lundi 23 décembre 2013

Créer de nouveaux mots à l’aide de préfixes


Les préfixes sont des éléments (généralement pas plus de deux syllabes) qui, placés devant un radical, servent à créer de nouveaux mots. Nombre de néologismes dus aux avancées scientifiques, artistiques ou sociales sont ainsi créés chaque année. Dans le texte littéraire, ils peuvent être utilisés de la même façon.

Si leur utilisation est une option aussi intéressante, c’est que, le plus souvent, les préfixes sont déjà connus des lecteurs. Ils facilitent donc la compréhension des néologismes, ce qui évite, pour l’auteur, d’alourdir le texte avec des explications et, pour le lecteur, un effort de mémorisation.

Voici quelques préfixes et leur sens : 



Une autre utilité pour les préfixes est de permettre d’exploiter sa créativité. Ainsi, en choisissant arbitrairement un préfixe (par exemple, en le pigeant) et en l’associant à un nom (par exemple, en le « pigeant » dans un livre ou dans le dictionnaire), nous pouvons former un nouveau concept ou objet. Il ne restera plus qu’à utiliser sa créativité pour l’étayer.


Alors qu’est-ce que pourrait être :

un cardiocanif ?
un aquatransporteur ?
un mythosentier ?
ou encore
un agrogratteciel ?

Caroline

lundi 16 décembre 2013

Choisir un lecteur allié

La plupart des auteurs ont un ou quelques lecteurs alliés à qui ils soumettent leur manuscrit avant l’envoi à un lectorat plus officiel (un éditeur). Tout comme eux, vous voudrez peut-être « tester » vos écrits, que ce soit une fois le manuscrit complété ou en cours d’écriture, pour avoir un aperçu de leur potentiel. Voici quelques conseils pour choisir de bons lecteurs alliés, même parmi votre entourage immédiat :
  1. Quelqu’un qui a l’habitude de lire, qui aime lire, qui a des goûts diversifiés en matière de lecture;
  2. Quelqu’un qui a de l’objectivité (votre maman croit certainement que vous écrirez le prochain best-seller et adorera chacun de vos mots, ce qui flattera votre orgueil, mais ne vous avancera pas à grand-chose);
  3. Quelqu’un qui ne vous doit aucun service ou qui n’en demandera pas en retour (ceci vous assurera une plus grande objectivité dans les commentaires de lecture);
  4. Quelqu’un qui a le profil du lectorat visé (si vous écrivez un roman jeunesse, vous aurez avantage à recruter la nièce de douze ans de votre meilleure amie, par exemple);
  5. Quelqu’un qui n’est pas intimidé par vos ambitions d’auteur;
  6. Quelqu’un qui n’a pas peur d’émettre des commentaires négatifs (mais constructifs!);
  7. Quelqu’un qui, dans la vie courante, démontre de la rigueur (ce genre de personne sera capable d’argumenter, d’expliquer et de démontrer ses idées);
  8. Quelqu’un qui respecte ses engagements (notamment en matière d’échéances);
  9. Quelqu’un qui s’intéresse au sujet sur lequel vous écrivez;
  10. Etc.


Karine

lundi 9 décembre 2013

Utiliser la dépersonnification

Il y a quelques semaines, nous vous avons parlé de la personnification qui consiste à donner à un objet, à un animal ou à une abstraction des traits normalement attribuables à des êtres humains. Toutefois, la figure de style inverse existe aussi, soit la dépersonnification.

Avec celle-ci, nous transformons, en quelques sortes, une personne en objet, en animal ou en une abstraction en associant à cette personne des mots qui se rapportent habituellement à des choses ou à des animaux.  Des périphrases, des métaphores ou des comparaisons sont souvent utilisées pour installer la dépersonnification.

Les effets possibles de cette figure de style sont :
  • faire ressortir le manque de considération porté à une personne,
  • décrire l’apparence, le caractère ou le comportement d’une personne (pour la valoriser ou la dévaloriser selon l’objet, l’animal ou l’abstraction choisie).
  • fournir une vision caricaturale,
  • donner une description concrète, d’une impression plus abstraite.

Quelques exemples :

Justin piaffait d’impatience.
On dirait qu’il est fait en bois, il n’a aucun cœur, ce vautour!
Ce vieillard est pire qu’une bourrique.
Adeline avait une crinière fournie et d’un roux  flamboyant, il n’était guère étonnant que tous se retournent sur son passage.
Roger avait le cœur si léger qu’il n’aurait pas été surpris qu’il lui pousse des ailes.
Il fallut quelque temps à un hibou de mon espèce pour s’accoutumer à la cage d’un collège et régler sa volée au son d’une cloche. (François-René de Chateaubriand)

La dépersonnification peut donc être ludique, péjorative ou même mettre en valeur une information. Dans la plupart des cas, elle sert à connoter un aspect d’un personnage ou d’une situation.



Caroline

lundi 2 décembre 2013

Les concours littéraires : pourquoi participer?

