lundi 28 juillet 2014

Le conflit



Il se trouve au cœur de chaque histoire. N’est-il pas l’élément déclencheur du schéma narratif et la quête (résolution du conflit), élément central du schéma actantiel? Autant le conflit pousse les personnages à prendre position par rapport à lui, autant il leur permet d’évoluer. Il détermine le choix de ce qui sera raconté comme il influence les actions et les issues possibles. Plus la résolution d’un conflit comprend d’obstacles, de détours et d’oppositions, plus les personnages devront démontrer leur ingéniosité, leur force, leur complicité, leur ruse, etc.

Les conflits peuvent être de différents types :

1- Personnage contre personnage : deux protagonistes ont un objectif opposé et entrent alors en conflit.

2- Personnage contre lui-même : il peut s’agir d’un choix moral ou éthique à faire, d’un conflit entre deux valeurs très importantes pour le personnage, ou encore d’une quête au cours de laquelle le personnage doit s’améliorer, développer certaines capacités, acquérir de nouvelles connaissances pour atteindre son objectif.

3- Personnage contre le monde (la nature, une entreprise, une idée, etc.) : que ce soit un désastre naturel, une guerre religieuse, une injustice commise par une entité étatique, un vice dans le système de justice en place, un mode de fonctionnement en société qui brime certains droits, etc., ce type de conflit oppose autre chose qu’un personnage au principal protagoniste.

Un conflit peut en appeler un autre; par exemple deux personnages peuvent avoir un conflit entre eux tout en devant s’entraider pour résoudre un conflit contre le monde. Ou encore, il se peut qu’un conflit fasse des p’tits; par exemple, une perte d’emploi peut avoir des conséquences sur tous les domaines de la vie, pas seulement le domaine professionnel.

Le conflit se divise généralement en sous-conflits qui se résolveront progressivement. La résolution d’un sous-conflit peut en amener un autre comme elle peut être la solution à plusieurs autres sous-conflits.

Pour terminer, il ne faut pas oublier que les personnages principaux ne sont pas là que pour subir le conflit, mais surtout le résoudre et évoluer grâce à lui.

Caroline

lundi 21 juillet 2014

Dessiner pour faciliter et enrichir les descriptions

Même s’il est préférable d’utiliser des références aux cinq sens dans les descriptions, il ne faut pas se cacher qu’il s’agit souvent de rendre accessible des informations visuelles. Rendre l’objet à décrire (lieu, personnage, action, etc.) plus concret par un dessin, un plan, un schéma ou autre peut nous faciliter la tâche de différentes façons :

            1- en nous obligeant à élaborer l’objet à décrire,
            2- en nous mettant sous les yeux les lacunes de nos descriptions,
            3- en nous rappelant rapidement nos descriptions précédentes,
            4- en nous aidant à occuper pleinement les lieux (notamment pour les actions),
            5- en nous faisant mieux visualiser l’espace disponible,
            6- en nous évitant certaines erreurs de logique (par exemple, à l’aide d’une carte),
            7- en nous donnant un accès à l’atmosphère des lieux ou à l’impression donnée par les personnages.
            8- etc.


Évidemment, les capacités de dessin varient d’un individu à l’autre, mais même des schémas très sommaires accompagnés de mots peuvent faciliter l’élaboration des descriptions.


Caroline

lundi 14 juillet 2014

Exercice littéraire (3)

La rencontre

1- Choisir deux personnages qui viennent d’histoires différentes. Ce peut être de nos propres textes ou d’autres romans. Plus l’univers des récits et la personnalité des personnages différeront entre les protagonistes choisis, plus le contact sera riche en potentiel d’intrigue.

2- Lire les histoires d’où proviennent les personnages. Prendre quelques notes, pour faire un portrait rapide des personnages et de leur univers.

