mardi 27 janvier 2015

Les différents types de lieux

Un lieu peut être anodin : pour certaines lignes d’action, il importe peu qu’une conversation ait lieu dans le salon ou dans la cuisine. Il peut être un soutien essentiel à l’histoire si un personnage doit se rendre à un lieu en particulier pour évoluer ou faire progresser l’action. Il peut aussi être central. Dans ce cas, il sera le moteur qui maintiendra l’histoire en mouvement en lui fournissant péripéties et retournements de situation. Ainsi, dépendamment de ce que nous voulons raconter, le choix des lieux peut demander plus ou moins de réflexion ou de description.

Voici une classification en cinq types de lieux :

— Commun :
Lieu familier. C’est le type de lieux qui a le moins besoin de description. Souvent les caractéristiques mentionnées serviront à la description d’autre chose comme le personnage qui y vit, une époque, une partie de la société, ou elles seront le support d’idées, de stéréotypes, de jugements du narrateur ou d’un personnage.

— Réel :
Lieu qui existe ou qui pourrait exister dans la réalité, même s’il n’est pas familier. Par exemple, un palais est un lieu réel, mais peu de lecteurs le trouveront commun. Si c’est un lieu qui existe réellement, mais sans être familier, une recherche peut s’avérer nécessaire pour bonifier sa description.

— Imaginaire :
Lieu qui ne pourrait pas exister dans la réalité et qui a été imaginé par l’auteur ou par une mythologie. Il comporte des éléments qui déjouent les lois scientifiques, des anachronismes, des extrapolations d’objets réels, etc. La description du lieu devient essentielle pour que le lecteur puisse suivre l’histoire. Ainsi, l’antre d’un magicien pourrait être un lieu de type réel ou imaginaire selon ses caractéristiques.

— Exotique :
Lieu qui existe ou qui pourrait exister, mais qui est nouveau pour les personnages (principaux) ou, au moins, différent des lieux qui leur sont habituels.

— Vierge (inédit) :
Lieu d’où les humains ont été complètement absents pendant une période plus ou moins longue : quelques années ou depuis toujours. L’important est que pendant cette période le lieu ait retrouvé un état « sauvage » ou à tout le moins un état qui présente des éléments surprenants et déroutants.


Dans une même histoire, il arrive qu’un même lieu soit perçu différemment par les personnages. Par exemple, un lieu peut être exotique pour Bob et commun pour Tom, la description doit alors tenir compte du point de vue. Tom ne s’émerveillera pas de ce qui se trouve dans le lieu, même s’il peut l’apprécier ou éprouver un sentiment de « chez-soi » agréable. Bob, lui, ne sait pas à quoi s’attendre, il sera donc probablement surpris et aura tendance à observer le lieu, même s’il ne s’en émerveille pas.

Aussi, un lieu pourrait être exotique pour le lecteur et commun pour les personnages ou vice-versa. Il pourrait aussi appartenir à deux catégories pour les personnages et pour le lecteur. Ainsi, un lieu vierge et commun pourrait être une ville fantôme.

Évidemment, il est fréquent qu’une histoire comporte plus d’un type de lieux.

Caroline

mardi 20 janvier 2015

Type psychologique de personnage (1)

L’hédonisme philosophique :

Celui-ci affirme que la recherche du plaisir sous-tend le choix des actions humaines. Par exemple, les buts ne sont pas recherchés pour eux-mêmes, mais pour le plaisir qu’ils peuvent nous apporter. Pour cette philosophie, la recherche de plaisir et l’évitement de la souffrance sont la meilleure raison morale d’agir.

S’inspirer de l’hédonisme dans la conception d’un personnage peut amener à différents résultats dont les principaux sont :

— L’hédonisme extrême : le personnage croit à cette philosophie sans limites, sans nuances et sans remises en question. C’est un être qui peut appliquer ce principe de façon individuelle en ne pensant qu’à lui ou, au contraire, se sentir porteur d’une vérité et vouloir la partager avec tout le monde. Mais, dans tous les cas, ses actions sont sans demi-mesure, et il ne tient compte d’aucune autre préoccupation.