Il existe une multitude de concours, pour tous les genres littéraires. Quel est l’intérêt de se plier au jeu, que vous soyez un auteur débutant ou chevronné? Voici une petite liste non exhaustive des avantages :
  1. C’est un excellent exercice! Vous devrez respecter certaines contraintes (date de tombée, longueur du texte, style, thème, forme, etc.), ce qui constitue pour vous à la fois un défi et une source d’inspiration.
  2. Pour se faire des contacts : votre participation vous permettra peut-être d’entrer en contact avec des gens du milieu, que ce soit parmi les organisateurs du concours, les participants (autres auteurs) ou les membres du jury. Même si votre texte n’est pas le grand gagnant, faites acte de présence à la cérémonie de remise du prix. Vous récolterez conseils, astuces, amitiés, commentaires sur votre texte, encouragements, renseignements, etc.
  3. Une première publication : bon nombre de concours littéraires mènent à la publication de l’œuvre gagnante, que ce soit dans un périodique spécialisé ou dans un recueil collectif. Avouez que l’idée vous plaît, non?
  4. Un peu de notoriété : votre texte est gagnant ou remporte une mention spéciale? Hourra! Il s’agit d’un très bon argument à inclure à votre lettre de présentation lorsque vous soumettrez un prochain manuscrit aux éditeurs. Avoir gagné un prix lors d’un concours littéraire, c’est un peu comme un gage de talent. De plus, vous bénéficierez de la promotion reliée au concours : votre nom se fera connaître.
  5. Des dollars : on ne va pas se le cacher, très peu d’auteurs peuvent se vanter de vivre de leur plume. Ainsi, une bourse remise au lauréat d’un concours, aussi petite soit-elle, sera sûrement la bienvenue.

Bien sûr, vous trouverez d’autres avantages pour compléter cette liste. Mais plus intéressant encore, nous aimerions connaître vos expériences — bonnes ou mauvaises — de participation à des concours littéraires. Avez-vous été lauréat par le passé? En quoi votre participation à un concours vous a-t-elle aidé? Y a-t-il des concours auxquels vous participez systématiquement, année après année? D’autres qu’il faut éviter?



Karine

lundi 25 novembre 2013

Indicatif vs subjonctif


Dans les propositions subordonnées, il est fréquent de se demander quel temps de verbe utiliser pour le verbe qui suit la conjonction (que). Ce qu’il faut savoir, c’est que le choix de celui-ci dépend du point de vue plutôt que d’une réalité objective.

Voici quelques règles de base pour vous aider.

1- Pour une déclaration ou une constatation :
Utilisez l’indicatif (présent, imparfait, futur simple, etc.)

Quelques verbes déclaratifs : affirmer, annoncer, assurer, attester, avancer, certifier, déclarer, dire, écrire, prétendre, raconter, etc.

Exemples : Jean prétend qu’il fera beau dimanche.
                   Nathalie dit qu’elle voit une forme de dragon dans les nuages.

Quelques verbes de constatation ou de perception : comprendre, deviner, entendre, se douter, noter, remarquer, se rendre compte, voir, etc.

Exemples : Pierre entend que son chat gratte à la porte.
                   Judith a noté que son amie avait une nouvelle coiffure.
                   Véronique se doute qu’on lui ment.

2- Pour une éventualité, un doute, une négation, une appréciation ou un conseil :
Utilisez le subjonctif (présent, passé, imparfait, plus-que-parfait)

Quelques verbes :
pour l’éventualité : s’attendre (à ce que), sembler, etc.
pour le doute ou la négation : contester, démentir, douter, nier, etc.

Quelques expressions pour le doute ou la négation : il est douteux, contestable, discutable, possible, peu probable, il n’est pas possible, rien n’est moins sûr, etc.

Exemples : Je m’attends à ce que vous arriviez à l’heure.
                   Je doute qu’il soit sincère.
                   Il n’est pas possible que tu viennes dimanche.
                   Il était temps que tu sortes ton parapluie, il pleut à boire debout.

3- Pour une certitude plus ou moins grande :
Utilisez l’indicatif (présent, imparfait, futur simple, etc.) à la forme affirmative.

Utilisez le subjonctif (présent, passé, imparfait, plus-que-parfait) à la forme négative ou si la proposition principale précède la proposition principale.

Quelques verbes : compter, concevoir, croire, estimer, être sûr, penser, présumer, trouver, etc.

Quelques expressions : il est clair, certain, évident, probable, vrai, c’est un fait, il est de fait, il va de soi, etc.

Exceptions : À l’impératif, imaginez peut s’utiliser autant avec le subjonctif que l’indicatif, tandis que supposez est toujours accompagné d’un subjonctif.

Exemples : Robert croit que la règle aurait pu être plus simple.
                   Que tu le veuilles ou non, c’est comme ça.
                   Imaginez que vous êtes à ma place.
                   Imagine que Pierrette ait gagné la course à ma place.


Certains verbes peuvent exprimer aussi bien une constatation, une déclaration, une certitude ou une autre catégorie. Il faut donc se fier davantage au sens de la phrase (le point de vue) qu’à l’utilisation d’un verbe en particulier.

