lundi 30 juin 2014

Écrire un scénario catastrophe ou une tragédie

Le scénario catastrophe et la tragédie sont le reflet d’un mode de penser des anxieux. Pour faire court, il s’agit d’une réaction en chaîne d’évènements négatifs qui est poussée jusqu’à une catastrophe finale et irréversible, une apocalypse inévitable. La tragédie finit mal, tout le monde le sait, mais le scénario est le pendant plus optimiste où le (ou les) héros réussisse(nt) à vaincre la catastrophe finale (au moins pour eux).

1- Penser à une situation anxiogène.
La situation initiale peut être déjà grave comme l’arrivée imminente d’un astéroïde ou très banale comme un appel manqué parce que le personnage conduit. Elle est de peu d’importance, puisqu’une tragédie ou un scénario catastrophe peut être extrapolé de n’importe quelle situation.

2- Noter les pensées (peurs) dans l’ordre où elles apparaissent jusqu’à leur paroxysme.
Ces idées constitueront les péripéties et la trame narrative du texte. Nous pouvons noter la suite des conséquences sans plus ou ajouter diverses réactions possibles qui peuvent causer ou amplifier les conséquences.

3- Imaginer des comportements antiproductifs.
Cela devrait être facile puisqu’ils sont nombreux : mauvaise foi sincère, généralisation hâtive, fuite en avant, évitements et échappements, intolérance à l’incertitude, voir la vie de façon dichotomique, double évaluation, conclusion sans preuve, erreurs de logique, etc. Ces comportements nous serviront à définir les personnages qui précipitent les conséquences négatives de la catastrophe annoncée ou qui s’opposent au(x) héros.

4- Imaginer des comportements productifs.
Ils sont aussi nombreux : trouver des alliés, s’intéresser au fonctionnement des choses, connaître les outils et les personnes ressources utiles, prendre des initiatives (parfois controversées), oser le ridicule, s’informer, partager son savoir, fragmenter les problèmes, différencier observation et interprétation, mettre à l’épreuve ses idées, s’exposer, etc. Ces comportements seront utiles pour établir la personnalité du héros (qui combat les faits) et de ses alliés.


Tout ne se résume pas à ces quatre étapes. Il restera encore à cerner la situation exacte, à vous informer sur les différents évènements menant à la catastrophe, à créer des relations entre vos personnages, etc. Toutefois, cela constitue une base de réflexion très utile pour établir un plan préliminaire.


Caroline

lundi 23 juin 2014

Erreurs de vocabulaire (1)

La maîtrise du vocabulaire peut être difficile, surtout qu’il nous arrive souvent d’entendre ou de lire des mots mal utilisés. Voici quelques-uns de ces cas :


Dont/soit :
Ce sont deux éléments qui servent à introduire une énumération, mais ils ne sont pas équivalents. Le premier exprime la partie d’un tout. Avec celui-ci, l’énumération doit être incomplète. Le deuxième marque plutôt l’identité, avec lui, l’énumération doit contenir toutes les possibilités.

Ainsi :
Dans le panier de fruits, il y avait des pommes de différentes couleurs, dont des rouges, des vertes, des jaunes et des brunes.
Donc, il y en avait aussi d’autres couleurs.
Toutefois :
Dans le panier de fruits, il y avait des pommes de différentes couleurs soit des rouges, des vertes, des jaunes et des brunes.
Donc, il n’y avait pas d’autres couleurs que celles-là.


Littéralement :
Cet adverbe signifie au sens propre ou au pied de la lettre. Il ne renforce pas le sens d’une affirmation. Ainsi, si votre personnage est littéralement mort de fatigue, il ne reste plus qu’à assister à son enterrement. Et, s’il est littéralement dans la merde, souhaitons-lui une bonne douche. Mais, s’il marche littéralement sur le trottoir, eh bien, ah bon.

Il existe donc trois possibilités avec ce mot soit deux qui proscrivent son utilisation et une bonne façon de l’employer :

1- Une expression qui ne possède pas de sens figuré :
Évidemment, elle sera toujours à prendre au sens propre, l’adverbe littéralement est donc superflu.

2- Une expression utilisée au sens figuré :
Dans ce cas, l’adverbe contredirait le sens que nous voulons donner à la phrase.

3- Une expression au sens propre (mais qui possède aussi un sens figuré qui pourrait confondre le lecteur) :
Voici exactement, l’utilité de l’adverbe littéralement : nous prémunir contre cette confusion.


Caroline

lundi 16 juin 2014

Les stéréotypes (2)

Nous entendons souvent parler des stéréotypes comme d’une faiblesse de style. C’en est une. Toutefois, nous ne pouvons pas les élimer simplement en évitant certains thèmes, caractéristiques ou types de personnages. Cela est dû autant à leur essence qu’aux besoins de notre récit.

D’abord, il faut savoir qu’ils sont une construction normale du cerveau. Ce sont des raccourcis de la pensée. Ils nous permettent de tirer des conclusions rapidement, surtout, quand le nombre d’informations auxquelles nous avons accès est limité. Par exemple, une première impression est un stéréotype entremêlé d’un jugement de valeur.

