lundi 25 janvier 2016

Type psychologique de personnage (11)

Le plaignant
Un personnage plaignant trouve toujours quelque chose à redire et il communique principalement à l'aide de plaintes. Ces dernières sont des affirmations utilisées dans un mode offensif contre des expériences perçues comme étant injustes. Par opposition, les constations sont des affirmations neutres utilisées à titre indicatif (et non punitif) pour informer un interlocuteur.


Cinq raisons pour lesquelles on se plaint selon la psychologue Robin Kowalski :

Recevoir de l'attention :
— Dans ce cas, les plaintes sont un outils pour entrer en relation, pour entamer une conversation. Une fois la relation établie, le plaignant a la sensation de faire partie d'un groupe et d'être en sécurité. Les sujets principaux de ce genre de plaintes sont le climat, le travail, le partenaire de vie, les enfants, l'économie et les équipes sportives locales.

Occulter sa responsabilité :
— Ces plaintes sont un argumentaire entièrement dédié à prouver qu'il n'existe pas de solution ou que s'il en existe une, elle n'est pas de leur ressort. La faute est toujours celle de quelqu'un d'autre (parent, ami, collègue, enfant, société, gouvernement, etc.) ou de quelque chose hors de leur contrôle (temps, chance, éducation, destin, etc.). Les pistes de solutions proposées, toujours accueillies par des mais, tu ne comprends pas, des oui, mais ou des si seulement.

Générer de l'envie :
— Ou pour se vanter. Le type principal de ce genre de plaintes est le commérage. Le plaignant se plaint de l'autre pour qu'on en conclut qu'il n'est pas comme l'autre (Les gens ne savent pas conduire sous-entend par opposition à moi. Mon patron est un imbécile sous-entend si j'étais à sa place tout irait mieux. Etc.).

Nourrir son pouvoir :
— Dans ce cas, les plaintes sont des tentatives d'amadouer les autres pour les influencer à penser d'une certaine manière, d'une certaine manière qui sert les intérêts du plaignant en recrutant du soutien contre un rival.

Excuser sa piètre performance.
— Contrairement aux plaintes formulées pour occulter sa responsabilité, celles qui servent à excuser une piètre performance ne servent pas à justifier son inaction, mais à se justifier pour une action passée.


Caroline

lundi 18 janvier 2016

Schéma narratif : événement perturbateur

L'évènement perturbateur ou élément déclencheur est la deuxième partie du schéma narratif. C'est un changement fondamental qui mène à l'intrigue principale, c'est lui qui provoque la quête ou la mission du héros. Tout comme la situation initiale, il peut être raconté de façon rétrospective lorsque le récit débute à l'étape des péripéties. Il peut s'agir d'un événement simple ou d'une accumulation d'évènements. Par exemple, un personnage qui vit un deuil, une rupture amoureuse, une trahison amicale et une perte d'emploi dans un court laps de temps réagira différemment que s'il ne subissait qu'une de ces pertes. L'évènement perturbateur comprend donc l'ensemble de ces pertes.


Pour que le lecteur croit à la quête, l'évènement perturbateur doit avoir une résonance émotive pour les personnages. Si ce n'est pas pour le personnage principal (ou le héros), cela doit l'être pour au moins un groupe ou un personnage. Il faut qu'il y ait au moins quelqu'un quelque part qui ait un intérêt (une motivation) à ce que la quête soit entreprise. Cet intérêt prend généralement sa source dans une émotion ou une valeur. L'évènement perturbateur gagne donc à être choisi et présenté avec soin.


Caroline Simard

lundi 11 janvier 2016

Type psychologique de personnages (10)

Le nihilisme existentiel :
La vie n'a pas de sens ou de but en elle-même, c'est à chacun de choisir le sens qu'il veut lui donner. Il n'y a pas d'autorité morale absolue, ce qui permet à chaque individu de définir et d'affirmer sa propre moralité à travers ses actions. Pour que la vie ait un sens, il faut agir en fonction du sens qu'on veut lui donner. Cette philosophie nie toutes les autorités morales ou les hiérarchies de valeurs. À l'inverse, elle prône le relativisme moral.


Le personnage qui a une philosophie de nihilisme existentiel peut :
— avoir un tempérament indépendant,
— être un défenseur acharné de la liberté de choix,
— ne pas se sentir d'obligation à respecter une règle dont il ne comprend pas le sens,
— avoir un sens du bien et du mal différent de celui généralement admis par la justice ou par la société,
— être en désaccord avec une autorité morale (religion, gouvernementale, culturelle, etc.),
— avoir un entourage hétéroclite,
— être à la recherche du sens de sa (et non de la) vie ou l'avoir trouvé et le mettre au centre de ses actions,
— avoir des objectifs personnels différents de ceux stéréotypés par les médias, la publicité ou autres,
— mettre un point d'honneur à agir selon ses valeurs peu importe l'opposition ou les conséquences,
— être très critique à l'égard des personnages ou des institutions qui veulent imposer leurs valeurs aux autres,
— insupporter l'autorité, surtout si le personnage qui la représente est très directif,
— se sentir peu impliqué dans des projets sociaux ou communautaires s'ils ne correspondent pas à ses valeurs ou, à l'inverse, très impliqué s'ils correspondent à ses valeurs ou à celles d'une personne très proche dans son entourage ou d'une personne qu'il considère comme ayant choisi librement le sens de sa vie,
— mal supporter les interdictions ou les obligations,
— etc.


Contrairement à d'autres types psychologiques, ce personnage ne rejette pas les gens qui ont un système de valeurs différent, ce qui l'intéresse c'est le pourquoi du choix d'une valeur et non pas son contenu. Le choix personnel, basé sur l'expérience vécue ou observée, et la réflexion, lui semblent l'approche la plus libre et donc, la plus digne de respect. Comme il ne veut ni qu'on lui impose ses valeurs ni imposer les siennes aux autres, il peut arriver qu'il défende un point de vue qui n'est pas le sien en geste de solidarité pour un personnage qui est important pour lui et pour qui ce point de vue est capital.


Caroline

lundi 4 janvier 2016

Schéma narratif : situation initiale

La situation initiale est la première partie du schéma narratif. C'est un état d'équilibre, mais pas nécessairement un état statique. Car l'équilibre proposé est celui du récit et non pas celui de la vie des personnages. C'est-à-dire que les personnages peuvent y vivre des émotions fortes, des conflits, des rapprochement, etc. Les intrigues secondaires peuvent être déjà amorcée, mais pas l'intrigue principale qui est celle qui brise l'état d'équilibre proposé par le récit.

Cette situation précise le contexte dans lequel se déroulera l'action : le lieu, le temps, les personnages impliqués, leurs rôles et interactions, etc. Cette étape est la première opportunité — et parfois la seule — pour l'auteur de créer un lien d'attachement entre le lecteur et les personnages. Elle n'est jamais complètement sautée, même si elle le semble parfois. Dans les récits qui proposent l'évènement perturbateur ou la première péripétie comme entrée en matière, la situation initiale se retrouve entremêlée à l'un ou à l'autre selon le cas. Le contexte étant essentiel à la bonne compréhension du récit, il doit donc en faire partie.


Caroline