Caroline

lundi 18 novembre 2013

Faire des recherches

Les recherches font généralement partie intégrante de tout processus de création, l’écriture y compris. Quelques fois, elles prennent une importance (et un temps) incroyable. Certains écrivains voudront faire toutes leurs recherches avant d’écrire le premier mot de l’histoire. Vous conviendrez par contre qu’on puisse parfois être surpris par la tournure que prend le récit, ce qui vous obligera alors à ajuster le tir. 

Voici une liste de raisons pour lesquelles on voudrait faire des recherches dans un projet d’écriture :

  • Mieux décrire les lieux où se déroule l’action;
  • En apprendre davantage sur la faune et la flore que devraient rencontrer nos personnages en de tels lieux;
  • Maîtriser l’histoire d’un pays, d’une époque, d’une communauté lorsqu’ils entrent en jeu dans notre récit;
  • Décrire à son meilleur une technique qu’utilise un personnage;
  • Connaître les différents aspects d’une passion, d’un hobby que l’on attribue à un personnage;
  • Trouver une solution pour une impasse où se trouvent nos personnages;
  • Connaître les lois, les démarches, les processus d’un cas particulier;
  • S’informer sur les us, coutumes et croyances;
  • Décortiquer un mythe, une légende, une prophétie;
  • Rencontrer l’inspiration;
  • Etc. 

Faire des recherches permet aussi de donner de la matière à votre créativité : l’information trouvée pourrait vous surprendre ou vous lancer sur une nouvelle piste. De toute façon, cette activité n’est jamais du temps perdu. Si ce que vous emmagasinez comme informations ne vous apporte pas l’inspiration ou la solution désirée, vous aurez tout de même travaillé à votre récit.


Karine

lundi 11 novembre 2013

Les verbes d'incises

Parce que des fois, le verbe dire ne reflète pas la pensée de nos personnages, voici une petite liste non-exhaustive : 




Caroline

lundi 4 novembre 2013

Écrire à deux / Écrire à quatre mains / Collaborer

L’écriture est souvent perçue comme une activité solitaire. L’écrivain a une idée de récit, une histoire qu’il porte en lui et élabore, invente, peaufine dans sa tête. Puis vient le jour où il s’assoit devant son clavier ou sa feuille blanche et rédige. Longtemps après, le point final est enfin posé, l’histoire est complète. Tout s’est fait dans la solitude.

Dans la réalité, vous et moi le savons, un écrivain partage ses idées avec les amis, soumet quelques passages à la lecture critique d’un allié, demande conseil à un autre écrivain, à un professeur peut-être, à son éditeur si leur relation le permet. Quelques fois, l’écrivain fera le teste d’une blague formulée par un de ses personnages dans une conversation avec des collègues de travail, ou s’inspirera d’un fait vécu, d’une anecdote racontée par autrui, d’un événement auquel il a assisté, d’un fait divers lu dans le journal, etc.

Et, il y a ceux qui écrivent à deux.

Il existe plusieurs exemples d’écriture en collaboration. D’ailleurs, Michel Lafon et Benoît Peeters ont écrit un livre (à deux, oui) sur le sujet : Nous est un autre. Enquête sur les duos d’écrivains, paru aux éditions Flammarion en 2006.

Pourquoi écrire à quatre mains?
L’écriture en tandem n’est certainement pas adéquate pour tous les écrivains, mais elle comporte ses avantages. En voici quelques-uns :
  1. Le partage des idées : les tempêtes d’idées, la résolution de problèmes tant au niveau de l’intrigue que de la rédaction, le développement des péripéties, les recherches, seront doublement efficaces. Vous connaissez l’adage : « deux têtes valent mieux qu’une. »
  2. La motivation : vous aurez des échéances à respecter, mais surtout, vous ne voudrez pas décevoir votre partenaire d’aventure. Moyen efficace pour vaincre la tentation de la procrastination, mais aussi pour vous surpasser.
  3. L’apprentissage : vous aurez à accepter le regard de votre partenaire d’écriture tout au long du processus. Par conséquent, il vous faudra écouter ses commentaires, discuter, argumenter, retravailler, élaborer, faire des recherches… Cette expérience d’écriture sera certainement fort enrichissante dans votre parcours d’écrivain.
  4. Le partage du « fardeau » : vous n’êtes pas seul face à l’épreuve, vous avez quelqu’un d’aussi impliqué que vous dans le processus de création avec qui partager vos doutes, vos craintes, vos blocages…

Vous pourrez sans doute en trouver davantage, surtout si vous tentez l’expérience. Je vous propose de les ajouter dans les commentaires ci-dessous.

