lundi 31 mars 2014

Les différents types de description

Description topographique :
C’est la description d’un lieu. Par extension, ce peut aussi être celle d’un objet unique. Elle s’attarde à des éléments plus objectifs qui peuvent être décrits par un des cinq sens.

Description chronologique :
C’est la description d’une période, d’une époque. Elle s’attache à l’atmosphère et au relationnel. Ce peut être une époque révolue ou actuelle.

Description portrait :
Le portrait est la description d’un personnage ou, par extension, de tout être animé. Il peut se limiter au physique, mais souvent, il s’élargit pour inclure certains des éléments suivants : le caractère, les mœurs, la morale, la personnalité, les goûts et dégoûts, etc.

Description parallèle :
Cette dernière met en comparaison deux éléments de description : deux personnages, deux lieux, deux époques, etc.

Description mixte :
La description mixte est celle de la narration. C’est la description de l’action, des émotions, etc. C’est elle qui transforme l’information narrative pure en récit.

Description polyfonctionnelle :
Elle regroupe au moins deux types de description.


Les descriptions n’ont pas toutes le même but, même si elles servent toutes à créer un terrain d’entente (une vision commune) entre l’auteur et le lecteur, à donner l’illusion de la réalité et à créer une ambiance. Chaque description est unique par l’élément-clé qu’elle tente de livrer au lecteur. Celui-ci devrait idéalement toujours être défini avant d’entreprendre l’écriture d’une description.

Caroline

mardi 25 mars 2014

Décrire une émotion



Une bonne façon de rendre vos personnages attachants est de décrire de façon efficace les émotions qu’ils vivent. Même un personnage campant le rôle du « méchant » pourra trouver grâce aux yeux du lecteur s’il lui paraît humain. De plus, les émotions donnent de la profondeur aux personnages, puisque d’aucun ne réagira de la même manière (ne vivra les mêmes émotions) face aux mêmes situations. Cela est dû, notamment, au fait que les émotions sont en lien avec le vécu de chacun. En décrivant adéquatement les émotions de vos personnages, vous glisserez subtilement de nouvelles informations sur ceux-ci. La maîtrise de la description des émotions est donc un incontournable pour « toucher » le lecteur.

Tout d’abord, il faut savoir qu’une émotion « est une expérience psychophysiologique complexe »*. Elle est une réaction à un événement qui peut être interne (conflit moral, prise de conscience, maladie, etc.) ou externe (un accident, une parole entendue, un orage, etc.). L’émotion a des effets à la fois psychiques et physiques. Il importe de tenir compte de ces deux aspects dans vos descriptions et de bien les doser.
  
Prenons l’exemple d’une peine d’amour :
Effets psychiques : vous décrirez les pensées de votre personnage vis-à-vis de l’événement, ses remords ou ses souhaits, les souvenirs qu’il associe à l’événement, les liens qu’il tisse entre cet événement précis et le reste de sa vie, etc.
Effets physiques : vous décrirez les pleurs (gros sanglots saccadés ponctués de hoquets, déferlement de larmes en silence, retenue des larmes), les sensations physiques (un étau autour du cœur, un mal de tête, les yeux qui piquent avant les premières larmes), les gestes (se cacher la tête dans les mains, se réfugier dans les toilettes, chercher la boîte de papiers mouchoirs des yeux), les paroles ou les sons (gémissements, plainte à un confident), les expressions faciales, etc.

 
La meilleure source d’inspiration pour décrire une émotion est votre passé. Puisez dans votre bagage émotif personnel une situation similaire à ce que vit votre personnage, remémorez-vous les moindres détails de l’événement, les plus petites sensations, les pensées qui vous ont traversé l’esprit à ce moment, etc. Il vous sera dès lors plus aisé de décrire l’émotion parce qu’elle vous semblera familière.

Si vous éprouvez de la difficulté à détailler les effets psychiques et physiques d’une émotion en particulier, prenez l’habitude de garder sur vous un calepin. Dès qu’une situation de la vie courante vous fait réagir, prenez des notes sur ce qui se passe en vous. Plus souvent vous ferez l’expérience, plus habile vous deviendrez à déceler les émotions et à les détailler. 
 

Karine 

 * Source : Wikipédia

lundi 17 mars 2014

Utiliser l’enchâssement

L’enchâssement est une suite de mots ou une proposition placée entre virgules, entre parenthèses ou entre tirets. Il s’agit d’un ajout grammaticalement indépendant du reste de l’énoncé, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire à la phrase. Ce peut être un commentaire ou une réflexion, une explication ou une définition, une précision. Il peut aussi servir à éviter un malentendu, manifester un doute, insérer une courte description, mettre en valeur l’ajout ou encore faire entendre le narrateur pour s’adresser directement au lecteur.

Exemples :
— Mireille prit un air courroucé, ce qui en disait long sur ses talents d’actrice, et passa un savon à son petit frère.
— La première fois qu’il y avait mis les pieds — à l’époque, il n’avait pas encore terminé ses études, deux grands chênes, maintenant disparus, encadraient l’entrée du jardin.
— Je hais les patates ! hurlait Jasmine. Je hais les carottes (ses doigts se crispèrent sur le bord de la table) et je ne te parle même pas des brocolis.
— Le chat se recroquevillait pour lécher ses blessures, finalement ce n’était qu’une feinte, il sortit les griffes et se jeta sur l’autre matou.