— L’hédonisme mesuré : le personnage croit à la beauté de cette philosophie. En fait, il croit plus à la beauté du bonheur partagé et agit de façon à développer un contexte permettant à celui-ci d’émerger dans le monde (par exemple, Patch Adams dans le film Docteur Patch représente ce type d’hédonisme). Ce n’est pas une recherche du plaisir pour le plaisir, mais pour rendre les vertus du plaisir accessibles à tous.

— L’antihédonisme : le personnage ne croit pas aux vertus du plaisir. Il croit que celui-ci n’est qu’une perte de temps ou l’apanage des fainéants. Il oppose fermement plaisir et raison. Il a une idée de la morale qui s’approche du devoir, un devoir basé sur un raisonnement logique et non sur l’empathie, la compassion ou une autre émotion.


Évidemment dans une histoire, il y a généralement plusieurs personnages, et c’est le clash (ou les ressemblances) entre les différences psychologiques qui jetteront une des bases principales des intrigues.

Caroline

lundi 12 janvier 2015

Estimer la longueur finale d’un texte

Déterminer la longueur approximative que le texte aura dans sa forme finale peut être un atout dans la planification du travail d’écriture, mais aussi un moyen efficace d’analyser la progression du premier jet. Cela peut aussi nous aider à choisir le style du projet, complexifier ou simplifier une intrigue si cela s’avère nécessaire pour atteindre un objectif (en nombre de mots).

En tenant compte de notre plan et de quelques autres questions, il est possible d’estimer cette longueur avant de commencer à écrire proprement dit et d’ainsi diminuer le travail de reconstruction de l’intrigue après coup.


Les éléments à prendre en compte :


Identification
de la situation initiale
                                                  Écart entre
Identification                                         les deux
de la situation finale

                             +
 Style
    +
 Nombre de personnages
     +
 Intrigues secondaires
     =
Longueur approximative du texte


Écart entre la situation initiale et la situation finale :
Cet écart se calcule à l’aide d’un plan standard ou d'un schémanarratif. Plus l’écart sera grand, plus il y aura de péripéties pour passer de l’un à l’autre, plus le texte sera long.

Style :
Le style comprend le type d’écriture choisi et l’organisation interne du texte. La description narrative sera-t-elle concise ou élaborée ? Les descriptions de lieux et de personnages très précises ou plutôt générales ? Y a-t-il beaucoup ou peu d’informations à fournir au lecteur ? L’histoire comportera-t-elle des ellipses ou sera-t-elle racontée en détail ? 

Nombre de personnages :
Le nombre de personnages influe sur la longueur d’un texte, cela prendra plus de place (en nombre de mots) pour décrire quatre personnages plutôt que deux, pour faire agir sept personnages plutôt que quatre. Plus de personnage, c’est peut-être aussi plus d’intrigues secondaires.

Intrigues secondaires :
Le nombre d’intrigues secondaires ainsi que leur complexité influence la longueur d’un texte. Il faut aussi déterminer si les intrigues secondaires s’intégreront aux péripéties de l’intrigue principale (dans ce cas, elles nécessiteront moins d’espace) ou feront l’objet de scènes à part (ce qui allonge le texte).


Évidemment, tous ces facteurs ne sont pas toujours faciles à prendre en compte. Toutefois, avec la pratique, ce calcul peut s’avérer être un outil utile améliorer notre capacité à construire des intrigues et à les mettre en mots.  



Caroline

lundi 5 janvier 2015

L’ANEL

En 1992, l’Association des éditeurs et la Société des éditeurs de manuels scolaires du Québec fusionnent afin de créer l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui compte aujourd’hui près de 100 maisons d’édition membres. Ces maisons d’édition se situent au Québec, en Ontario, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick.