Ce qu’il faut pour que ce soit une réussite…
Comme je le mentionnais au début de la section précédente, écrire à deux ne convient pas à tout le monde. Voici donc, sur la base de mes expériences personnelles, les quatre critères essentiels à une collaboration réussie :
  1. La complémentarité : comme dans tout travail d’équipe, il faut que chacun y trouve son compte. De préférence, les forces de l’un compenseront pour les faiblesses de l’autre et vice-versa.
  2. L’organisation : il est essentiel de trouver une méthode de travail qui conviendra aux deux, tant au niveau de l’horaire, des échéances, de la manière d’écrire (ensemble ou chacun de son côté) et de corriger, commenter, retravailler le texte. Certains diront même que pour écrire à quatre mains, il est nécessaire d’avoir un plan. Disons que ça peut aider, mais…
  3. La flexibilité : malgré la bonne volonté des deux, il est fort à parier que vous ne pourrez respecter TOUTES vos échéances. La vie étant ce qu’elle est, les imprévus surgissent. Il importe alors d’être flexible et compréhensif. Aussi, sait-on jamais comment évoluera votre récit; une surprise vous attend peut-être au chapitre X, modifiant du coup tout le reste de votre plan.
  4. Mettre son égo de côté : votre collaborateur vous fera des critiques, vous lui en ferez en retour. Autrement dit : si vous êtes du genre soupe au lait, prière de s’abstenir! De plus, vous travaillerez fort pour accorder vos styles d’écriture afin que l’œuvre finale n’ait pas l’air d’un patch work. Au final, votre création ne sera pas tout-à-fait de vous, pas tout-à-fait la sienne non plus; vos styles seront confondus, vous ne saurez peut-être plus qui a écrit quelle partie. De ce fait, vous perdrez une part de votre paternité sur l’œuvre finale.

Pour terminer, rien de mieux que des exemples concrets pour illustrer la complexité, mais aussi la satisfaction qui émanent de l’écriture en tandem. Voici donc un article de la journaliste Jade Bérubé paru dans La Presse : http://www.lapresse.ca/arts/livres/romans-quebecois/200810/12/01-28853-ecrire-a-deux-reve-ou-cauchemar.php. Bonne lecture!

Karine


lundi 28 octobre 2013

Utiliser la paronomase

L’explication d’une idée peut paraître lourde lorsqu’elle prend place dans un texte. Lorsque c’est le cas, il est possible de recourir à la paronomase pour alléger le style. 

Bien que peu souvent nommée ou connue, cette figure de style est régulièrement utilisée que ce soit pour servir de support à un argument, faciliter la mémorisation d’un message, suggérer une double lecture, imiter un lapsus, créer un effet humoristique ou ironique ou plus simplement faire appel à l’imaginaire collectif pour établir une complicité avec le lecteur.

La paronomase est l’association de deux paronymes (mots de formes voisines (sonores ou graphiques), dont les significations sont très différentes). Voici quelques exemples de paronymes : poison/poisson, attention/intention, bedeau/badaud, écharde/écharpe, lacune/lagune, partiel/partial, conversation/conservation, etc.

Cette figure de style peut être de forme explicite lorsque les deux paronymes apparaissent dans la phrase ou implicite si l’un deux est sous-entendu.

Quelques paronomases :

— Un fort bruit d’explosion nous parvient de la cime du volcan, à peine quelques secondes plus tard, la lave fait irruption sur les versants boisés.

— Marina choisit des amis compréhensifs et un psy compréhensible.

— Avant le docteur Tremblay était un homme important, depuis son dernier diagnostic, c’est un homme impotent.

— Le spectre du roi défunt veillait sur son sceptre dans l’attente du couronnement de son successeur.

— Les histoires de mon oncle sont si captivantes qu’il capture littéralement l’esprit de ses auditeurs pour ne leur rendre qu’à la fin de son récit.


Caroline

lundi 21 octobre 2013

Le schéma narratif

Le schéma narratif permet de retracer le déroulement d’un récit, de lister les étapes clés de l’histoire. Il comporte cinq éléments :
  1. Situation initiale ou incipit : on met le(s) héros en contexte. La situation est stable.
  2. Élément déclencheur /évènement perturbateur : l’équilibre est rompu, un élément vient modifier l’état actuel des choses. Le(s) héros sont lancés sur une quête.
  3. Déroulement ou péripéties : l’ensemble des actions posées par le(s) héros pour rétablir l’équilibre ou résoudre la quête.
  4. Élément de résolutionou dénouement : on met fin aux péripéties, le(s) héros cessent leur quête (que ce soit parce qu’ils ont atteint leur but ou parce qu’ils ne pourront jamais l’atteindre).
  5. Situation finale : retour à la stabilité ou à l’équilibre, bien que la situation soit différente de celle du début.

Quelle utilité?
On peut vouloir mettre sur papier le schéma narratif d’un récit avant d’entamer sa rédaction et ainsi s’en servir comme plan de travail. Ce schéma permet en effet de décoder les grandes lignes du récit et évitera à l’écrivain de se perdre dans les méandres des intrigues secondaires qui se grefferont certainement au récit principal. Le schéma narratif permet aussi d’établir sommairement la psychologie des héros et le contexte dans lequel ils évolueront.

