lundi 25 novembre 2013

Indicatif vs subjonctif


Dans les propositions subordonnées, il est fréquent de se demander quel temps de verbe utiliser pour le verbe qui suit la conjonction (que). Ce qu’il faut savoir, c’est que le choix de celui-ci dépend du point de vue plutôt que d’une réalité objective.

Voici quelques règles de base pour vous aider.

1- Pour une déclaration ou une constatation :
Utilisez l’indicatif (présent, imparfait, futur simple, etc.)

Quelques verbes déclaratifs : affirmer, annoncer, assurer, attester, avancer, certifier, déclarer, dire, écrire, prétendre, raconter, etc.

Exemples : Jean prétend qu’il fera beau dimanche.
                   Nathalie dit qu’elle voit une forme de dragon dans les nuages.

Quelques verbes de constatation ou de perception : comprendre, deviner, entendre, se douter, noter, remarquer, se rendre compte, voir, etc.

Exemples : Pierre entend que son chat gratte à la porte.
                   Judith a noté que son amie avait une nouvelle coiffure.
                   Véronique se doute qu’on lui ment.

2- Pour une éventualité, un doute, une négation, une appréciation ou un conseil :
Utilisez le subjonctif (présent, passé, imparfait, plus-que-parfait)

Quelques verbes :
pour l’éventualité : s’attendre (à ce que), sembler, etc.
pour le doute ou la négation : contester, démentir, douter, nier, etc.

Quelques expressions pour le doute ou la négation : il est douteux, contestable, discutable, possible, peu probable, il n’est pas possible, rien n’est moins sûr, etc.

Exemples : Je m’attends à ce que vous arriviez à l’heure.
                   Je doute qu’il soit sincère.
                   Il n’est pas possible que tu viennes dimanche.
                   Il était temps que tu sortes ton parapluie, il pleut à boire debout.

3- Pour une certitude plus ou moins grande :
Utilisez l’indicatif (présent, imparfait, futur simple, etc.) à la forme affirmative.

Utilisez le subjonctif (présent, passé, imparfait, plus-que-parfait) à la forme négative ou si la proposition principale précède la proposition principale.

Quelques verbes : compter, concevoir, croire, estimer, être sûr, penser, présumer, trouver, etc.

Quelques expressions : il est clair, certain, évident, probable, vrai, c’est un fait, il est de fait, il va de soi, etc.

Exceptions : À l’impératif, imaginez peut s’utiliser autant avec le subjonctif que l’indicatif, tandis que supposez est toujours accompagné d’un subjonctif.

Exemples : Robert croit que la règle aurait pu être plus simple.
                   Que tu le veuilles ou non, c’est comme ça.
                   Imaginez que vous êtes à ma place.
                   Imagine que Pierrette ait gagné la course à ma place.


Certains verbes peuvent exprimer aussi bien une constatation, une déclaration, une certitude ou une autre catégorie. Il faut donc se fier davantage au sens de la phrase (le point de vue) qu’à l’utilisation d’un verbe en particulier.

Caroline

lundi 18 novembre 2013

Faire des recherches

Les recherches font généralement partie intégrante de tout processus de création, l’écriture y compris. Quelques fois, elles prennent une importance (et un temps) incroyable. Certains écrivains voudront faire toutes leurs recherches avant d’écrire le premier mot de l’histoire. Vous conviendrez par contre qu’on puisse parfois être surpris par la tournure que prend le récit, ce qui vous obligera alors à ajuster le tir. 

Voici une liste de raisons pour lesquelles on voudrait faire des recherches dans un projet d’écriture :

  • Mieux décrire les lieux où se déroule l’action;
  • En apprendre davantage sur la faune et la flore que devraient rencontrer nos personnages en de tels lieux;
  • Maîtriser l’histoire d’un pays, d’une époque, d’une communauté lorsqu’ils entrent en jeu dans notre récit;
  • Décrire à son meilleur une technique qu’utilise un personnage;
  • Connaître les différents aspects d’une passion, d’un hobby que l’on attribue à un personnage;
  • Trouver une solution pour une impasse où se trouvent nos personnages;
  • Connaître les lois, les démarches, les processus d’un cas particulier;
  • S’informer sur les us, coutumes et croyances;
  • Décortiquer un mythe, une légende, une prophétie;
  • Rencontrer l’inspiration;
  • Etc. 

Faire des recherches permet aussi de donner de la matière à votre créativité : l’information trouvée pourrait vous surprendre ou vous lancer sur une nouvelle piste. De toute façon, cette activité n’est jamais du temps perdu. Si ce que vous emmagasinez comme informations ne vous apporte pas l’inspiration ou la solution désirée, vous aurez tout de même travaillé à votre récit.


