lundi 28 avril 2014

Utiliser l’antanaclase

Cette figure de style est la répétition d’un mot polysémique dont le sens de chaque apparition est différent.
  • Il était convaincu que la qualité d’impression de son rapport ferait bonne impression sur son patron

La reprise peut se faire avec une autre forme du même mot (par exemple, un verbe à l’infinitif et le même verbe conjugué).
  • Georges avait beau regarder les tulipes avec insistance depuis trois heures, ça ne regardait pas sa voisine.

Aussi, dans un dialogue, un mot peut être repris par un autre personnage pour lui donner un sens différent qui l’arrange.

       — Donc, vous admettez que vous étiez le seul maître à bord de ce navire, conclut l’avocat.

       — Mais, je n’étais plus maître de moi-même, se défend le capitaine.



L’antanaclase peut être implicite si le mot polysémique fait l’objet d’une ellipse ou est remplacé par un pronom.
  • Béatrice avait appris à regarder avec les yeux du cœur pour les occasions où les siens ne suffisaient pas.
  • Je révisais mes tables de multiplication sur celle de la cuisine.

Cette figure de style est surtout utilisée pour attirer l’attention sur les différents sens d’un mot, pour imager l’expression d’une idée, créer des effets insolites ou burlesques, ou pour déplacer le sens d’une conversation ou d’un débat à l’avantage d’un des protagonistes.

Caroline

lundi 21 avril 2014

Un an déjà !

Eh oui, L’engrais littéraire célèbre aujourd’hui son premier anniversaire! Comme le temps passe vite… Un an déjà que nous chérissons ce projet, que nous partageons notre passion avec vous, que nous vous lisons.

Avant que ce blogue ne devienne réalité, nous avions demandé à notre entourage de nous donner leur avis. Nous avions alors recueilli des commentaires de toutes sortes. Dans le lot de nos connaissances, un petit « ingénu » nous a transmis, pour seule réponse à nos nombreuses questions, un poème. Avant de laisser place à sa plume inspirée, nous souhaitons remercier chaleureusement cet ami qui s’est fait complice, à sa façon, de nos rêves…


Bonne lecture!

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L’engrais littéraire

Pour que tu pousses enfin, culture nourricière,
Pour que tu fleurisses là où est le désert
Et partout que tu fleurisses, décors de beauté
Tu es vignes de vin et de vent et de volupté

Toi pour qui toute lettre est noblesse
Littérature qui émeut sans cesse
Soit reine cruelle devant peuple endormi
Soit princesse belle devant marmaille ébahie
Soit maîtresse de nos multiples envies
Soit femme des rebelles insoumis

L’engrais qui te poussera plus haut encore
Sera où Racine et autres prendront essor
Pour parcourir des feuilles et des feuilles de mots
Fermenter Heidelberg pour Bacchus et Hugo
Être plante dans laquelle se prend Mistral
Être la fleur rouge et noire de Stendhal
Être la candeur critique de Voltaire
Être les fruits défendus de Darwich
Être Tolstoï entre la paix et la guerre
Être le Zorba de Kazantzakis

Prendre tous ces brouillons de maux
Ouvrir le cœur de la terre
Engraisser des champs d’oiseaux
d’un engrais littéraire.

A. Bachibouzouk

lundi 14 avril 2014

Le champ lexical

Voici un outil plus riche que les familles de mots, les synonymes ou autres lorsqu’il est question de vocabulaire. Pourquoi plus riche ? parce qu’il les regroupe au sein d’un ensemble plus vaste. Un champ lexical comprend l’ensemble des mots que nous pouvons associer à un thème ou, de façon plus générale, à une technique, à une science, à un sport, à un animal, etc.

Prendre le temps de concevoir quelques champs lexicaux (reliés à nos thèmes principaux, à nos personnages, à nos lieux ou mêmes à différents éléments de nos intrigues) peut s’avérer avantageux par la suite, par exemple en
— nous dotant d’une banque de mots justes et précis permettant de nous dépanner (ainsi que de limiter les pertes de temps et d’idées) en cours d’écriture ;
— évitant la prolifération de mots passe-partout comme faire, être, chose ou autre ;
— donnant une crédibilité au narrateur ou aux personnages (le lecteur constate ainsi qu’ils connaissent ce qu’ils sont censés connaître) ;
— facilitant les descriptions et en augmentant la pertinence de ses dernières par l’utilisation des mots justes et des bonnes techniques ;
— nous lançant sur la piste d’une nouvelle péripétie ou d’une figure de style ;
— etc.