Il est aussi possible d’en rédiger un en cours d’écriture, surtout si on a l’impression de se perdre en cours de route. Il mettra alors en lumière certaines scènes qui ne font pas avancer l’action ou d’autres scènes qui mériteraient d’être peaufinées davantage. On peut également rédiger différents schémas narratifs afin de visualiser les différentes possibilités d’un récit et mieux orienter l’écriture de sa finale, ou encore pour détailler les diverses intrigues secondaires.

En un mot, le schéma narratif est un outil pour l’écrivain, et ce dernier l’utilisera selon ses besoins personnels.

Karine

lundi 14 octobre 2013

Les deux revers de la médaille

Lorsque vient le temps de choisir un sujet, il y a plusieurs façons d’aborder les choses. Un même sujet, selon le thème principal qui le sous-tend, peut provoquer une variété de réflexions. Il peut être utilisé pour dire une chose ou son contraire. C’est le thème qui précisera l’angle sous lequel le sujet prendra forme.

Aborderons-nous le thème du point de vue du problème ou de celui de sa solution ?

Le nommerons-nous selon son nom à la mode dans les médias ou selon un angle différent ?

Le choisirons-nous pour illustrer le point de vue d’un personnage ou de celui de son ennemi ? Laisserons-nous les deux points de vue s’opposer ou non ?

Traiterons-nous le thème à partir des clichés et des stéréotypes usuels, à partir d’une approche plus personnelle ou nous inspirerons-nous d’un monde utopique dont nous rêvons ?


Par exemple, le pouvoir, le respect, la peur, le besoin d’acceptation, l’estime de soi, l’intimidation, la communication, etc. sont tous des thèmes qui permettent de traiter d’une même situation sous des angles différents. Tout comme, ils pourraient être la cause (ou la conséquence) de la même action. De plus, ils pourraient tous se subdiviser en différents points de vue dépendamment de la façon dont ils s’expriment pour chacun des personnages.

Les choix faits pour chacune des questions précédentes (que nous y ayons réfléchi consciemment ou non) influenceront la personnalité de nos personnages (leurs choix, leurs réactions, leurs pensées), le déroulement de l’intrigue et sa résolution. Ils auront aussi un impact sur les réflexions que le texte provoquera chez le lecteur.

Prenez-vous le temps de bien réfléchir à vos thèmes ou préférez-vous laisser votre inconscient vous guider ?

Caroline

dimanche 6 octobre 2013

Le syndrome de la page blanche (astuce #4)

La panne d’inspiration : la galère des écrivains! Pas de panique, il existe des moyens pour redémarrer le moteur Imagination. Continuons aujourd’hui notre série d’astuces pour vaincre le syndrome de la page blanche.

Retrouver son cœur d’enfant
« Maman, ton lit est un bateau et tout autour, c’est de l’eau! Attention de ne pas tomber!
— Hein? Euh… ok! Tiens, prends mon oreiller, ça sera ton gilet de sauvetage.
— Oh non! Des crocodiles! Ils vont manger mes orteils…
— Vite, demande à ton toutou (un lapin rose tout mignon) de les faire fuir avec son super pouvoir! »

Je suis personnellement continuellement étonnée par l’imagination débordante dont font preuve les enfants, pas vous? À croire qu’il n’y a aucune limite à la créativité durant les années d’enfance…

Si vous avez des enfants dans votre entourage immédiat alors qu’une panne d’inspiration vous assaille, gâtez-vous : soyez complice de leurs jeux. Vous serez surpris de tout ce qui peut sortir de la tête de ces « petites bêtes-là », mais surtout de ce qui sortira de la vôtre! Plusieurs personnes se sentent beaucoup moins complexées avec des enfants qu’avec des adultes. La raison en est simple : la peur d’être jugé pour ce qu’on dit ou fait est bien moins grande face aux enfants. Dans de telles circonstances, votre tendance pour l’autocensure diminue considérablement, ce qui laisse le champ libre à la créativité.

De plus, jouer vous détendra. Le jeu est, par définition, une activité divertissante et relaxante. Si la source de votre panne d’inspiration est le stress, participer à des jeux d’enfants vous sera bénéfique.

Un enfant vous supplie, les yeux pétillants d’espoir, de lui inventer une histoire et votre cœur s’affole? Du calme, voici deux solutions assez efficaces (il y en a d’autres) :
  1. Posez des questions à l’enfant sur l’histoire qu’il veut se faire raconter. « Une histoire de dragon! Une histoire de princesse! S’il-te-plaît, s’il-te-plaît, s’il-te-plaît! » Vous avez déjà un personnage principal. Et, si vous continuez : « Elle habite où, ta princesse? Dans un beau château rose avec des millions de fenêtres! Ah oui? Oh wow! »
  2. Partez d’une histoire que vous connaissez et modifiez-la à votre façon. Pour illustrer cette idée, rien de mieux qu’un vidéo. Bon visionnement!