Karine

lundi 11 novembre 2013

Les verbes d'incises

Parce que des fois, le verbe dire ne reflète pas la pensée de nos personnages, voici une petite liste non-exhaustive : 




Caroline

lundi 4 novembre 2013

Écrire à deux / Écrire à quatre mains / Collaborer

L’écriture est souvent perçue comme une activité solitaire. L’écrivain a une idée de récit, une histoire qu’il porte en lui et élabore, invente, peaufine dans sa tête. Puis vient le jour où il s’assoit devant son clavier ou sa feuille blanche et rédige. Longtemps après, le point final est enfin posé, l’histoire est complète. Tout s’est fait dans la solitude.

Dans la réalité, vous et moi le savons, un écrivain partage ses idées avec les amis, soumet quelques passages à la lecture critique d’un allié, demande conseil à un autre écrivain, à un professeur peut-être, à son éditeur si leur relation le permet. Quelques fois, l’écrivain fera le teste d’une blague formulée par un de ses personnages dans une conversation avec des collègues de travail, ou s’inspirera d’un fait vécu, d’une anecdote racontée par autrui, d’un événement auquel il a assisté, d’un fait divers lu dans le journal, etc.

Et, il y a ceux qui écrivent à deux.

Il existe plusieurs exemples d’écriture en collaboration. D’ailleurs, Michel Lafon et Benoît Peeters ont écrit un livre (à deux, oui) sur le sujet : Nous est un autre. Enquête sur les duos d’écrivains, paru aux éditions Flammarion en 2006.

Pourquoi écrire à quatre mains?
L’écriture en tandem n’est certainement pas adéquate pour tous les écrivains, mais elle comporte ses avantages. En voici quelques-uns :
  1. Le partage des idées : les tempêtes d’idées, la résolution de problèmes tant au niveau de l’intrigue que de la rédaction, le développement des péripéties, les recherches, seront doublement efficaces. Vous connaissez l’adage : « deux têtes valent mieux qu’une. »
  2. La motivation : vous aurez des échéances à respecter, mais surtout, vous ne voudrez pas décevoir votre partenaire d’aventure. Moyen efficace pour vaincre la tentation de la procrastination, mais aussi pour vous surpasser.
  3. L’apprentissage : vous aurez à accepter le regard de votre partenaire d’écriture tout au long du processus. Par conséquent, il vous faudra écouter ses commentaires, discuter, argumenter, retravailler, élaborer, faire des recherches… Cette expérience d’écriture sera certainement fort enrichissante dans votre parcours d’écrivain.
  4. Le partage du « fardeau » : vous n’êtes pas seul face à l’épreuve, vous avez quelqu’un d’aussi impliqué que vous dans le processus de création avec qui partager vos doutes, vos craintes, vos blocages…

Vous pourrez sans doute en trouver davantage, surtout si vous tentez l’expérience. Je vous propose de les ajouter dans les commentaires ci-dessous.

Ce qu’il faut pour que ce soit une réussite…
Comme je le mentionnais au début de la section précédente, écrire à deux ne convient pas à tout le monde. Voici donc, sur la base de mes expériences personnelles, les quatre critères essentiels à une collaboration réussie :
  1. La complémentarité : comme dans tout travail d’équipe, il faut que chacun y trouve son compte. De préférence, les forces de l’un compenseront pour les faiblesses de l’autre et vice-versa.
  2. L’organisation : il est essentiel de trouver une méthode de travail qui conviendra aux deux, tant au niveau de l’horaire, des échéances, de la manière d’écrire (ensemble ou chacun de son côté) et de corriger, commenter, retravailler le texte. Certains diront même que pour écrire à quatre mains, il est nécessaire d’avoir un plan. Disons que ça peut aider, mais…
  3. La flexibilité : malgré la bonne volonté des deux, il est fort à parier que vous ne pourrez respecter TOUTES vos échéances. La vie étant ce qu’elle est, les imprévus surgissent. Il importe alors d’être flexible et compréhensif. Aussi, sait-on jamais comment évoluera votre récit; une surprise vous attend peut-être au chapitre X, modifiant du coup tout le reste de votre plan.
  4. Mettre son égo de côté : votre collaborateur vous fera des critiques, vous lui en ferez en retour. Autrement dit : si vous êtes du genre soupe au lait, prière de s’abstenir! De plus, vous travaillerez fort pour accorder vos styles d’écriture afin que l’œuvre finale n’ait pas l’air d’un patch work. Au final, votre création ne sera pas tout-à-fait de vous, pas tout-à-fait la sienne non plus; vos styles seront confondus, vous ne saurez peut-être plus qui a écrit quelle partie. De ce fait, vous perdrez une part de votre paternité sur l’œuvre finale.

Pour terminer, rien de mieux que des exemples concrets pour illustrer la complexité, mais aussi la satisfaction qui émanent de l’écriture en tandem. Voici donc un article de la journaliste Jade Bérubé paru dans La Presse : http://www.lapresse.ca/arts/livres/romans-quebecois/200810/12/01-28853-ecrire-a-deux-reve-ou-cauchemar.php. Bonne lecture!

Karine