mardi 28 octobre 2014

Ligne directrice

Suivre l’intrigue principale ou la ligne directrice d’un roman en cours d’écriture demande beaucoup de concentration. Pour cela, il faut éviter les distractions, par exemple :

— trop développer les intrigues secondaires ou même tertiaires,
— élaborer les descriptions de personnages avec une multitude d’informations sans liens avec les intrigues principales et secondaires,
— multiplier les digressions et les parenthèses,
— écrire sans savoir quelle place (importance, but, objectif) un segment aura dans le récit,
— etc.

Il existe différentes façons pour ne pas se casser la tête avec la ligne directrice :

1- Ne pas en avoir au départ et la découvrir après la relecture du premier jet, puis faire la réécriture en conséquence.

2- Écrire tout le texte dans un temps relativement court afin de garder en tête toutes les informations utiles.

3- Utiliser l’écriture pour développer et conserver la ligne directrice :
— avec des descriptions de personnages, de lieux,
— avec des listes d’actions, de péripéties ou d’obstacles possibles,
— avec des schémas et des plans,
— avec des titres de travail pour les chapitres — chaque titre renferme l’idée ou l’action à développer dans le chapitre, il pourra être changé par la suite,
— etc.


Chaque façon comporte ses avantages et ses inconvénients. Afin de maximiser la qualité de notre écriture et favoriser notre motivation, il faut réfléchir à chacune d’elles. Puis, déterminer celle qui nous convient le mieux. Mais, évidemment, il existe plus de trois façons de s’organiser. En trouvant la nôtre, il nous sera plus facile de conserver notre motivation, de rester efficaces et concentrés sur notre texte et d’organiser notre récit.

Caroline

lundi 20 octobre 2014

La logique interne

Pour être vraisemblable, une histoire doit s’élaborer autour d’une logique interne forte.

Mais qu’est-ce qu’est exactement la logique?

«La logique est l’analyse et l’évaluation des arguments. Un argument est une tentative d’avancer un point de vue en apportant des raisons pour les défendre. Les raisons sont les prémisses. Le point de vue que l’on défend est la conclusion. Un argument est la base d’une inférence qui mène des prémisses à la conclusion.* »

Dans une histoire ou un récit, les arguments sont les actions, les lignes de pensée des personnages, les évènements auxquels font face les personnages. L’intrigue principale et les sous-intrigues sont les démonstrations, les inférences qui mènent des prémisses à la conclusion.

Mais, la logique seule peut être insuffisante, pour qu’elle soit forte, il faut s’assurer de la qualité de nos arguments à l’aide des trois critères suivants.

1-La pertinence : Les prémisses doivent être liées directement ou indirectement à la conclusion. Pour déduire une information sur les pommes, des arguments sur les oranges sont inutiles à moins que la démonstration crée un lien entre les pommes et les oranges. Si ce lien permet de «transférer» les arguments des oranges aux pommes, la pertinence peut être rétablie. Si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de pertinence.

2-L’acceptabilité : Celle-ci dépend de leur véracité, de leur probabilité ou de l’intérêt du lecteur à les accepter comme vrais ou probables. Ainsi, il est probable, pour un lecteur, que Merlin débarre une porte avec une formule magique, mais improbable, pour un lecteur, que Tintin fasse de même (sauf évidemment si Tintin dispose d’une astuce réaliste). Un argument faux, improbable ou incohérent peut décréditer tout un raisonnement.

3-La suffisance : La suffisance implique la quantité, la précision, la provenance, mais aussi le contexte. Un écolier de 10 ans aura besoin de moins d’arguments— et ceux-ci pourront être moins précis — qu’un physicien pour être convaincu d’une théorie scientifique qui sort de l’ordinaire.


Sans une édification sur des bases solides, sur des arguments pertinents, acceptables et en nombre suffisant, une histoire ne convaincra pas le lecteur de la réalité de ses conclusions (intermédiaires ou finales).

Caroline

Voir aussi:
La logique étroite
La logique linéaire
La logique large
Réalisme/Vraisemblance

*PICARD, Michael, Ceci n'est pas un livre, leçons de philosophie et jeux d'esprit, éd, Marabout, 2008, p.114.

lundi 6 octobre 2014

Exercice littéraire (4)

Cet exercice nous oblige à réfléchir pendant la construction de notre texte. Il nous oblige à être toujours vigilants. Il provoque chez nous une forme de concentration active que l’habitude et la routine ont tendance à faire diminuer. Il s’agit donc d’un exercice d’échauffement qui, effectué avant une réécriture ou une correction, nous aide à « voir » les détails, à lire sans nous laisser dominer par l’impression de déjà vu, à rester concentrés sur notre tâche.

La censure :

1- Choisir un sujet.
2- Établir un champ lexical : noms, adjectifs, verbes, adverbes, etc. ayant trait au sujet.
3- Raturer, au hasard, entre la moitié des mots.
4- Écrire un texte sur le sujet en n’utilisant aucun des mots biffés.
5- Écrire un deuxième texte en n’employant que les mots barrés.

Pour varier le niveau de difficulté :
– augmenter ou diminuer la proportion de mots raturés,
– utiliser une proportion déterminée de mots non censurés.
– augmenter la longueur ou la complexité du texte.

Caroline