La mission de l’ANEL est de soutenir la croissance de l’industrie de l’édition et d’assurer le rayonnement de la littérature québécoise et canadienne française, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Six objectifs ont été définis :
  1. Soutenir le développement d’une édition nationale de langue française et en favoriser la promotion et la diffusion.
  2. Étudier et défendre les intérêts tant généraux que politiques et économiques de ses membres.
  3. Étudier toute question relative à la profession et diffuser l’information auprès de ses membres;
  4. Contribuer à la promotion de la lecture et à l’utilisation du livre comme outil essentiel du développement de la personne;
  5. Établir entre ses membres des rapports de confraternité.
  6. Défendre la liberté d’expression et le droit d’auteur.*
Pour remplir sa mission, l’ANEL se divise en plusieurs comités et délégations, chacun menant à bien une diversité de projets. Un premier comité est celui de Québec Édition, qui coordonne la tenue de stands collectifs dans plus d’une dizaine de foires et salons du livre à travers le monde. En 2014, ce comité a également lancé le programme Rendez-vous, dont l’objectif est d’inviter annuellement des professionnels de divers pays intéressés à faire l’acquisition des droits d’œuvres francophones canadiennes et de leur faire découvrir la vitalité de l’édition d’ici. Ce programme inclut un volet de soutien aux éditeurs, offrant des mentorats pour les moins expérimentés sur les marchés internationaux, un atelier gratuit portant sur la cession de droits et un guide sur le contrat de licence de publication d’une œuvre à l’étranger. Enfin, ce comité organise aussi des missions commerciales pour explorer et percer de nouveaux marchés.

Un autre comité-phare de l’ANEL est celui de la formation, des services aux membres et du mentorat, qui gère entre autres le programme de perfectionnement professionnel. Ce programme se compose d’ateliers, de webinaires, de rencontres et d’un colloque abordant diverses facettes de la profession d’éditeur : gestion, production, marketing, exportation, etc. Ce comité octroie aussi de l’aide financière aux éditeurs désirant participer à des formations offertes par d’autres institutions ou ayant recours aux services d’un formateur qui se déplace en entreprise. Une liste d’institutions offrant des formations sur les métiers de l’édition est disponible sur le site de l’ANEL.

Le comité de promotion du livre est, quant à lui, responsable de la création de la revue Collections, publiée six fois par année. Cette revue s’adresse aux bibliothèques publiques du Québec et vise à faciliter le développement des collections et la création d’activités en leur sein. C’est aussi grâce à ce comité que la série Parfum de livre a vu le jour. Il s’agit de vidéos proposant une incursion dans différents aspects du monde de l’édition, disponibles sur La Fabrique culturelle, la nouvelle plateforme web de Télé-Québec. Pour l’année à venir, notons que le comité a dans sa valise à projets celui de concevoir une application cellulaire permettant aux utilisateurs de créer facilement des listes de lecture.

Parmi les autres accomplissements et charges de l’ANEL, il y a :
  • la coordination de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (JMLDA);
  • l’administration du Programme de promotion dans les médias imprimés pour le compte du Conseil des Arts du Canada;
  • la participation à la remise des Prix littéraires des enseignants de français, dont l’objectif est de stimuler l’intérêt des enseignants pour les œuvres littéraires d’ici et, par ricochet, de les faire connaître et apprécier par leurs élèves;
  • l’inauguration et la gestion de l’Entrepôt de livres numériques ANEL-De Marque, le plus grand espace virtuel dédié à l'entreposage et à la gestion de livres numériques représentant la production éditoriale francophone au Québec et au Canada;
  • membre fondateur et membre du conseil d’administration de la Banque de titres de langue française (BTLF) et de la Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction (Copibec);
  • la participation constante à la Table de concertation interprofessionnelle du livre;
  • la mise en place d’activités de recherche, d’enquête, de sondage et de veille informationnelle, dont les résultats sont présentés dans le bulletin FORUM-ÉDITION réservé aux membres de l’ANEL;
  • beaucoup plus encore.

 Pour un auteur, le site web de l’ANEL constitue une source importante d’information :
  • le répertoire de ses membres offre, pour chacune des maisons d’édition membres, une courte présentation expliquant ses champs d’expertise, les coordonnées complètes si disponibles (incluant les noms des personnes-ressources), le lien vers son site web, le nom de ses distributeurs, le nombre de titres publiés annuellement et le nombre total de titres à son catalogue, etc.;
  • une liste d’événements et activités littéraires, avec liens vers les sites web concernés;
  • une section complète sur l’histoire du livre et de l'édition au Québec;
  • etc.


Karine