lundi 29 juillet 2013

Utiliser la périphrase


La répétition du même mot pour désigner un objet ou un personnage, surtout lorsque cela se produit dans la même phrase ou à courte distance, peut affecter négativement le style d'un texte. C'est pourquoi l'écrivain a avantage à maîtriser l'utilisation de la périphrase.

Celle-ci est un groupe de mots mis en ensemble pour désigner un objet ou un personnage qui pourrait l'être par un seul mot. Ainsi, on écrira « le prédateur au pelage tacheté » en parlant d'un guépard.

La périphrase comporte d'autres avantages que celui d'éviter la répétition. Elle permet par exemple de rappeler une caractéristique physique ou psychologique d'un personnage : le garçon à la mèche rousse ou la grande timide. Elle peut aussi résumer une situation (la maman débordée, l'homme offert en pâture aux lions) ou établir les rapports entre les personnages (l'aînée de la famille, l'adversaire vorace). Par ailleurs, Sylvie Dumon-Josset décrit joliment ces différentes utilités de la périphrase : « Au lieu d'aller à l'essentiel, elle fait un petit détour pour mieux attirer l'attention et souligner l'importance accordée au terme remplacé. »*

Lorsque bien employée, la périphrase peut aussi amener un élément de surprise. Prenons l'exemple d'un chapitre qui se termine avec cette phrase : « Fébrile, il glisse la main vers le fond de sa poche et caresse du bout des doigts le symbole de son engagement. » Puis, le nouveau chapitre commence par une demande en mariage.

L'important avec la périphrase, c'est que le lecteur puisse toujours reconnaître le référant, même si quelques fois ce dernier apparaît plus tard.

Dans certains cas, les périphrases les plus adéquates viennent facilement en cours d’écriture; d’autres fois par contre, c’est lors de la réécriture qu’on trouvera la tournure la plus appropriée.

Karine

* Source : DUMON-JOSSET, Sylvie,  1001 secrets de la langue française. Paris, Point2, 2013, p. 220

lundi 22 juillet 2013

Les références

Souvent, il nous vient à l’idée d’exprimer les intérêts de nos personnages ou de les enrichir avec des références prises dans le monde réel. Ce qui en soi n’est pas une mauvaise idée, mais il y a quand même des pièges à éviter, par exemple celui de nommer la référence la plus connue.

Bien sûr, un exemple illustre (Céline Dion comme chanteuse, Harry Potter comme roman) a l’avantage que le lecteur le connaîtra à coup sûr. En contrepartie, il a comme défauts de donner l’impression d’être utilisé par facilité (parce que l’auteur ne connaît pas ce domaine), de ne pas permettre (dans bien des cas) d’en apprendre plus sur le personnage et il peut même être considéré comme un cliché.

Il ne faut pas oublier que les goûts tout comme les idoles sont toujours plus subjectifs qu’objectifs, nous aimons une personne ou un objet (livre, film, etc.) parce que d’une façon ou d’une autre, nous nous y reconnaissons. Ce n’est donc pas la référence en tant que tel qui est importante, mais le lien que le personnage considère avoir avec elle. Ainsi, un exemple moins illustre semblera toujours plus personnel, surtout si le personnage se donne la peine d’expliquer, voire de nuancer son choix.

En choisissant un exemple illustre, il ne faut pas non plus oublier que certains noms ou objets, même si leur symbole est encore présent dans l’imaginaire collectif, sont rattachés à une époque précise. Par exemple, Maurice Richard a beau avoir été un excellent joueur de hockey, il ne peut pas être l’idole de jeunesse du père d’un personnage de 11 ans. À moins bien sûr que le père en question ait 70 ans ou même plus. Sinon, il est trop jeune pour l’avoir vu jouer et, par conséquent, pour l’avoir eu comme idole de jeunesse.