Karine




jeudi 3 octobre 2013

Lancement

Nous faisons exception à notre tradition de publier un message par semaine, le lundi, mais vous conviendrez que l'occasion est toute spéciale...


lundi 30 septembre 2013

Étoffer un personnage (3)

Un personnage, pour être intéressant, ne peut pas se limiter au strict minimum, il doit avoir un petit quelque chose de plus. Il doit nous donner l’envie d’en savoir plus sur lui, de prendre pour lui ou contre lui lors des épreuves amenées par l’intrigue.

Pour approfondir un personnage, nous pouvons utiliser la description, l’intrigue ou les lieux. Les deux premières ont déjà été discutées dans des billets précédents, maintenant, voyons comment les lieux peuvent enrichir un personnage.

Cette catégorie se divise en deux :

1. L’espace :

L’espace dans lequel se déroule le récit, c’est le lieu physique. Ce qui le meuble, ce sont les « outils » qui sont mis à la disposition du personnage pour résoudre l’intrigue. La façon dont un personnage habite les lieux peut être très révélatrice. Habite-t-il une mégapole alors qu’il fréquente toujours les trois mêmes endroits ? Habite-t-il à la campagne même s’il souffre d’allergie au pollen ? A-t-il organisé lui-même son espace de vie ou laisse-t-il un autre personnage tout organiser à sa place ? Sa cuisine est-elle rangée ou en désordre ?

2. Le temps :

Le temps dans lequel se déroule le récit, c’est le lieu social. Ce dernier est important, car il déterminera si les opinions du personnage sont originales ou non. Il comprend les traditions, le mode d’organisation politique et sociale, les règles de relation entre les gens, le statut social, les croyances, etc.

Le personnage se définit par rapport au milieu. Des personnages identiques par leur description seront perçus différemment par leur entourage et par la société selon le temps dans lequel ils évoluent. Leurs réactions et leurs possibilités d’action seront aussi restreintes par ce temps. Ainsi, un juge contemporain ne condamnerait pas un meurtrier à être décapité devant l’hôtel de ville d’une mégapole nord-américaine.


Le temps et l’espace permettent donc de peaufiner la description d’un personnage parce qu’ils déterminent où se situe un personnage par rapport aux gens de la société dans laquelle il évolue, mais aussi parce qu’ils servent de cadre pour juger des actions (cruelle, empathique, bonnes, mauvaises, etc.) des personnages.


Caroline



lundi 23 septembre 2013

La personnification


La personnification est une figure de style qui consiste à donner à un objet, à un animal ou à une abstraction des traits normalement attribuables à des êtres humains.

Il s'agit d'une personnification lorsqu'un objet, un animal ou une abstraction est le sujet d'un verbe :
1) de mouvement ou d'action (marcher, dormir, sauter, culbuter, rouler, etc.)
2) de volonté (vouloir, pouvoir, etc.)
3) de sentiment ou d'état (s'impatienter, se courroucer, s'éprendre, etc.)

Dans le cas précis d'une abstraction, on emploie parfois une majuscule en début du mot pour souligner la personnification, comme dans l'exemple connu tiré du roman Du côté de chez Swann de Marcel Proust :

«  Et à partir de cet instant, je n’avais plus un seul pas à faire [...] : l’Habitude venait de me prendre dans ses bras et me portait jusqu’à mon lit comme un petit enfant. »

Pourquoi utiliser la personnification?
On peut utiliser cette figure de style afin de rendre une description plus vivante ou pour présenter un événement de manière éclatée, voire cocasse, comme dans l'exemple suivant :

Profitant de ma rêverie, la cuillère prit son élan dans le mouvement répétitif et circulaire que je lui administrais, et s'envola vers le plafond, n'oubliant pas d'éclabousser mes armoires par la même occasion. Elle exécuta un parfait triple saut arrière avant d'entamer sa descente. Son atterrissage fut des plus réussis : l'ustensile cibla précisément mon gros orteil.

La personnification peut aussi être utile pour permettre au lecteur de mieux visualiser une notion abstraite. On établira alors une métaphore entre la notion abstraite et un être humain ayant les caractéristiques que l'on veut mettre de l'avant. C'est le cas avec l'exemple de Proust cité plus haut : l'habitude est comparée à une mère qui porte son enfant au lit.

Enfin, la personnification peut aussi être utilisée pour critiquer l'Homme :

La Mort agissait parfois cruellement, sur un coup de tête ou sous l’effet de la colère, ou pire encore, par égoïsme. Bref, elle était à l’image de ses victimes.

Karine 

lundi 16 septembre 2013

Exercice littéraire (2)

Voici un petit exercice de style.

1. Écrire une phrase plus ou moins complexe. Il est à noter que les phrases à plusieurs propositions offrent plus de possibilités.

Le garçon prend une tasse sur la table.