3- Écrire un récit, un dialogue ou même un moment qui met en scène les personnages choisis. Ceux-ci doivent conserver leurs qualités, leurs défauts et toutes leurs caractéristiques. Par contre, ils peuvent évoluer au contact de l’autre. Il est possible de choisir l’univers d’un des deux personnages pour le nouveau texte, ou un univers complètement différent.


4- Il est aussi possible d’augmenter le nombre de personnages ou celui de sources de départ.



lundi 7 juillet 2014

Le paradoxe ou le dilemme

Paradoxe : Il s’agit d’une affirmation, d’une opinion (ou de la conclusion d’une situation) d’apparence contradictoire ou contraire à l’intuition, mais qui (souvent après démonstration) ne peut être considérée comme fausse. Certaines démonstrations prouvent hors de tout doute que l’affirmation contre-intuitive est vraie, d’autres démontreront que l’affirmation n’est ni vraie ni fausse et qu’il en va de même pour l’affirmation intuitive. Ce sont les plus embêtants.

Dilemme : situation où l’on doit choisir entre deux possibilités comprenant toutes deux des avantages et des inconvénients. Souvent, la décision finale est dictée par une hiérarchisation de nos valeurs.


Si les dilemmes sont d’usage courant autant dans le langage que dans la littérature, les paradoxes sont moins courants (ou en tout cas, moins nommés pour ce qu’ils sont). Mais, ils sont tous deux très utiles pour organiser la structure d’une intrigue, pour donner de la profondeur au récit ou aux personnages et même pour faire évoluer ces trois éléments. Voici un aperçu des possibilités qu'offrent ces deux éléments.


Les paradoxes en actions :
1- créer des effets du destin (par exemple, selon la statistique, il y 0,508 chance (près de ½) que dans un groupe de 23 personnes deux d’entre elles aient la même la date d’anniversaire). C’est assez fréquent dans la réalité pour considérer cela comme un effet de réalisme plutôt qu’un stéréotype et, assez contre intuitif pour que les personnages croient à un signe du destin.
2- Mettre à l’épreuve les personnages (et par la bande, les lecteurs). S’ils arrivent à se démarquer de l’opinion reçue et à convaincre le lecteur du bien-fondé de leur affirmation. Le récit se marquera mieux dans l’esprit du lecteur et son intérêt pour la suite de l’histoire sera augmenté.
3- Créer des situations dont les personnages auront beaucoup de mal à se défaire (au moins du point de vue du lecteur)
4- Souligner le côté paradoxal de certains aspects de la vie. (Par exemple, un temple qui a complètement brûlé peut-il être reconstruit et considéré comme le vrai temple ? Et, s’il y a été réparé et rénové peu à peu jusqu’à ne reste que des matériaux de rénovation et aucun matériau original ? La réponse que les différents personnages donneront à cette énigme peut amener le récit dans diverses directions.)
5- Trouver des solutions qui s’éloignent des stéréotypes et des clichés habituels.


Les dilemmes en actions
1- Créer l’évènement déclencheur ou orienter la progression d’une intrigue.
2- Définir et étoffer la psychologie des personnages.
3- Créer des groupes de personnages qui s’affrontent en mettant en lumière les arguments de chacun en évitant la dichotomie du mal contre le bien, mais en restant plus réaliste sur les choix réels de leur situation.
4- Mettre en lumière des choix ou des conséquences moins connues.
5- Faire évoluer un personnage qui changera son point de vue sur un dilemme après que ses décisions l’aient amené à vivre diverses péripéties.
6- Créer un choix déchirant, autant pour les personnages que le lecteur. (Par exemple, sauver un ami ou poursuivre une quête et sauver une centaine d’inconnus ? Un n’est pas nécessairement meilleur que l’autre, mais le choix révélera un aspect important du personnage)


Explicites ou implicites, les dilemmes et les paradoxes sont le reflet de la façon dont, souvent, les évènements arrivent dans la vraie vie, alors autant ils augmentent le réalisme d’une histoire, autant ils peuvent l’enrichir en mettant les personnages à l’épreuve et en les obligeant à se révéler aux lecteurs.


Caroline