La meilleure référence pour illustrer l’intérêt d’un personnage pour un domaine en particulier n’est donc pas une question de popularité, c’est une question de personnalité (du personnage). Ce qui est logique puisque bien souvent, c’est justement la personnalité du personnage que nous tentons de rendre plus accessible avec cette référence.



lundi 15 juillet 2013

Le syndrome de la page blanche (astuce #2)


Comme je l’ai déjà annoncé, je souhaite partager de temps à autre quelques astuces pour aider l’écrivain en panne d’inspiration. Alors voici l’astuce #2 :

Être zen
Le terme « zen » aurait pour origine le mot chinois « chan », qui signifie « méditation ». La méditation est quant à elle « une pratique visant à produire la paix intérieure, la vacuité de l'esprit, des états de conscience modifiés ou l'apaisement progressif du mental, voire une simple relaxation. »1 Être zen peut ainsi être interprété comme avoir l'esprit en paix.

Mais qu’en est-il de l’écrivain victime du syndrome de la page blanche ? Notons simplement que certains écrivains ont besoin de retrouver la paix intérieure pour rencontrer l’inspiration. Ils pratiquent par exemple le yoga, s’adonnent à des activités sportives ou à des exercices de respiration, s’offrent un massage ou se promènent en forêt pour reconnecter avec Dame Nature.

À mon sens, il y a deux avantages à ces activités zen pour l’écrivain à la recherche d’inspiration. Tout d’abord, leur pratique permet d’instaurer un moment de calme dans le tumulte du quotidien. En prévoyant ce genre d’activités à notre horaire, nous nous donnons la possibilité de mettre de côté le lot de nos préoccupations et obligations quotidiennes pour laisser plus de place à nos idées créatrices. L’important lors de ces séances est de permettre au silence de s’installer et aux idées de dérouler sans entraves.

Les activités zen ont aussi l’avantage de nous faire du bien physiquement. En se concentrant sur notre respiration, sur nos mouvements ou sur les différents stimuli sensoriels que nous procure l’activité choisie, nous relaxons. En insérant des activités zen à notre horaire, nous évacuons le stress et sommes, par conséquent, dans un meilleur état (physique autant que psychologique) pour que germent les idées créatrices.

Parfois, une seule et courte séance sera suffisante pour retrouver la paix d’esprit et, éventuellement, l’inspiration; d’autres fois, il faudra être assidu et patient pour voir venir les bénéfices.

 Et vous, pratiquez-vous une activité zen en particulier ? Je vous invite à partager vos expériences avec nous…

Karine



lundi 8 juillet 2013

Quel type d’écrivain êtes-vous?

Peu importe l’amour des mots qui nous habite, nous ne ressentons pas tous le besoin de l’exprimer de la même façon. Certains se contenteront d’apprécier de lire, alors que d’autres ressentiront le besoin d’écrire chaque jour ou de les partager. Il n’y a pas de bons ou de mauvais types d’écrivains, car ils sont tous complémentaires et expriment même une forme de symbiose puisque la diversité des usages permet leur survie.

Ceci dit, s’interroger sur le type qui nous convient le mieux ou celui qui correspond à notre mode de vie actuel peut nous aider à trouver la paix, à moins que cela nous entraîne à opérer des changements dans nos habitudes afin de devenir le type d’écrivain auquel nous aspirons.

Voici quelques types généraux d’écrivain pour amorcer votre réflexion :

