lundi 26 mai 2014

Utiliser la dérivation

Puisque les mots de la même famille sont des dérivés les uns des autres, la figure de style qui consiste à en employer plusieurs de façon rapprochée dans un texte s’appelle la dérivation.

Exemples :
— Jean était si altruiste qu’il laissait les autres s’occuper d’autrui.
— À la suite de ma méprise, je me suis reprise devant cette femme qui n’était finalement pas celle dont j’étais éprise.
— Entourées des autres riverains, nous étions assises sur la rive, les yeux rivés sur le bateau à la dérive vers l’autre rivage.
— Autant Jeanne est de bon conseil, autant je vous déconseille d’écouter ceux de Nathan.


Cette proximité de termes permet d’insister sur une idée (par exemple, pour mettre la puce à l’oreille sur une information que les personnages découvriront ou utiliseront plus tard), de renforcer une opposition (lorsque les mots de la même famille sont des antonymes) ou de produire un effet d’écho (phonétique).


Autre figure de style semblable :

Le polyptote : emploi de deux formes du même verbe (donc à des modes et des temps différents) dans une phrase ou dans deux phrases consécutives. Il permet d’insister sur un terme fort surtout si la construction est semblable, de nuancer une idée en la faisant apparaître sous différents points de vue ou de produire un effet d’écho.

Exemple :
Entourés de vos ennemis, vous entouriez à votre tour le trésor des pirates.


Caroline

lundi 19 mai 2014

Utiliser la litote et l’euphémisme

La litote et l’euphémisme sont des figures de style semblables, mais d’intentions contraires. S’il s’agit pour les deux d’atténuer une information, cela se fait dans le but d’en renforcer la signification pour la première et, dans celui de l’atténuer, pour la seconde.

Ainsi la litote, qui dans la plupart des cas consiste à nier quelque chose plutôt que d’affirmer une chose, est surtout utilisée pour mettre de la distance entre notre pensée et sa formulation, insister sur l’intensité d’une idée ou d’un sentiment, établir une complicité avec le lecteur, feindre ou faire preuve de modestie, de prudence ou de politesse.

Cette figure de style se construit la plupart du temps avec l’adverbe ne… pas, avec un verbe de sens négatif ou avec un adverbe affaiblissant le sens de la phrase. Souvent, le contexte permet de mettre en relief la litote et de mieux l’apprécier.

Exemples :
— Ce n’était pas un sot, la preuve se trouvait devant leurs yeux ébahis.
— Il ne faisait pas dans la dentelle.
— Le chien a manqué de courage devant la bête.
— Elle était légèrement désordonnée.


Pour sa part, l’euphémisme, qui est une formulation atténuée pour une réalité qui pourrait être perçue négativement, est utilisé pour déguiser ou masquer une réalité, pour rester en accord avec les convenances, pour atténuer une critique, pour éviter un conflit, pour éviter de se compromettre ou pour rendre plus supportable un aspect désagréable.

Idées ou situations où un euphémisme est susceptible d’être utilisé :
— réalités tristes ou déplaisantes (maladie, mort, problèmes sociaux),
— mots brutaux, grossiers ou indécents ou qui pourraient heurter la morale, la religion ou le pouvoir en place,
— tabous,
— situations qui rendent le personnage, le narrateur ou l’auteur (selon le type d’écrit) mal à l’aise.

Exemples :
— Je ne suis pas contre, mais…
— Il s’est éteint entouré par les siens.
— Son langage ne convenait pas aux oreilles sensibles.

Caroline

lundi 12 mai 2014

Le rôle du personnage principal

Le personnage principal est le moteur de l’intrigue. Sans lui, point d’histoire. Tout le reste, les lieux, les situations, même les personnages secondaires n’existent que pour mettre en valeur ce qu’il a à dire, que pour transmettre son message.

Il doit donc prendre une part active à l’action, l’influencer en prenant des initiatives. Le personnage principal ne peut pas que subir, observer et se laisser porter par les évènements.

Bien sûr, il y a des moments dans le récit où il sera victime, observateur ou décontenancé et, par conséquent, passif. Mais à un moment ou à un autre, il devra apporter quelque chose à l’histoire, avoir un impact sur elle. Ainsi, les épreuves peuvent arriver sans que le personnage principal y soit pour quelque chose. Toutefois, si elles se résolvent toutes (ou presque toutes) de la même façon, sans initiatives ou interventions du personnage principal, il y a lieu de se demander à quoi il sert.

Un personnage principal, c’est un moteur. Tout comme dans une automobile, c’est lui qui donne la puissance, qui fait avancer les choses.

Caroline

lundi 5 mai 2014

Le personnage qui agit à l'encontre de sa personnalité

En général, les personnages doivent agir en accord avec leur personnalité et leurs valeurs. Cela les rend plus vraisemblables. Mais, il arrive que, pour les besoins de l’intrigue, l’un d’eux agisse de façon étonnante ou déroutante. Cela doit être amené avec subtilité pour ne pas causer le décrochage du lecteur.

Voici 6 raisons qui peuvent pousser un personnage à agir à l’encontre de sa personnalité et de ses valeurs :

1. L’importance de l’objet de la quête :
Évidemment, cette importance n’est pas absolue, mais est déterminée par la personnalité et les valeurs du personnage. Ainsi, un parent, qui ne traverserait pas la rue à un feu rouge, pourrait en venir à enfreindre la loi pour aider son enfant malade. À la condition, toutefois, que les autres options aient été écartées. Cela ne peut pas être son premier réflexe. Pour des raisons similaires, un peureux notoire s’élancera au secours d’une personne chère à son cœur.

2. La jalousie, la vengeance ou un autre sentiment provoqué par une situation extrême :
Ces sentiments peuvent pousser un personnage à vouloir (ou à faire) du mal à ceux pour qui, avant cette situation, il ne voulait que du bien. Il peut aussi créer des alliances déroutantes ou poser des gestes qu’il regrettera par la suite.

3. Une insulte ou un pari :
Un personnage peut décider d’agir différemment de son habitude pour prouver (à lui ou aux autres) qu’il ne possède pas un défaut (par exemple, la couardise) ou au contraire qu’il possède une qualité (par exemple, être cool). Une autre raison qui pourrait lui servir de motivation est la possibilité d’impressionner une ou plusieurs personnes qui pourraient lui permettre de réaliser un projet.

4. La désillusion ou le désespoir :
La désillusion (perte d’une croyance souvent à la base d’une valeur) peut amener un personnage à une plus croire en ses valeurs ou en ses alliés habituels. Cette perte de sens peut être temporaire ou mener à un changement radical de valeurs et, des fois, de personnalité.
Le désespoir (perte de l’espoir dans la quête) peut être fatal s’il n’est pas limité dans le temps. Il peut provoquer un abandon ou au contraire être l’initiateur d’une action risquée dont la réussite est à peu près impossible.

5. La ruse :
Un personnage peut faire semblant d’agir d’une certaine façon pour faire croire à son ennemi qu’il est de son côté.

6. La vie :
Le personnage peut aussi tout simplement être changé par la vie, à condition que cela soit graduel.


Évidemment, ces raisons doivent être perceptibles pour le lecteur. Elles doivent être « expliquées » ou au minimum dévoilées. Selon la construction de l’intrigue, cette information peut apparaître avant, pendant ou après l’action.

Caroline