2. Réécrire la même phrase en variant certains éléments.
·         Changer le plus de mots possible pour des synonymes ou des antonymes.
·         Changer le genre, le nombre ou le temps.
La fille prend un verre sur le meuble.
·         Rendre la phrase plus floue ou plus précise.
Il prend un objet sur la table.
·         Ajouter des éléments de description.
Le garçon aux cheveux bruns et aux yeux bleus prend de sa main valide une tasse à café fleurie sur la table basse du salon.
·         Ajouter une incise.
·         Ajouter ou enlever un sentiment, une intention ou une opinion.
Le regard perdu, le garçon prend, d’une main tremblante, une tasse sur la table.
·         Ajouter un lieu ou un moment.
·         Ajouter une manière.
Avec l’habileté de celui qui le fait tous les jours, le garçon prend une tasse sur la table.
·         Inverser les éléments de la phrase.
·         Mettre une comparaison ou une autre figure de style.
·         Insérer une invraisemblance.
Le garçon s’éprend d’une tasse sur la table.
·         Pour les phrases complexes, changer le lien entre les propositions. Par exemple, changer deux propositions coordonnées pour une proposition principale et une relative.
Le garçon se rend dans le salon et prend une tasse sur la table.
Le garçon qui se rend dans le salon prend une tasse sur la table.
·         etc.


Le même exercice peut être fait avec un paragraphe en entier ou même un texte plus long. Ces variations permettent aux idées de circuler et même souvent d’en créer de nouvelles. En soumettant le dernier bout de texte écrit à autant de variations, il est fort probable que de nouvelles possibilités nous viennent à l’esprit. Ainsi, cet exercice peut aussi être utilisé pour vaincre le syndrome de la page blanche.



 Caroline

lundi 9 septembre 2013

Points de vue


Le point de vue choisi influence grandement l’écriture. Ainsi, je propose de décortiquer le tout et, dans un prochain billet, de présenter l’intérêt et les différents usages que l’on peut faire de chacun.

Le narrateur est celui qui raconte. Il peut s’agir d’un personnage de l’histoire, mais ce peut aussi être un « être suprême » ou quelqu’un d’extérieur à l’histoire. Le narrateur adopte un  point de vue pour nous décrire l’action; le point de vue correspond à la focalisation du récit, c’est-à-dire qu’il détermine ce que le narrateur sait ou ignore de l’action (présente, passée et future). Il existe trois points de vue narratifs :

1)                 Le point de vue externe :
Normalement, le narrateur qui utilise ce point de vue n’est pas un personnage de l’histoire. Il relate les événements de façon neutre, sans s’impliquer. Le narrateur ne connaît pas les pensées des personnages.

— Vas-y, mange! lui dit-elle rudement.
Hugo observe les plats qui recouvrent la surface de la table. Il cligne plusieurs fois des yeux alors que sa main droite frotte doucement son abdomen. Puis, Hugo tend cette main vers la fourchette qui repose près de son assiette. Face à lui, son amie sourit.

2)                 Le point de vue omniscient :
De ce point de vue, le narrateur sait tout sur tout. Il connaît tout des personnages : gestes et pensées, intentions et sentiments, passé, présent et futur. Il peut aussi relater ce qui se passe en des lieux ou des temps différents.

— Vas-y, mange! lâche-t-elle.
Jacinthe se mord la lèvre inférieure; elle ne croyait pas que sa réplique serait aussi abrupte. De l’autre côté de la table, Hugo observe la multitude de plats qui s’offrent à lui. Sous le regard inquiet de son amie, il cligne des yeux plusieurs fois, se frottant le ventre d’un geste absent. Il pense qu’il a tellement faim qu’il pourrait bien s’évanouir. Il ne se fait donc pas prier davantage et tend la main vers sa fourchette. Soulagée de voir qu’il apprécie sa cuisine, Jacinthe sourit enfin.

3)                 Le point de vue interne :
Lorsque le narrateur utilise ce point de vue, il décrit l’action à travers les yeux d’un personnage. Il sait tout de ce qu’il pense, ressent, voit, observe… mais rien d’autre! Ainsi, les événements sont présentés de façon subjective au lecteur et au fur et à mesure que le narrateur les découvre lui-même.

— Vas-y, mange! me dit-elle d’un ton catégorique.
J’observe les innombrables plats sur la table. J’ai si faim que je crois que je pourrais m’évanouir. Ainsi, je ne me fais pas prier davantage et saisis la fourchette déposée près de mon couvert.

À noter : même si l’utilisation de la 1ère personne (je/nous) est fréquente, elle n’exclut pas celle de la 3e personne (il/elle, ils/elles), comme le démontre cet exemple :

— Vas-y, mange! lui dit-elle d’un ton catégorique.
Hugo observe les innombrables plats sur la table. Il a si faim qu’il croit qu’il pourrait s’évanouir. Ainsi, il ne se fait pas prier davantage et saisit la fourchette déposée près de son couvert.

Notons finalement qu’avec le point de vue interne, il n’est pas exclu de changer de narrateur au fil du récit en donnant la parole à l’un ou l’autre des personnages de l’histoire. Ceci permet d’aborder l’action sous différents angles. En effet, parfois on choisira le personnage le plus près de l’action pour en montrer toute la vivacité, d’autres fois on laissera la parole à un personnage plus distant pour, par exemple, ne pas divulguer certaines informations, ce qui permettra par la suite d’amener un élément de surprise.