  1. Écrivain de salon : Ce dernier est celui qui aime les mots… des autres. Il aime lire les bons coups des autres, critiquer les moins bons et… même discuter sur ce que les autres auraient ou n’auraient pas dû écrire.
  2. Écrivain de tous les jours : Celui-ci écrit pour les besoins de sa vie quotidienne : une lettre de présentation, un rapport pour le travail, quelques courriels, etc. Il préférera écrire lui-même une carte d’anniversaire pour un proche plutôt que de choisir un message standard. Presque toute « obligation » d’écriture dans la vie de tous les jours lui semblera agréable.
  3. Écrivain de plaisance : Lui, il ne se contente pas des écrits journaliers, mais il prévoit des plages horaires exprès pour écrire. Les types d’écrits de cet écrivain peuvent être très variés : du journal intime à la poésie en passant par une correspondance ou un texte plus long. L’écrivain de plaisance considère l’écriture comme une activité nécessaire à son bien-être et la pratique dans ce but ultime.
  4. Écrivain de compétition : Ou écrivain professionnel, il n’écrit pas pour le plaisir (bien que souvent cette notion fasse partie du processus d’écriture), mais dans un but plus précis de dépassement de soi ou des autres. Non seulement il prévoit des plages horaires d’écriture, mais, généralement, il prévoit aussi des objectifs d’écriture, des dates butoirs pour ses projets et des objectifs de réussite (publication, vente, critique, reconnaissance, etc.).

Bien sûr, nous finissons tous par passer d’une catégorie à l’autre au fil des jours. Pourtant, il peut être intéressant de se poser la question : à quel type principal aspirons-nous? Ne serait-ce que pour s’assurer que nos actes sont en accord avec nos aspirations.

Et, si la réponse est non, éventuellement, pouvoir réfléchir plus sérieusement : sommes-nous prêts à faire les changements nécessaires? Avons-nous besoin d’appartenir à un type particulier pour être heureux?

Aucun type n’est bon ou mauvais en soi, l’important c’est d’être à l’aise avec celui dont nous nous servons généralement pour exprimer notre amour des mots. Alors, quel type d’écrivain êtes-vous?

Caroline

lundi 1 juillet 2013

Dissimuler un élément pour mieux surprendre


            Pour que l’intérêt du lecteur demeure élevé et qu’il poursuive sa lecture, il faut pouvoir le distraire, l’intéresser ou, à tout le moins, piquer sa curiosité. L’objectif sera plus facilement atteint si l’histoire lui réserve quelques rebondissements et des surprises bien dosées.

             Ainsi, il peut s’avérer intéressant (voire fort utile) de dissimuler à l’intention du lecteur un élément important pour ensuite le révéler à un moment crucial du récit, notamment un moment où le dévoilement de cet élément vient changer les rapports de force entre les personnages. Rappelons par contre certains points de réflexion concernant la dissimulation d’éléments importants puisque, après tout, on ne veut pas que cet élément, lorsqu’il sera enfin mentionné, semble sortir de nulle part tel un lapin bondissant hors du chapeau d’un magicien!

On se questionnera d’abord à savoir s’il est pertinent d’ajouter ici et là dans le récit quelques indices ou détails qui rendront ce nouvel élément plausible lorsqu’il sera dévoilé, qui viendront l’appuyer ou l’expliquer. À titre d’exemple, si votre personnage a un tatouage singulier qui lui confère un certain pouvoir qu’il ne souhaite pas dévoiler (mais qui finira par être révélé), il peut être intéressant d’ajouter aux scènes précédentes des indications montrant que le personnage tente de le cacher sous un vêtement, ou une scène où on sera surpris de sa pudeur à se déshabiller devant autrui, etc.

Un autre point important est de bien préparer l’arrivée de cet élément dans l’histoire, c’est-à-dire qu’on prendra le temps de l’expliquer lorsqu’il sera divulgué. Pour revenir à mon exemple ci-dessus, on développera la raison de ce tatouage spécial, on expliquera comment et pourquoi le personnage l’a acquis.

Enfin, on s’arrangera pour que ce nouvel élément serve ou soit mentionné dans la suite du récit, pas seulement dans la scène où il est découvert. Autrement, ça donnera l’impression que l’élément n’a été utile qu’à dénouer la situation en question et la qualité de l’intrigue s’en trouvera appauvrie. 

En conclusion, bien que les rebondissements et les surprises soient des clés pour maintenir l’intérêt du lecteur, on voudra, en tant qu’auteur, que l’ensemble des éléments de l’intrigue s’emboîtent, comme les différentes pièces d’un casse-tête, pour que l’histoire forme un tout cohérent.

Karine