lundi 27 mai 2013

Assumer ses écrits

Écrire, c’est dire, c’est affirmer quelque chose. Certaines affirmations sont anodines, ludiques, mais d’autres sont plus profondes et viennent nous chercher au cœur de nos croyances, de nos valeurs, de nos inhibitions, de nos peurs ou même de nos secrets. Et alors, les choses se compliquent… parce qu’écrire c’est affirmer et que pour s’affirmer, il faut assumer ses affirmations.

Quand on n’assume pas ses écrits, on s’en tient généralement aux phrases vagues, générales, voire aux clichés et aux stéréotypes. « Il ne croyait pas en moi » ne sera jamais aussi prenant qu’une version plus assumée : « Comment crois-tu pouvoir y arriver ?, demandait-il avec une moue de dédain. Tu n’es qu’une imbécile, même une mouche aurait le dessus sur toi dans un concours de personnalité ! »

Aussi, souvent on écrit pour être lu. Il faut y penser au moment de choisir nos sujets, nos thèmes, nos intrigues. Il ne suffit pas de les assumer au moment d’écrire, mais il le faudra tout autant lorsqu’un autre regard se posera sur eux. Quand on écrit pour être lu, c’est en quelque sorte amorcer une conversation, donner aux autres la permission d’aborder ces sujets avec nous.

Il faut être conscient de ces deux aspects quand notre création prend forme. Deux choix s’offrent alors à nous : n’aborder que des sujets qui ne nous mettent pas mal à l’aise ou nous habituer graduellement à assumer de plus en plus de sujets.

Caroline

lundi 20 mai 2013

Les stéréotypes


             Disons-le dès le début : ils sont inévitables! Que ce soit dans la vie ou en littérature, ces vilains sont si nombreux qu’on ne peut les éviter totalement. C’est donc normal si, lors de la création de vos personnages, vous vous y butez sans cesse.
            Maintenant que nous nous sommes défaits d’une couche de culpabilité, il reste qu’en tant qu’auteur, vous souhaitez tout de même que vos personnages ne soient pas trop stéréotypés. Mais comment s’y prendre?
Selon moi, l’astuce réside dans un mélange bien dosé de ces fameux stéréotypes et d’aspects plus uniques, voire surprenants, greffés au caractère ou à l’histoire de votre personnage. Ces facettes insoupçonnées viendront d’une certaine manière défaire le stéréotype initial et rendront votre personnage plus complexe, plus vrai. Elles peuvent prendre la forme d’une peur absurde ou d’une obsession loufoque, d’une amitié improbable, d’un tic nerveux ou d’une habitude gestuelle, d’un accessoire fétiche inusité, d’une passion insoupçonnée, d’un accent spécial ou de l’utilisation d’expressions toutes personnelles, d’une manie à déformer les mots, d’une habileté ou d’un savoir-faire qui surprend, d’un passé complexe, d’un goût particulier, d’un vice improbable, etc.
Ainsi, disons qu’un de vos personnages est une demoiselle trrrès girly-girly, le genre qui ne parle que de la couleur de son vernis à ongle, des potins des vedettes de cinéma, du dernier sac fourre-tout à la mode qu’elle souhaite se procurer et du beau garçon (battements de cils frénétiques) qu’elle a rencontré la veille… Supposons maintenant que cette demoiselle s’exprime avec une voix très rauque, presque masculine. Ou encore, qu’elle a une peur bleue des bornes fontaine, ce qui la pousse à faire des détours incongrus. Ou alors, supposons qu’elle traîne invariablement avec elle (dans son nouveau fourre-tout à la mode) un petit coffre d’outils minuscules, qui s’avèrent fort utiles pour crocheter la porte d’une voiture ou d’un appartement…

Karine 

lundi 13 mai 2013

Les titres de chapitres



Un titre, c’est une porte d’entrée : en le lisant, on met le pied dans l’histoire. Il mérite donc d’être choisi avec soin.

La première question à se poser demeure « Pourquoi titrer les chapitres ? » La réponse est bien sûr propre à chacun. Nous pouvons décider de ne pas en mettre, de ne marquer les chapitres que par un numéro. Mais si nous décidons qu’ils méritent un titre, nous devons prendre le temps de bien y réfléchir avant de les créer.