Un champ lexical regroupe des mots très différents les uns des autres. Aussi, un peu de débrouillardise est nécessaire pour en construire un. Voici quelques pistes pour vos recherches :
— mots de la même famille ;
— dictionnaire de synonymes et d’antonymes ;
— dictionnaire de cooccurrences ;
— dictionnaire sur notre thème en particulier ;
— lexiques et glossaires d’ouvrages spécialisés,
— amateurs et experts de notre thème ;
— etc.

Il est aussi possible d’élargir ou de forcer un champ lexical avec des mots phonétiquement semblables, avec des préfixes et des suffixes ou avec des analogies.

Caroline

lundi 7 avril 2014

Division en chapitres

Un texte présenté en une seule section (tout d’un bloc) peut paraître rébarbatif pour le lecteur. Si votre projet d’écriture a une certaine ampleur, il est fort à parier que vous voudrez le diviser en chapitres. Cela vous aidera à organiser l’intrigue selon les moments-clés qui la composent. La division en chapitres est donc un outil pour l’auteur, mais aussi pour le lecteur.

Voici quelques questions pour guider votre réflexion sur le sujet :
  • Préférez-vous avoir un très grand nombre de chapitres, ou une petite quantité?
  • Doivent-ils tous être à peu près de la même longueur ou non?
  • Comment choisir le meilleur segment où introduire le début d’un nouveau chapitre?
  • Comment utiliser la division des chapitres pour mettre en valeur le rythme de l’intrigue?
  • Quelle sorte de division permettra de captiver le lecteur au point qu’il n’arrêtera pas sa lecture à la fin d’un chapitre en particulier?
  • Est-ce que la longueur de vos chapitres plaira au type de lecteur que vous souhaitez attirer?
Il n’y a malheureusement pas de règle d’or en la matière. Si on observe le procédé des auteurs tant classiques que contemporains, la division des chapitres varie. Certains, comme Germaine Guèvremont pour Le Survenant, préfèrent des chapitres à la longueur relativement égale et longue. D’autres, comme Anique Poitras pour Le Roman de Sara  et Sauve-moi comme tu m’aimes, optent pour des chapitres courts — très courts même, certains ne tenant que sur une demi-page. D’autres encore, par exemple Victor Hugo ou Stendhal, découpent leurs textes de façon très irrégulière. Ainsi, le choix revient à l’auteur (même si parfois l’éditeur y mettra son grain de sel).

Malgré tout, voici quelques pistes pour vous aider à sectionner votre récit :
  1. Repérez les changements/coupures dans votre texte, tant au niveau du lieu, du temps que du point de vue. Ils sont généralement de bons passages où intégrer le début d’un nouveau chapitre. Par exemple, si votre récit comporte plusieurs personnages qui se trouvent en des lieux différents, vous pourriez utiliser l’alternance entre l’action des uns et des autres pour découper votre texte. Si le point de vue passe d’un personnage à un autre, vous pourriez décider de terminer un chapitre sur une scène et commencer le suivant avec la fin de la même scène, mais vue par un autre personnage. Vous pourriez aussi choisir d’alterner le point de vue de deux personnages, chacun s’exprimant à tour de rôle au fil des chapitres.
  2. Détectez les moments-clés de votre intrigue, là où survient un bouleversement. Ce sont généralement les passages où vous voudrez intégrer du suspens ou un effet de surprise. Idéal pour les fins de chapitre!
  3. Ayez une vue d’ensemble sur votre récit. Vous pourrez alors décider de la meilleure façon de le diviser; ce peut être selon les étapes de l’intrigue (situation initiale, évènement perturbateur, première péripétie, deuxième péripétie, etc.), en fonction des rebondissements qui la découpent (chaque chapitre finit sur un rebondissement, qui sera développer dans le suivant), selon le point de vue des personnages tel qu’expliqué ci-dessus, ou encore en fonction des idées que vous développez.
  4. Travaillez particulièrement les fins de chapitre de manière à attiser la curiosité du lecteur, qui tournera la page vers le prochain chapitre.
Enfin, souvenez-vous qu’une bonne division de votre texte doit en faciliter la compréhension et générer l’envie d’en poursuivre la lecture.

Karine