Il est donc impossible d’en supprimer un par suppression, il faut le faire par addition. Plus les informations sont disponibles, plus les caractéristiques propres à chacun ou à une situation particulière sont connues, moins les raccourcis de la pensée sont essentiels. Nous avons alors d’autres options.

Ainsi, pour éviter qu’un personnage soit stéréotypé, il faut l’étoffer, lui donner de la consistance, il faut le munir d’une histoire personnelle ou, au moins, d’une touche personnelle. Évidemment, cela sera plus facile à faire avec un personnage principal qu’avec un figurant. Le premier a beaucoup plus d’espace pour s’exprimer que le second. Par conséquent, la subtilité peut être nécessaire pour déstéréotyper un personnage. Il faut trouver un élément (même minuscule) qui ébranle le stéréotype — une sorte de contrepreuve — et la présenter le plus naturellement possible.

Pourquoi les stéréotypes sont-ils si problématiques ? Parce qu’ils rendent les personnages (ou les situations) moins vrais. Le lecteur s’y attache conséquemment plus difficilement et l’émotion du récit passe moins bien. Autrement dit, s’ils permettent de se faire une idée rapide d’une situation ou d’une personne, ils ne donnent pas accès au cas particulier que nous avons sous les yeux. Il faut donc se rappeler que dans la vie comme en littérature tous les cas sont particuliers et c’est la particularité de chaque cas qui est la force d’une histoire.

Caroline

lundi 9 juin 2014

Les marqueurs de relation

Un récit se construit autour de causes à effets, de conséquences, d'objectifs,  d'oppositions, d'ajouts, de concessions, d'explications, de progressions dans le temps et d'autres relations. Les mots de la liste suivante permettent de faire de même avec les phrases.


Caroline

lundi 2 juin 2014

Copibec

Dans le monde littéraire — comme dans bon nombre d’autres domaines artistiques —, il existe une panoplie d’associations et d’organismes aux objectifs variés. Nous avons pensé faire la présentation de certaines organisations québécoises et canadiennes qui comportent un intérêt pour les auteurs…




Copibec

La Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction, que la plupart connaissent sous le nom de Copibec, a été fondée en 1997 par l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) et l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Copibec est une organisation à but non lucratif. Elle a pour mission de gérer, au nom des éditeurs et des auteurs québécois qui lui en ont donné le mandat, les droits de reproduction de leurs œuvres. Grâce à des ententes bilatérales intervenues avec les sociétés de gestion de plusieurs pays, Copibec gère également les droits de reproduction des œuvres étrangères, ainsi que celles publiées au Canada.

Selon l’article 3.(1) de la Loi sur le droit d’auteur :
Le droit d’auteur sur l’œuvre comporte le droit exclusif de produire ou reproduire la totalité ou une partie importante de l’œuvre, sous une forme matérielle quelconque, d’en exécuter ou d’en représenter la totalité ou une partie importante en public et, si l’œuvre n’est pas publiée, d’en publier la totalité ou une partie importante.*

Ainsi, Copibec vient faciliter la tâche aux titulaires de droits (éditeurs et auteurs) en faisant office de guichet unique en matière de gestion du droit de reproduction.

En d’autres termes, Copibec est un intermédiaire entre les personnes qui procèdent, pour toutes sortes de raison, à des reproductions d’œuvres protégées par le droit d’auteur (écoles, entreprises, organismes de tout genre, troupes de théâtre, individus, etc.) et les personnes qui détiennent les droits sur les œuvres reproduites (éditeurs, auteurs, illustrateurs, etc.). Par le biais des nombreuses licences qu’elle accorde, Copibec collecte des sommes pour les reproductions effectuées. Puis, ces sommes sont reversées aux titulaires de droits sous forme de redevances.

Comme auteur, il est avantageux que vos œuvres soient inscrites au répertoire de Copibec et que votre compte d’auteur soit correctement complété (Copibec aura besoin de vos informations personnelles pour émettre un chèque à votre nom, le cas échéant). Généralement, il revient à l’éditeur d’inscrire les titres de son catalogue, mais il existe certains cas où ce sera à l’auteur de le faire (si vous avez publié à compte d’auteur ou si vos droits vous ont été rétrocédés, par exemple). Sachez que Copibec représente à ce jour près de 850 éditeurs québécois de livres, de journaux et de périodiques, et quelque 23 000 auteurs québécois et canadiens.

Si vous écrivez pour des revues ou des journaux, vos articles font probablement partie du répertoire de Copibec, qui en gère par conséquent les droits de reproduction. Vous pourriez recevoir des redevances pour la reproduction de vos textes, notamment si vous avez le statut de pigiste. De même, si vous êtes un créateur des arts visuels (peintre, sculpteur, photographe, illustrateur) et que vos œuvres ont été reproduites dans des journaux, des livres et des revues, vous pourriez être admissibles à certains paiements effectués par Copibec.

Enfin, les employés de Copibec peuvent répondre à plusieurs de vos questionnements en matière de droit d’auteur, sinon ils sauront vous référer au bon endroit.

Karine