D’abord, il faut savoir qu’il existe plusieurs types de titres : les fonctionnels (Le matin, Le 4 janvier, etc.), les titres-plans (La première rencontre, Quand le chat s’emmêle, etc.), les généraux (Amour et amitié, Travail et loisir, etc.), les mystérieux (Pelures de pommes, Un général au pas, etc.), les poétiques (Un tracas par-ci, un tracas par-là, Un hiver à la vanille, etc.), et ainsi de suite.

Ensuite, il faut se rappeler que peu importe le type de titres ou le mélange de types choisis, il faut respecter certaines règles pour que les titres mettent réellement le texte en valeur :

1. Un titre doit être spécifique au chapitre. Si plusieurs secrets sont dévoilés au cours de l’histoire (dans différents chapitres), cela ne vaut pas la peine de titrer un chapitre : Le secret. Il faudra au moins y préciser le secret de quoi ou de qui.

2. Un titre doit refléter l’ensemble d’un chapitre ou, à tout le moins, son action principale. Même s’il est joli et bien écrit, un titre qui ne donne pas une idée de ce qui tient le chapitre ensemble laissera les lecteurs perplexes.

3. Un titre ne doit pas vendre la mèche. S’il y a un élément de surprise dans le chapitre, il ne faut pas que le titre donne déjà la surprise. Il peut par contre attirer l’attention sur celle-ci. Ainsi, Sophie choisit (enfin) son camp est un meilleur titre que Sophie rejoint (enfin) les pirates.

4. Un titre doit être concis. Idéalement, il devrait avoir moins de dix mots, bien qu’il existe de bons titres qui soient plus longs.

Finalement, il est bon de garder en tête qu’un titre n’est jamais anodin, il a toujours une fonction d’information, de résumé ou, au minimum, d’accroche.

Caroline

lundi 6 mai 2013

Comment faire vivre un lieu?


Le lieu a une influence sur l’ambiance, sur les émotions et les pensées des personnages, et par conséquent sur l’action qui s’y joue. Il est donc primordial de bien le décrire. Le premier réflexe de bon nombre d’auteurs est de meubler l’espace : à droite ceci, à gauche cela, et au centre voilà… Cette manière de procéder peut convenir, mais elle fait souvent coupure avec le style du texte et parvient très rarement à transmettre l’essence du lieu.
Mais alors, comment faire vivre un lieu?
Une approche intéressante pour décrire un lieu est de le faire au travers des déplacements et des gestes d’un personnage. Par exemple, ce dernier s’approche d’un arbre — qui aura été décrit précédemment — et, en le contournant, découvre la jeune pousse d’une fleur rare. Puis, il suit des yeux la courbe d’une des branches de l’arbre et s’aperçoit maintenant que ses feuilles scintillent mystérieusement... Il lève ensuite la tête et décrit la couleur surprenante qui teinte le ciel. De cette manière, la description se mêle à l’action et permet même de la faire évoluer.
Outre son ameublement, un lieu peut se dépeindre grâce aux odeurs qu’il diffuse, à son éclairage, aux couleurs et aux textures des objets qui s’y trouvent, à la température qu’il y fait, aux sons qu’on peut y entendre, etc. Chacun de ces aspects peut avoir un impact sur les personnages. Ça sent la vanille? Peut-être que ce personnage-ci grimacera parce que l’odeur lui lève le cœur alors que pour celui-là, la vanille lui rappelle de doux moments de son enfance. Le bruit d’un battement d’ailes résonne : les personnages tourneront la tête dans la direction où s’est envolé l’oiseau. Le sol est en béton ; il est possible de glisser cette information en décrivant l’écho du claquement des talons hauts d’une demoiselle qui y fait quelques pas. En pénétrant dans ce lieu très ensoleillé, un autre sera momentanément ébloui. Les possibilités sont infinies!
Le principal avantage des descriptions mêlées à l’action est qu’elles permettent d’approfondir la psychologie des personnages, parfois même de glisser de nouvelles informations sur ces derniers, sans pour autant perdre du rythme, ni affaiblir le style.
Et vous? Quelles sont vos astuces lorsque vient le moment de faire vivre un lieu?

Karine