lundi 24 février 2014

La fin : heureuse ou malheureuse?

En tant qu’auteur (et comme lecteur aussi), avez-vous tendance à privilégier les happy end où :
  • les méchants sont punis et les bons s’en sortent vainqueurs;
  • les héros obtiennent ce pour quoi ils se sont battus tout au long de l’histoire;
  • l’amour triomphe;
  • l’équilibre est rétabli et tout le monde en est soulagé;
  • les héros nagent dans le bonheur;
  • etc.

Ou préférez-vous les finales plus réalistes, parfois tristes, voire tragiques? Plusieurs raisons poussent certains auteurs à opter pour une fin plutôt malheureuse :
  • par souci de réalisme;
  • pour laisser la porte ouverte à une suite;
  • afin de se conformer à un genre;
  • pour stimuler une réflexion (laisser le lecteur tirer ses propres conclusions);
  • parce qu’on y réserve un élément de surprise;
  • etc.

Que la fin choisie soit heureuse ou malheureuse, l’important lorsque vos héros y parviennent est que leur quête soit résolue (ou en voie de l’être) et qu’il y ait un retour à la stabilité. Évidemment, la situation finale ne peut pas être identique au contexte initial de votre histoire, avant qu’il n’y ait brisure de l’équilibre (élément perturbateur), puisque la situation finale n’est pas un retour à la case départ. Tout au cours de votre récit, vos personnages auront évolué et fait des apprentissages; ils sortiront changés des péripéties que vous leur aurez imposées.

Triste ou agréable, la fin de votre histoire a toute son importance : c’est votre mot d’adieu pour le lecteur, c’est votre dernière chance de laisser votre marque, de donner envie de vous lire (et pourquoi pas, de vous relire?). L’impression donnée avec la finale de votre récit est bien souvent ce qui restera imprégné dans la tête du lecteur, longtemps après qu’il aura tourné la page.

Karine


lundi 17 février 2014

À venir plus tard

Les pléonasmes se glissent insidieusement dans nos textes. Parfois nous les voyons à peine, ou même pas du tout, quand l’une des parties de cette construction ne nous paraît pas assez forte pour porter notre intention.

Ils peuvent être considérés comme une figure de style ou, au contraire, comme une grave erreur stylistique. Répétition de sens dans une même phrase, ils se retrouvent souvent dans des termes consécutifs comme dans l’exemple du titre de ce billet qui accole deux marqueurs de relation de même sens. Si quelque chose est à venir, cela sera nécessairement plus tard. Dans cet exemple, le pléonasme aurait pu être évité si un seul des deux marqueurs de relation avait été utilisé ou si le deuxième élément avait ajouté une précision, par exemple : À venir plus tard cet après-midi. C’est pourquoi ils sont généralement considérés comme une faute stylistique : ils reflètent un manque de compréhension de la langue et de son vocabulaire.

Pourtant, les pléonasmes sont aussi une figure de style. S’ils sont utilisés avec parcimonie et avec soin, ils peuvent ajouter une touche d’humour ou de grotesque dans les dialogues, souligner une exagération flagrante, signifier l’ébahissement devant une action ou un évènement spectaculaire ou, dans certains cas, faciliter l’explication d’un concept. Ils ne sont donc pas à bannir absolument. Cependant, il vaut mieux les repérer pour s’assurer que ceux qui restent dans nos textes sont bien utilisés et, surtout, voulus.

Caroline

lundi 10 février 2014

Le schéma actanciel


Le schéma actanciel, en comparaison au schéma narratif, permet de distinguer les rôles et les relations entre les actants d’un récit en les classifiant selon six catégories réparties sur trois axes. Voici une représentation visuelle du schéma actanciel :




L’axe du désir/vouloir
Un sujet poursuit la quête d’un objet. Généralement, le sujet est un personnage qui a ou à qui on donne un objectif à atteindre (l’objet). Cet objectif peut prendre la forme d’un objet à acquérir (le médaillon de la déesse Océoria), d’une action à poser (délivrer la demoiselle en détresse), d’une valeur à défendre (la justice), d’une qualité à prouver (sa bravoure, son courage, sa ruse), etc.

L’axe de la communication/transmission
Le destinateur est ce qui pousse le sujet à atteindre son objectif (la déesse Océoria, l’intrépidité, l’amour), alors que le destinataire est ce qui bénéficiera de l’atteinte de cet objectif (la demoiselle délivrée, le sujet lui-même).

L’axe du pouvoir
Tout ce qui aide le sujet dans sa quête de l’objet est un adjuvant. Tout ce qui lui nuit est un opposant.

Commentaires généraux
Notons que les actants d’un récit ne se limitent pas à ses acteurs (personnages ou animaux et objets animés), mais englobent aussi tout objet, concept, valeur, etc., qui puisse avoir un impact (un rôle, une relation) dans le déroulement du récit. Ainsi, un actant pourrait être la rafale de vent, le sabre, le pirate cruel, le courage, le chat du voisin, le bruissement des feuilles mortes, la vendeuse de maïs soufflé, l’espoir…

Ensuite, il est fréquent que le même actant soit classifié sous différentes catégories. Par exemple, le sujet est souvent aussi un des destinataires de sa quête.

Également, chaque catégorie peut contenir plus d’un actant : le destinateur peut être à la fois un personnage et une valeur, les destinataires peuvent être multiples, les adjuvants et les opposants sont généralement aussi nombreux que le nombre de péripéties vécues par le sujet, etc.

Enfin, il va sans dire que plus d’un schéma actanciel peut être tiré du même récit. Il suffit, par exemple, de choisir d’analyser le récit selon le point de vue d’un autre sujet. Pour qui souhaiterait en savoir davantage sur le schéma actanciel, voici un lien intéressant.

Karine
 

lundi 3 février 2014

Faire le tri

Une recherche bien menée peut nous amener des informations en quantité si importante qu’elles rempliraient facilement plus d’espace que notre texte en entier. Il est alors clair que nous ne pourrons pas toutes les utiliser. Mais, peu importe le volume de renseignements trouvés, il faudra faire le tri. Une information, aussi courte soit-elle, pourra être pertinente pour un domaine donné sans l’être nécessairement pour notre intrigue. Il faut considérer son intérêt, non pas pour sa valeur informative, mais pour celle stylistique et utilitaire. Apporte-t-elle une touche de vérité au texte (description, parole, action, etc.) ? Donne-t-elle une touche de réalisme à l’intrigue (informations nécessaires à la compréhension) ?

Aussi, la façon dont un élément est inséré dans un texte aura un impact sur son degré de précision. Par exemple, si l’information est donnée par un spécialiste ou un professeur, elle pourra être très précise et détaillée, surtout s’ils le font dans le cadre d’un cours ou d’une conférence. Dans le cas d’une conversation, la longueur des explications sera limitée par le niveau d’intérêt des protagonistes. Il est beaucoup plus facile d’interrompre son interlocuteur qu’un conférencier. Ceci dit, les deux sont possibles. Des informations qui passent par la description dépendront du degré de précision de cette dernière. Si nous sommes face à une forêt, est-il pertinent de décrire en profondeur chacune des espèces végétales présentes ? Dans le feu de l’action, toute information gagnera à être la plus concise possible. Qui a le temps d’écouter une explication de plusieurs pages, alors que le danger peut se manifester d’une seconde à l’autre ?

L’important, c’est de ne pas perdre de vue que les informations trouvées dans nos recherches sont des outils. Il faut les utiliser à bon escient plutôt que de se laisser entraîner par elles. Évidemment, la même règle s’applique pour les informations concernant les objets, les créatures et les concepts que nous inventons.


Caroline