plongeant vos personnages dans l’action dès la première phrase, tout en insérant judicieusement des informations sur le lieu, l’époque, les traits physiques ou de caractère de vos personnages, etc. Vous serez peut-être aussi tenté de commencer votre récit par un dialogue puisque que ceux-ci ont la réputation d’ajouter du dynamisme...

Le syndrome de la page blanche (astuce #2)

Comme je l’ai déjà annoncé, je souhaite partager de temps à autre quelques astuces pour aider l’écrivain en panne d’inspiration. Alors voici l’astuce #2 : Être zen Le terme « zen » aurait pour origine le mot chinois « chan », qui signifie « méditation ». La méditation est quant à elle « une pratique visant à produire la paix intérieure, la vacuité de l'esprit, des états de conscience modifiés ou l'apaisement progressif du mental, voire une simple relaxation. » 1 Être zen peut ainsi être interprété comme avoir l'esprit en paix. Mais qu’en est-il de l’écrivain victime du syndrome de la page blanche ? Notons simplement que certains écrivains ont besoin de retrouver la paix intérieure pour rencontrer l’inspiration. Ils pratiquent par exemple le yoga, s’adonnent à des activités sportives ou à des exercices de respiration, s’offrent un massage ou se promènent en forêt pour reconnecter avec Dame Nature. À mon sens, il y a deux avantages à ces activités zen pour l’écrivain à la r...