L’autocorrection (retour sur ce qu’on vient d’écrire pour l’améliorer ou le rectifier), tout comme la confirmation (insister sur une information en la répétant), est un type particulier d’enchâssement. Ces figures de style servent avant tout à marquer la présence du narrateur ou de l’auteur. Elles peuvent affaiblir ou renforcer une idée, préciser ou nuancer une pensée, donner une impression de sincérité, feindre d’inclure le lecteur dans une réflexion, imiter l’oral (par une simulation de l’improvisation).

Il est à noter que l’autocorrection et la confirmation peuvent aussi se faire sans enchâssement, par exemple en utilisant une conjonction ou une expression de doute ou de contestation ou de renforcement.

Exemples :
— Jean dit — ou plutôt hurle — à sa mère de se taire.
— N’amène pas ton matou… ton adorable chaton, reprend Nathalie devant le regard assassin de son amie, il pourrait nous faire remarquer.
— Connaître les règles de priorité des opérations est très utile, je dirais même essentiel pour ceux qui veulent passer le prochain examen.
— Henriette pourrait amener son fabuleux gâteau au chocolat ou encore mieux sa tarte à la meringue.

Caroline

lundi 10 mars 2014

Le roman épistolaire


Le roman épistolaire présente un récit qui se construit au fil d’une correspondance entre un ou plusieurs personnages. Traditionnellement, cette correspondance est manuscrite, mais les échanges par courriel ou même par texto sont de plus en plus utilisés.

Le roman épistolaire a la particularité d’instaurer une communication différée : il y a un décalage entre le moment où est racontée l’histoire (la rédaction de la lettre) et celui où elle parvient à son destinataire (la lecture de la lettre), bien que cet intervalle soit réduit de beaucoup avec les nouvelles technologies (courriel et texto).

De plus, la correspondance oblige un décalage entre le moment où l’action s’est déroulée et son récit. En effet, l’un des personnages (à moins qu’il ne s’agisse d’un oracle) relate dans sa correspondance des événements qui se sont produits avant la rédaction de celle-ci. Par conséquent, des procédés tels que la mise en abyme ou le récit enchâssé sont couramment utilisés.

La principale raison poussant les auteurs à opter pour le roman épistolaire est la recherche de l’effet de réel. La correspondance donne au lecteur l’illusion de s’immiscer dans l’intimité des personnages. Elle laisse aussi beaucoup de place aux épanchements émotifs et à la subjectivité de ceux-ci.

De nos jours, les romans purement épistolaires se font plus rares. Par contre, l’utilisation du procédé pour certaines sections du récit seulement est assez commune. Pensons aux trois tomes mondialement connus (pour les bonnes ou les mauvaises raisons) de Madame E. L. James…

Karine

lundi 3 mars 2014

L'influence du narrateur sur la description

Une des clés d’une bonne description est de tenir compte du point de vue, c’est-à-dire, du narrateur. Les connaissances du narrateur, tout comme ses possibilités, influencent ce qui peut ou ne peut pas être décrit. Il convient donc de bien définir le point de vue avant de faire une description : est-ce un narrateur omniscient, un narrateur personnage, un narrateur flexible qui adopte tour à tour le point de vue de personnages différents ? Si le point de vue du narrateur est fixe, cette identification ne se fera qu’une fois pour tout le récit. Toutefois, si le point de vue change d’une section à l’autre du texte, il faudra prendre le temps de le définir de façon régulière pour s’assurer d’aborder chaque description du bon angle.

Par exemple :
— Si le narrateur est un personnage secondaire de l’intrigue (l’acolyte du héros ou un observateur) et que le héros rencontre une connaissance, il se peut que le narrateur ne le connaisse pas et qu’il ne puisse pas nous décrire sa personnalité d’entrée de jeu.
— Une exposition de mollusques ne sera pas décrite de la même façon par un biologiste marin que par une personne qui n’a jamais entendu parler de mollusques.
— Un personnage-narrateur ne nous décrira pas une pièce entière avec le détail de chaque objet s’il ne fait qu’y passer en quelques secondes. Dans un combat, il ne s’arrêtera pas non plus entre deux coups d’épée pour nous décrire la robe de la princesse.

Ceci dit, une description ne doit pas absolument contenir tout ce que le narrateur sait. « Il » doit choisir ce qui est le plus pertinent selon le but de la description (créer une vue d’ensemble, amener un élément de l’intrigue, faire connaissance avec un personnage, etc.). Trop d’informations finissent par se nuire mutuellement, et finalement l’élément décrit s’en trouve aussi confus que s’il n’avait pas fait l’objet d’une description.

Le narrateur peut donc justifier autant le contenu que l’emplacement d’une description. Même un narrateur omniscient (extérieur aux personnages) teintera ses descriptions de façon à ce qu’elles s’agencent à l’ambiance souhaitée pour l’intrigue, à la personnalité des personnages et au rythme de chaque section du récit.

Caroline