Karine           

lundi 2 septembre 2013

Définitions (1)


Voici une courte liste des différents textes qui peuvent être utilisés comme entrée en matière à un livre, et leur définition.

Avant-propos : Placé avant le contenu principal, ce court texte sert de présentation à l’ouvrage. L’auteur y fournit des informations générales sur le contenu. Il peut aussi y faire mention de la portée (selon lui ou selon les versions précédentes) de l’ouvrage et de l’usage pour lequel le livre a été conçu.

Avertissement : Aussi appelé avis aux lecteurs, ce dernier est utilisé pour attirer l’attention des lecteurs sur un ou des points particuliers. Il dépasse rarement trois à quatre lignes. Par exemple, la mention « Ce roman est une œuvre de fiction, toutes ressemblances avec des personnes réelles seraient fortuite » est un avertissement.

Dédicace : Cette dernière est une inscription de l’auteur qui tient le plus souvent en une seule phrase. Elle sert à rendre hommage à une personne importante pour l’auteur (ou pour la création de l’œuvre). Le livre est alors dédié à cette personne et elle devient par le fait même « le patron spirituel » de l’ouvrage.

Introduction : Celle-ci est la première rencontre entre le lecteur et le sujet du livre. Lorsqu’une section titrée et séparée lui est consacrée, elle se traduit par un texte explicatif qui présente le sujet. Elle peut justifier l’importance et le choix du sujet ou en esquisser le plan.

Préambule : Ce texte préliminaire sert à exposer des principes fondamentaux, des notions de base, des motifs ou d’autres informations nécessaires à la lecture de ce qui suit.

Préface : Ce bref texte de présentation est écrit par l’auteur ou une autre personne qui est d’une crédibilité reconnue par rapport au contenu de l’ouvrage. La préface peut présenter l’auteur, le contenu ou le sujet de l’œuvre. Souvent, celle-ci est porteuse de l’opinion de son auteur.

Prologue : Ce dernier texte ne s’applique qu’aux ouvrages présentant une histoire ou un récit. Il présente des actions antérieures (mais en lien) avec l’action proprement dite. Il peut aussi servir à situer les personnages et l’action (par exemple, lorsque l’action a commencé dans un tome précédent).


Ces entrées en matière ne sont pas obligatoires, voire nécessaires. Leur intérêt tient du fait que, excepté le prologue et, dans certains cas, la préface, ce sont tous des textes qui permettent à l’auteur d’entrer directement en communication avec le lecteur.

Caroline


lundi 26 août 2013

Le syndrome de la page blanche (astuce #3)

Vous l’avez deviné avec ce titre : je poursuis avec mes petits trucs pour dépanner l’écrivain lorsque l’inspiration a pris la fuite. C’est parti pour l’astuce #3 :

Goûter le brouhaha de la vie
            À l’opposé de certains écrivains qui ont besoin de calme et de solitude pour voir surgir l’inspiration (voir l’astuce#2 à ce sujet), d’autres sont plutôt attirés par l’activité, le bruit et la frénésie. Ils rencontrent les amis, vont au concert, sortent danser, participent aux conversations, fréquentent les bars ou les marchés publics, etc. Pour eux, l’inspiration est à chaque coin de rue, dans chaque rencontre, dans les moindres choses du quotidien. D’ailleurs, ils trimballent très souvent un petit calepin et un crayon où ils notent les idées dès qu’elles surviennent. À défaut, la serviette de table où le napperon taché de sauce du restaurant peut aussi faire l’affaire...

            Ainsi, par exemple, l’anecdote de bureau racontée par une amie se transformera, dans l’esprit aiguisé de l’écrivain, en scène de ménage burlesque; une conversation entendue dans la file d’attente inspirera un dialogue entre deux personnages; l’observation des enfants jouant au parc fera naître une scène de poursuite rocambolesque, etc. Il suffit, bien souvent, de se distraire, de « prendre l’air », pour que notre cerveau retrouve de lui-même le chemin vers l’imagination.

            Lorsque l’on est victime du syndrome de la page blanche, notre cerveau est souvent bloqué sur ce qui doit être fait (et qui ne l’est pas). Le retard peut être par rapport à nos plans d’écriture ou une tâche quotidienne tel le ménage. Apparaît alors le stress ou à tout le moins l’insatisfaction de ne pas atteindre les objectifs que l’on s’est fixés. Plus on se sent stressé ou insatisfait, moins la créativité est au rendez-vous. Il faut savoir ruser pour déjouer ce petit cercle vicieux. Les sorties, les amis, les divertissements permettront de s’éloigner du problème et, si on ne revient pas avec de nouvelles idées, on revient au moins plus détendu et les idées moins noires, donc dans un meilleur état d’esprit pour attaquer la tâche.

            Alors, soyons optimistes : si le syndrome de la page blanche vous assaille, dîtes-vous que justement, vous cherchiez une bonne raison pour profiter sans remords des nombreux festivals présentés cet été!


Karine